Super Ligue : entretien croisé de trois acteurs du foot altiligérien

Par AP lun 26/04/2021 - 17:00 , Mise à jour le 26/04/2021 à 17:00

Au coeur des préoccupations, le projet récent de création d'une ligue fermée inquiète les grands clubs et interroge les plus modestes. L'occasion donc d'avoir l'avis de trois clubs du département : Roland Vieira (coach Le Puy Foot 43), Guillaume Fourcade (président Velay Football Club) et Christian Perbet (président du FC Espaly)

L'annonce a eu l'effet d'une bombe sur la planète football. Et si les petits clubs n'ont pas été directement impactés par ce projet, le sujet pose question. Roland Vieira, coach du club de National 2 Le Puy Foot 43, Guillaume Fourcade, président du club de National 3 Velay FC et Christian Gerbet, président du club de Régional 1 FC Espaly donnent leurs impressions.

Le 18 avril 2021, douze clubs européens, six anglais, trois espagnols et trois italiens ont annoncé la création d'une compétition privée. Celle-ci se veut concurrente de la Ligue des champions de l'UEFA. L'annonce de cette création de ligue fermée a provoqué l'indignation générale à travers toute l'Europe.

Le 20 avril 2021, soit deux jours après l'annonce de sa création, Manchester City annonce une procédure de retrait.

Le 21 avril 2021, le reste des clubs anglais, mais aussi l'Inter Milan, l'AC Milan et l'Atlético Madrid renoncent progressivement au projet. Ce dernier s'effondre en 48 heures. Selon ses promoteurs, le projet est suspendu pour être repensé.

Quel est votre avis sur ce projet de Super League ?

Roland Vieira : "Les règles doivent toujours se jouer autour du terrain. Pourtant, avec la création de cette Super Ligue, elles ne sont pas jouées sur le carré vert, mais plus sur les comptes en banque ou sur l’historique des clubs".

Guillaume Fourcade : "Si c'est pour regarder des matchs à la TV avec des grosses équipes, c'est sympa au départ. Mais c'est ne laisser aucune chance aux petits clubs. On n'aurait aucun moyen d'aller un jour la jouer, voire même d'espérer, puisque c'est une compétition fermée."

Christian Perbet : "C'est un projet hors culture européenne, plutôt fondée sur le modèle américain. Notre culture est faite de montées et de descentes, alors qu'en Amérique, on voit plutôt des ligues fermées. Aux USA, c'est le spectacle qui prime. Du coup, c'est un véritable choc de cultures qui oppose les Européens aux Américains, donc les consommateurs aux supporters." 

Est-ce un projet clivant qui va renforcer encore plus le rapport entre petites et grandes équipes ?

R.V. : "Cela aurait même fermé l’accès aux équipes que l’on considère comme petits poucets. Je pense par exemple à Lille, cette année, qui n’aurait pas pu y participer par exemple. Elle n’aurait même pas pu rencontrer ces douze équipes, puisque c'est un projet de ligue fermée. C'est très décevant, car cela aurait même pénalisé l’enthousiasme et la compétitivité que l'on retrouve maintenant dans les championnats nationaux. Les premières places, qui sont autant bataillés que le titre de champion maintenant puisqu'elles permettent l'accès en Champions League, auraient moins d'enjeu."

G.F : "Complètement ! Pour rentrer dans cette compétition, il faut sortir le chéquier. Les petits clubs, comme les autres d'ailleurs, ils ont pour objectif d'essayer de monter dans les divisions supérieures, il y a une question de mérite qui ne se pose même pas avec cette Super Ligue. Après, c'est un sujet qui pose question, parce qu'une compétition fermée, ca peut arriver à n'importe quel niveau.  Qui sait, on verra peut-être un jour une compétition de ce type, toutes proportions gardées, avec des équipes de Haute-Loire."

C.P : "Oui malheureusement. Il faut que cela se joue au mérite. Des fois, des grands clubs se ratent, ca arrive. Je pense à Liverpool par exemple, qui est loin d'être assuré de jouer la Ligue des Champions. Mais aujourd'hui, il ne faut pas oublier que souvent, un club appartient aux actionnaires, mais moralement, aux supporters. "

Aucun club français n'a pour le moment répondu favorablement à l'adhésion à cette ligue. Quel est votre sentiment sur ce constat ?

R.V : "Rien de particulier, ce sont les positions de chacun. Ceux qui ont créé la Super Ligue, ils doivent avoir des intérêts très importants pour eux. Si les clubs français ne se sont pas positionnés, c’est qu’ils devaient avoir d’autres intérêts. On est trop loin de tout ça pour porter des jugements. Ils défendent leur club en priorité, ça peut se comprendre."

G.F : "Avant de répondre favorablement, il faut déjà être invité. On ne sait pas officiellement si tel ou tel club français a été invité. C'est facile de répondre non à une invitation qui n'a pas été proposée. On ne sait pas tellement comment ca se passe là-bas. Le PSG par exemple, est-ce qu'on connait la vraie raison de leur non-participation ?"

C.P : "Je pense surtout qu'on a pas été invités. En Ligue 1, il y a le Paris Saint-Germain, puis il y a des équipes comme Lyon, Marseille ou Monaco à qui ils auraient pu proposer. Le reste n'intéresse pas, notre championnat n'est pas assez attractif."

Axel Poulain

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