Suivi pédagogique et aide psychologique : l'IUT du Puy sur tous les fronts

Par Macéo Cartal jeu 11/02/2021 - 06:00 , Mise à jour le 11/02/2021 à 06:00

S’il y a bien une chose que la crise sanitaire a mis en exergue, c’est le mal-être de beaucoup d’étudiants. Ce constat est d’autant plus flagrant dans les universités ou dans les écoles à grands effectifs. Mais est-ce la même chose pour les structures à taille plus humaine ? Zoom sur la situation des trois DUT de l’IUT du Puy

L’IUT du Puy-en-Velay, c’est trois formations à bac+2 (pour l’instant) : Métiers du Multimédia et de l’Internet (MMI), Informatique Graphique (IG) et Chimie. Le tout pour un total d’environ 300 étudiants. Chaque promotion compte entre 50 et 56 étudiants, bien loin des centaines de jeunes par promotion à la fac. L’avantage de ce genre d’établissements est la proximité entre les étudiants et les enseignants (professeurs et intervenants extérieurs) et le suivi sur le travail à fournir ainsi que les conditions d’apprentissage. Mais comme tous les établissements d'enseignement, l'IUT a été frappé par la crise sanitaire qui a obligé les équipes à s'adapter à l'inconnu.

Le « cœur de métier » en présentiel

Premier point sur lequel une organisation particulière s’opère, la gestion des différents cours. Dans les DUT, seuls les cours de Travaux Pratiques (TP) sont autorisés à se faire en présentiel quand la discipline enseignée l’impose. Tous les autres cours, les Travaux dirigés (TD), qui sont en demi-groupe d’une trentaine de personnes, et les Cours Magistraux (CM) en promotion entière, se font obligatoirement à distance. Les TP se font par groupes de 10 à 15 étudiants maximum. Ce faible nombre couplé à la pratique de matières ne pouvant se faire en distanciel, permet à l’établissement d’accueillir ces étudiants dans des conditions optimales. Chaque salle accueille ainsi 5 à 6 étudiants maximum. Par exemple, au sein du DUT Chimie, Isabelle Vitry, cheffe du département Chimie, assure que « 95 % des TP sont assurés ». « L’avantage que nous avons, c’est le grand nombre de salles que nous avons à disposition, ce qui permet de bien dispatcher les étudiants », avance Manuel Grand-Brochier, responsable de l’IUT du Puy-en-Velay.

Les étudiants ont dispatchés dans plusieurs salles Photo par Macéo Cartal

Chaque dispositif est propre à sa formation. Le DUT MMI (Métiers du Multimédia et de l’Internet) avait une dérogation du rectorat qui concernait les TP « Cœur de métier », comme par exemple la pratique de l’audiovisuel des parcours de spécialisation de la deuxième année. Depuis la semaine du 18 janvier, il est possible pour l'établissement de faire venir les étudiants de première année pour ces mêmes TP et d’élargir le nombre de TP possibles pour les deuxième année. « On aura une gestion de flux, les étudiants ne se croiseront pas et ne seront pas tous en même temps sur le site », indique Owen Kevin Apadoo, chef du département MMI. Par ailleurs, les examens sont maintenus en présentiel dans des conditions sanitaires strictes.

Des étudiants toujours dans le coup

Ces quelques heures de cours en petits groupes permettent néanmoins aux étudiants de se retrouver et de sortir de cette mécanique du « tout à la maison » qui pèse parfois beaucoup sur le moral des jeunes. « Venir en petits groupes pour les TP offre un échange privilégié avec les étudiants et ceci leur fait accepter plus facilement la distanciation », indique Isabelle Vitry. « Les étudiants sont dans une vraie dynamique de travail, ils veulent étudier et s’en donnent les moyens », se félicite Rudy Rigoudy, intervenant sur le DUT MMI.

L’IUT du Puy se déroule dans un cadre privilégié. « La taille humaine de l’établissement permet de suivre les étudiants de manière beaucoup plus personnalisée », insiste Isabelle Vitry. D’ailleurs, aucun étudiant n’a abandonné suite à la situation exceptionnelle. « À part les désistements qu’on a chaque année, aucune hausse n’a été enregistrée », souligne Manuel Grand-Brochier. Owen Kevin Apadoo nous confie que les étudiants viennent vers eux assez facilement en cas de mal-être ou de détresse. Et si ce n’est pas directement vers le personnel, les étudiants en parlent entre eux.

« Plusieurs étudiants se sentaient mal, c’est pour ça que l’IUT a mis en place des solutions pour les aider […] quand il le faut, ils viennent vers nous et nous, les délégués, nous faisons remonter aux équipes » Louise Hamard, étudiante en DUT MMI et déléguée de promotion

Un suivi psychologique...

« On incite les étudiants à échanger entre eux et avec nous », avance Owen Apadoo. Plusieurs supports d’aide sont apportés pour venir en aide aux étudiants dans le besoin. Pour commencer, comme un peu partout en France, les étudiants bénéficient d’une aide psychologique. L’infirmière de l’IUT est notamment à l’écoute des jeunes en difficulté leur permettant un échange et, au besoin, une aide psychologique appuyée. Un système de tutorat axé sur le lien social est également possible.
Déjà auparavant, les étudiants pouvaient signer un contrat ARE (Aide à la Réussite Étudiante) qui leur permettait de donner des cours de soutien aux autres étudiants dans le besoin selon les matières. Aujourd’hui, ils peuvent bénéficier du même contrat mais sur un aspect social, leur offrant même la possibilité de suivre une formation spécifique à ce domaine pour mieux assurer le tutorat.

… mais aussi logistique

Mais les équipes de l’IUT ne soutiennent pas que psychologiquement les étudiants. Un suivi pédagogique est mis en place concernant l’équipement numérique. En effet, les étudiants peuvent par exemple emprunter un ordinateur si le leur venait à avoir des problèmes. Pour les jeunes en rupture numérique, c’est-à-dire ceux qui n’ont plus accès à Internet, il est possible pour eux de venir suivre les cours à la Bibliothèque Universitaire (sur demande). Des salles peuvent également leur être réservées en cas de besoin.

Les enseignants équipés et formés : gage d’une meilleure organisation

Pour assurer un suivi optimal, les étudiants doivent être dans les meilleures conditions possibles, notamment en termes d’outils. Mais les enseignants, eux aussi, doivent avoir de quoi assurer correctement la suite des cours. Dans un premier temps, l’investissement s’est fait sur l’aspect numérique. Au sein du département Chimie, l’arrivée de tableaux numériques a permis d’assurer la continuité des cours en facilitant les démonstrations. Les équipes enseignantes ont également eu la possibilité d’avoir un ordinateur portable tactile ainsi qu’une formation aux outils numériques pour faciliter les cours en distanciel. Concernant le corps enseignant des deux autres formations, le numérique étant leur cœur de métier, la continuité a été assurée. Cependant, Owen Apadoo assure que l'IUT a désormais « une meilleure organisation que lors du premier confinement, [nous savons] à quoi nous attendre ».

Par ailleurs, cette situation exige une charge de travail supplémentaire pour les équipes pédagogiques qui ne veulent pas lâcher les étudiants, comme le disent d’une même voix les chefs de département de l’IUT.

Un appel aux entreprises pour accueillir des étudiants

Aujourd’hui, le gros point d’incertitude concerne les stages. Pour valider l’année, chaque promotion doit effectuer un stage de plusieurs semaines dans son domaine de compétences. Mais la crise sanitaire met en difficulté les entreprises qui ne peuvent se permettre d’embaucher un stagiaire, encore plus pour une période au-delà de dix semaines, rémunération oblige.
Les équipes pédagogiques et les instances réfléchissent à des solutions pour permettre d’adapter ces stages qui représentent une grande source d’angoisse chez les étudiants. Entre autres, une baisse de la durée des stages, pour faciliter l’embauche, le changement des méthodes d’évaluation ou bien encore remplacer le stage par un « projet professionnalisant ».

Alors que les étudiants qui souhaitent réaliser un stage dans le domaine du web arrivent à trouver assez facilement (car le télétravail est simple à mettre en œuvre), les entreprises d'autres secteurs comme la communication ou encore l’audiovisuel (encore plus ceux axés sur l’événementiel) ont beaucoup de mal à prendre une ou plusieurs personnes supplémentaires.
Les chefs de départements en appellent d’ailleurs aux entreprises pour assurer une expérience professionnelle aux étudiants. Les entreprises peuvent d'ailleurs les contacter pour faire part d’une offre de stage. 

Vous aimerez aussi

À découvrir

Contenus sponsorisés

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire