Tournage au Puy-en-Velay : rencontre avec deux passionnés

lun 08/05/2017 - 17:11 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:45

En ce dimanche 7 mai 2017, la place du For au Puy-en-Velay a été investie par l'équipe de tournage du film Au nom du Père, écrit et réalisé par Hugo Will-Boissonnat. Il nous reçoit en compagnie de Clément Faure, directeur de la photographie et producteur de l'association Voluntas Films, pour nous parler de leur projet et de leurs parcours respectifs.

« Quatre mois de travail pour deux jours de tournage »

Ce court-métrage assez personnel présente l'histoire d'un père et d'un fils, qui se retrouvent après des années pour régler leurs comptes. Hugo Will-Boissonnat, qui a emménagé au Puy en novembre (il est originaire de Saint-Chamond), nous confie avoir été inspiré par les rues de la ville. « J'ai vu ces lieux, j'ai marché, y a des trucs qui sont venus. Et puis, "au nom du père," c'est un peu un jeu de mots, comme c'est un père et un fils qui vont s'affronter dans un duel oral. » Et il ajoute en souriant, « et avec le lieu un peu mystique, chargé d'histoire religieuse, ça marche plutôt bien, en plus y a un prêtre dans le film. »

Il rencontre ensuite Clément et c'est un travail de longue haleine qui commence. « Ca fait bien quatre mois qu'on travaille sur le projet, intensément et aujourd'hui c'est le jour J. C'est quatre mois de travail pour deux jours de tournage. Et il faut savoir qu'ici, y a que des bénévoles, personne n'est payé. C'est tous des professionnels, des passionnés de cinéma qui donnent de leur temps et de leur talent, pour mener à bien un beau projet et ça fait plaisir. »

C'est donc beaucoup d'investissement pour mettre en place sa vision artistique, ce que le jeune réalisateur a pu faire grâce à l'association Voluntas Films, que nous présente Clément Faure. « Je suis fondateur de l'association, basée à St-Etienne, on est 36 actuellement. On se concentre surtout sur la fiction et un peu sur du clip musical. Ce projet fait partie du programme Voluntas Fiction et c'est le deuxième film de l'année 2017. » Ce programme a pour vocation de donner des opportunités aux gens comme Hugo Will-Boissonnat, en portant leur projet avec passion et professionnalisme et leur permettre de faire leur film dans les meilleures conditions, malgré les contraintes budgétaires. « On va nouer des partenariats, permettre la diffusion, avec des projections, des films qui vont partir en festivals. Et puis, on va essayer de rassembler des équipes techniques professionnelles et obtenir du matériel. »

« On se donne les moyens de faire vivre ce qu'on écrit »

En effet, si le monde du cinéma en fait rêver plus d'un, franchir le pas et parvenir à réaliser un court-métrage peut sembler insurmontable et Hugo Will-Boissonnat ne nie pas cette réalité. Lui qui a commencé la vidéo expérimentale en 2012 répète comme un mantra qu'il faut « se donner les moyens » pour donner vie à ses projets et reconnaît « c'est très intimidant, mais faut se discipliner et s'entourer de gens de confiance aussi, parce que c'est un milieu qui n'est pas facile, qui est très fermé et, en France, qui est très élitiste aussi. »

Lui-même n'a pas forcément un parcours type, puisqu'il a abandonné sa formation photographique à l'ESMA de Montpellier au bout d'un an. Mais l'envie de créer est là depuis toujours. « C'est quelque chose qui vient tôt, on commence à raconter des histoires, à écrire, après on fait des dessins, des photos. Après on se dit, je passe au stade supérieur, on fait de la vidéo expérimentale, avec les moyens du bord. On essaie de trouver des stages, de venir sur des tournages pour voir comment ça fonctionne. Après, c'est énormément de rencontres, vouloir faire les choses, s'intéresser, être généreux. »

Clément Faure fait écho à ce sentiment : « faut de la persévérance, faut vraiment tenir et se dire qu'il y aura beaucoup de travail, bénévole surtout au début et s'accrocher, continuer, être passionné. » Lui non plus n'a pas suivi une formation classique et nous explique en riant : « j'ai fait un master économie-gestion, rien à voir donc. Mais je faisais beaucoup de photos, depuis longtemps, de vidéos aussi, puis je suis parti à l'étranger. J'ai réalisé pas mal de clips, de petits court-métrages. »

Une réalité faite de dur labeur et de beaucoup de détermination, loin des clichés hollywoodiens. Et c'est cet amour du cinéma et une passion sincère qui animent ces deux jeunes gens, dont vous pouvez retrouver les travaux sur la page Facebook de Voluntas Films et le site d'Hugo Will-Boissonnat.

T.N.

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