Taxe foncière : Une hausse constante mais moins intense

jeu 24/09/2020 - 18:04 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:08

Christophe Demerson, Président de l’UNPI (Union Nationale des Propriétaires Immobiliers), a présenté les résultats de la 13ème édition de l’Observatoire National des Taxes Foncières (période 2008 -2013 -2018).
À l’échelle du pays, la taxe foncière s’est élevé de 34,7 %. Les loyers ont progressé de 9,34 % avec une inflation à 9,91 %. La taxe foncière a donc progressé 3,7 fois plus rapidement que les loyers et 3,5 fois plus vite que l’inflation.

Pour le département altiligérien, deux chiffres plutôt stupéfiants sont à mettre en exergue. L’étude de l’UNPI, dont les données sont issues de la Direction générale des finances publiques, indique que la hausse de la taxe foncière en Haute-Loire entre 2008 et 2018 s’envole à 38,07 % en moyenne. Mais les cinq dernières années de l’étude, soit entre 2013 et 2018, démontrent, certes, une augmentation mais beaucoup moins rude qu’entre 2008 et 2013. Ce taux est ainsi de 8,30 %.

La recette de la sauce financière
Les ingrédients qui se mélangent pour en faire ce breuvage amère que tous les propriétaires de France, de Navarre et de la Haute-Loire digèrent chaque année sont au nombre de trois. Un, le taux de taxe foncière imposé par la commune. Deux, celui de l’intercommunalité ou du syndicat de communes. Trois, le taux du Département. Quelques épices agrémentent le tout à savoir les valeurs locatives qui, même sans augmentation des trois taux en question, pèsera automatiquement dans la facture finale.
D’ailleurs, si l’ascension de la taxe foncière s’avère plus affaiblie dans les cinq dernières années de l’étude en Haute-Loire, c’est justement que le taux des valeurs locatives n’a été majoré « que » de 4,5 %. Alors qu’entre 2008 et 2013, ces mêmes valeurs étaient de 9,65 %.

Deuxième point qui explique ce ralentissement est le taux d’imposition du Département. Entre 2008 et 2013, les cotisations départementales ont augmenté de 31,87 % en Haute-Loire, plaçant le département dans les 15 plus mauvais élèves de France. Entre 2013 et 2018, ce même calcul de taux indique une augmentation de seulement...1,01 %.

Les augmentions les plus poivrées
Sur les 257 communes que compte la Haute-Loire, celles qui accusent les plus importantes hausses du taux de leur taxe foncière du département entre 2013 et 2018 sont :
- Fontannes 17,89 %
- Rauret 17,85 %
- Blavozy 16,67 %
- St Germain Laprade 15,82 %
- St Just pres Brioude 15,70 %
- St Hostien 15,46 %
- Cohade 15,38 %
- Lubihac 15,25 %
- Vieille-Brioude 15,10 %
- Cussac/Loire 14,90 %
- St Laurent Chabreuges 14,55 %
- Lamothe 14,43 %
- Le Pertuis 14,41 %

Et les plus doucerettes
Au contraire, les communes qui affichent les augmentations les plus faibles sont les suivantes. À noter que trois d’entre-elles ont même réussi à baisser leurs impositions malgré les valeurs locatives :
- Frugières-les-Pins : -2,10 %, grâce à la baisse du taux de l’intercommunalité de plus de 50 % (Communauté de communes Brioude Sud Auvergne )
- St-Vénérand : -1,96 %
- St-Christophe d’Allier : -1,98 %. Sa baisse est générée par la part de la Com Com du Pays de Cayres-Pradelles passant de 2,09 % en 2013 à...0 % en 2018.
- Chambézon 1,61 %
- Vals le Chastel 2,65 %
- Couteuges 2,68 %
- Ste-Marguerite 2,70 %
- Collat 2,72 %
- Montclard 2,84 %
- Chassages 2,89 %
- St-Prejet Armadon 2,98 %
- Salzuit 3,08 %
- Mondeyres 3,52 % 
- Les Estables 3,64 %

La ville de la musique, autrement dit Le Monastier-sur-Gazeille, est également très bien placée car son taux d’imposition de la taxe foncière n’a augmenté que de 3,77 % entre 2013 et 2018.

----L'UNPI, quesako ?
L’observatoire UNPI des taxes foncières réalise ses estimations à partir de données issues du portail internet de la Direction générale des finances publiques ou de celui de la Direction générale des Collectivités locales.

Pour connaitre tous les chiffres de chaque commune de la Haute-Loire, vous pouvez cliquer sur ce LIEN.-----Entre 2008 et 2018 :
La commune qui possède la plus grosse augmentation de sa taxe foncière en dix ans est St-Paul-de-Tartas (62,84%), suivie de Laval/Doulon (61,91 %), de Domeyrat (56,54), de la Chaise-Dieu (54,85%) et de Chaspuzac (54,14%).
À l’opposé, les habitants qui ont ressenti des charges moindres sur leur taxe foncière en dix ans sont ceux des communes du Chambon/Lignon (20,09 %), de Lubilhac (21,85 %), de Aurec/Loire (24,80 %) ou encore de Pont-Salomon (25,27 %).

Concernant certaines grandes villes du département :
Pour le Puy-en-Velay, l’augmentation du taux entre 2013 et 2018 est de 8,61 % et de 33,78 % en dix ans. Le rapport de l’UNPI montre une baisse du taux d’imposition de la commune de 0,77 % entre 2013 et 2018, mais une augmentation de 2,50 % par de la Communauté d’Agglomération.

Pour Brives-Charensac, la taxe en question a augmenté de 9,16 % en 5 ans et 29,86 % en 10 ans. Une augmentation notamment due par l’imposition de la Communauté d’Agglomération à 2,50 %.

Yssingeaux. 4,98 % en cinq ans et 27,98 % entre 2008 et 2019. Le taux d’imposition demandé par la commune est resté quasi constante n’évoluant que de 1,23 % en dix ans.

Enfin, Brioude. 11,04 % entre 2013 et 2018 et 30,65 % en dix ans. Dans cette sous-préfecture, le taux a grimpé à cause d’une hausse de 2,96 % de l’imposition exigée par la Communauté de communes Brioude Sud Auvergne.

Nicolas Defay

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