Un malaise à 41 mètres de hauteur

mar 26/09/2017 - 13:52 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:48

Le SDIS (service départemental d'incendie et de secours) de Haute-Loire dispose de plusieurs équipes spécialisées pour faire face à des risques particuliers : interventions en milieu périlleux, des plongeurs en milieu aquatique, une cellule sauvetage-déblaiement ou encore pour parer à un risque technologique.
"Beaucoup d'entraînement pour pouvoir faire face le moment venu"
Pour intégrer ces cellules spécialisées, il faut passer des grades dans chaque spécialité. Toutes les équipes spécialisées font au moins un entraînement par mois et chaque spécialité a un quota horaire à réaliser dans l'année pour pouvoir être opérationnelle l'année d'après.
"Si un sapeur-pompier ne fait pas ses formations de maintien des acquis dans l'année, il ne sera pas opérationnel dans la spécialité l'année suivante",  prévient le capitaine Cédric Héritier, "car ça nécessite beaucoup de mise en oeuvre de matériel et d'entraînement pour pouvoir faire face le moment venu".
Que des pro dans les cellules spécialisées ?
Le capitaine Cédric Héritier est le chef de centre adjoint de la caserne du Puy. Ce ne sont que des professionnels qui appartiennent à ces cellules spécialisées ? Comment est maillé le territoire ? 

----Prêts à intervenir même pendant les exercices
Ce sont des effectifs dédiés à l'entraînement et il reste du personnel susceptible de partir en intervention le cas échéant. En aucun cas, le fonctionnement de l'activité opérationnelle n'est altérée.
-----Un malaise dans une grue de 41m de hauteur
Ce mardi matin, les pompiers s'exerçaient dans le cadre d'une intervention en milieu périlleux. Il avait été choisi comme thème une personne prise de malaise dans la cabine d'une grue de 41 mètres de hauteur, à Mons, sur le chantier du contournement du Puy. Le dispositif déployé comprenait une ambulance du Puy, ainsi qu'un chef de groupe et du groupement d'intervention en milieu périlleux (GRIMP), composé de six personnes.
Parallèlement, une équipe du Samu 43 a été déclenchée pour assister à l'exercice car le Samu serait également sollicité pour ce type d'intervention. Notons qu'il y a des médecins et des infirmiers qui sont des équipiers du GRIMP et qui sont capables de se déplacer sur corde comme les sapeurs-pompiers formés à cet effet.
Quelle stratégie adopter ? 
Il y a toujours une première phase de reconnaissance, afin de donner un premier bilan avec l'état de la victime et dire si des renforts supplémentaires sont nécessaires ou non. Ensuite, l'équipe GRIMP monte pour mettre en place son matériel (en l'occurrence une civière), en fonction de la stratégie qu'ils ont décidé d'opérer.
"Ils vont mettre une poulie de renvoi à l'arrière de la flèche de la cabine", explique dans le détail le lieutenant Pierre Chausse, conseiller technique départemental et responsable de l'équipe GRIMP. "Ils vont passer la corde dedans avec un frein de charge, la civière, et ils vont descendre à la verticale. On appelle ça un sauvetage paroi", ajoute-t-il.

La variété des missions
Parmi la quarantaine d'interventions réalisée chaque année par le GRIMP en Haute-Loire, les missions sont très variées : des secours à victime sur les via ferrata par exemple, des accidents de quad ou de randonnée et aussi toutes les interventions dans les Gorges de l'Allier ou de la Loire.
Il y a également une particularité dans le département : "en hiver, nous sommes habilités à la recherche de personne en milieu hostile (ndlr : dans de nombreux territoires, cette fonction est réservée aux gendarmes)", relate le Lieutenant Pierre Chausse, "ce sont des choses qui arrivent assez régulièrement, avec des gens perdus en raquettes par exemple, ou encore des accidents de parapentistes".

Le GRIMP de Haute-Loire en chiffres
* Une quarantaine d'interventions par an
* 30 agents, dont cinq membres du Service de Santé et de Secours Médical (deux médecins et trois infirmiers), six chefs d'unité et un conseiller technique
* Le GRIMP compte en ce moment 12 personnes formées à l'hélitreuillage avec le Dragon 63 de la sécurité civile du Puy-de-Dôme (Elisa 42, du Samu de la Loire, n'est pas équipé pour le faire).
Maxime Pitavy

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