Tentative de viol aggravé et détention d’armes : l’agresseur encourt 20 ans de réclusion criminelle

Par C.Du , Mise à jour le 14/10/2021 à 09:30

Le verdict tombera ce jeudi soir. Pendant deux jours, un trentenaire est jugé pour avoir commis une tentative de viol aggravé, avoir détenu des armes de catégorie B et D et les avoir transportées. L’accusé encourt 20 ans de réclusion criminelle.

 

L’air frais et le ciel gris de ce mercredi 13 octobre au matin ternissent la place du Breuil, au Puy-en-Velay. A l’étage du palais de justice, c’est derrière le portique de sécurité que tout se passe. La salle au parquet de bois et aux lumières chaudes accueille un procès d’Assises qui durera deux jours.

La sonnerie retentit. Il est 9h. « L’audience criminelle est ouverte » prononce la femme à la robe rouge, cheffe d’orchestre du procès. Les deux assesseurs, le jurys de six citoyens tirés au sort (qui composent le juré), l’avocat général et enfin les avocats de la partie civile et de la défense entrent à ses côtés. Dans son box, habillé d’un polo noir et d’un jean noir, les cheveux bien rasés et le visage pâle, l’accusé est sous les regards de la Cour, des jurés et de la victime.

5h04, le 11 novembre 2019, Faubourg Saint-Jean au Puy-en-Velay

C’était il y a bientôt deux ans. Alice – on nommera la victime ainsi – est alors étudiante en sciences de l’éducation à Clermont-Ferrand. Elle rentre les week-ends chez ses parents, domiciliés au Puy-en-Velay. Ce week-end du 11 novembre, Alice reste trois jours chez sa maman au Puy-en-Velay.

Le dimanche 10 novembre 2019 au soir, la jeune femme âgée d’à peine 19 ans alors décide avec deux amies qui étaient chez elle de rejoindre d’autres amis dans un bar de Brives-Charensac. Ce n’était que le début de la soirée, puisque la bande de copains décide de poursuivre dans un bar de la ville du Puy-en-Velay. La nuit de festivités se prolonge alors dans un bar de nuit du centre-ville, Le Privilège. Aux alentours de 4h30, ils se dirigent vers le distributeur de pizzas situé boulevard Saint-Louis.

Puis, la soirée se termine. Chacun rentre chez soi. Alice n’est pas habituée à rentrer seule chez elle, mais puisque tout le monde est rentré et que sa maman n’habite pas très loin, elle ne se pose pas de questions et poursuit son chemin. A cette heure-ci, le calme règne dans les rues de la ville. C’est une nuit d’automne, il fait frais et seul le faible éclairage public permet de distinguer les seules silhouettes présentes. Alice marche d’un bon pas. Lorsqu’elle entend quelqu’un courir derrière elle, elle se décale légèrement. A ce moment précis, à 4h58, le 11 novembre 2019, Alice est loin de s’imaginer ce qui allait se produire.

L’accusé est trentenaire. Déjà condamné à sept reprises pour sa consommation de stupéfiants, il avait aussi écopé d’une condamnation de jours-amendes suite à un fait d’exhibition sexuelle, à Issoire en 2015. Ce dimanche 10 novembre 2019, l’accusé passe la journée avec sa voisine et son copain, avec qui il entretient une relation amicale. Le même jour, il se dispute avec sa petite amie. Il ne parvient pas à gérer sa colère et casse volontairement son téléphone. Au fur et à mesure que la colère monte, son besoin de consommer de la drogue s’amplifie. Après avoir bu du whisky et fumé un joint de cannabis, « il fallait que je trouve un truc pour me calmer » témoigne-t-il, à la barre.

« De la coke, ou de l’héro. Ce soir-là, je voulais me défoncer. » témoigne l'accusé à la barre

Il décide d’aller chercher des produits stupéfiants dans les rues du Puy-en-Velay, aux alentours de 4h du matin. Bien qu’alcoolisé, il prend la route et rejoint une trentaine de minutes plus tard le faubourg Saint-Jean, au Puy-en-Velay. A la recherche d’un distributeur d’argent en espèces, il croise dans cette même rue Alice, en train de rentrer chez elle. « Je lui ai demandé où était le distributeur, elle m’a indiqué le sens inverse d’où elle allait, là où donc moi je me dirigeais. Et je sais pas pourquoi, je fais demi tour. Je sais que j’aurais jamais dû le faire. Mais je sais pas pourquoi. »

A ce moment précis, Alice sent quelqu’un la prendre de force par derrière et lui mettre un couteau sous la gorge. L’individu se jette alors sur elle, la projetant au sol. « Je lui ai mis le couteau sur la gorge, j’étais dans un sale état. Je tombe avec elle. Je l’entends crier. Je l’entends me dire d’arrêter. Il y a ces cris qui reviennent dans ma tête. Je lui ai mis ma main sur sa bouche », se souvient l’accusé, en larmes, derrière la barre des Assises.

T-shirt déchiré à l’aide d’un couteau cranté, étranglement, morsure au visage, ouverture forcée de la braguette du pantalon de la victime et baiser forcé ont suivi. Ecchymoses au niveau de la hanche, du cou, des mains et du visage, la victime témoigne deux ans après : « j’étais dans un autre état, dans un instinct de survie. Je ne ressentais pas les douleurs. L’agression a duré une vingtaine de minutes. Tout le long il a été à califourchon sur moi, et tout le long je me suis débattue. »

« J’étais seule au monde », se souvient Alice

C’est l’appel à la police d’Adrien, un riverain, qui permettra quelques minutes plus tard à la victime de penser qu’enfin, elle s’en sortirait. L’arrivée de la police fit fuir l’agresseur.

Le verdict attendu ce soir

Ce mercredi 13 octobre, le procès a débuté avec le tirage au sort des jurés. Après examen des faits, certains témoins ont été entendus, dont l'officier de police en charge de l’enquête, le commandant Didier Escura. La partie civile a elle aussi été auditionnée, et l’accusé interrogé à trois reprises. Ce jeudi après l’audition d’experts, et d’autres témoins, ce sera au tour des avocats de prononcer leurs plaidoiries et enfin, le verdict du procès tombera en fin de journée.

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