St-Beauzire : le Centre Léo Lagrange a accueilli ses premiers migrants

mer 26/10/2016 - 13:03 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:43

C’était le jour J au Centre Léo Lagrange de Saint-Beauzire. Ce mardi 25 octobre, 25 migrants sont arrivés sur place. Uniquement des hommes seuls. Il y a 14 Soudanais, 10 Afghans et un dernier, surement un Érythréen (les services officiels n’en sont pas certains à cause de la barrière de la langue). « On devait recevoir des familles hier, mais cela a été reporté. On nous l’a annoncé vers 16 heures. Et aujourd’hui, on a appris que des hommes venaient ce soir », explique Raphaëlle Courtial, coordinatrice du centre d’accueil et d’orientation (CAO) Saint-Beauzire. Peu importe le peu de délai, les autorités, la Croix Rouge et une partie des bénévoles sont venus. Annoncés à 21 heures, les migrants sont finalement arrivés à plus de 23h30 dans un bus à étage. Après une hésitation, ils sortent du véhicule, visiblement surpris de se trouver face à autant de monde. « Bienvenue en Haute-Loire ! » « Welcome ! » Les bénévoles ne peuvent cacher leur enthousiasme. Tout comme le préfet, Éric Maire présent sur place pour souhaiter la bienvenue aux arrivants.
Fraichement débarqués et un peu déboussolés
Pour l’un des migrants, l’arrivée est difficile. « Il faut les comprendre, ils ne savaient pas où ils allaient, ce n’est pas évident pour eux », explique un interprète. Et la journée a été éprouvante avec ce long trajet puisqu’ils ont pris la route à Calais à 8 heures du matin. Une fois tout le monde rassuré, ils sont invités à entrer dans la salle de restauration. Tout est déjà prêt. De la soupe et du riz attendent les arrivants. Dans les chambres aussi, les bénévoles sont déjà passés poser des couvertures, mettre des kits d’hygiène dans les salles de bains.
Des bénévoles aux petits soins
Les chambres sont conçues pour six personnes, mais dans ce cas, elles n’accueilleront que quatre migrants. « Ils doivent rester trois mois, on ne veut pas qu’ils soient entassés pendant cette période », justifie Didier Luce, directeur territorial à l’animation et du CAO. Chaque chambre dispose d’une salle de bains. Il a coeur de leur offrir un peu de confort. Une salle a d’ailleurs été aménagée avec du matériel de musculation, des tables de ping-pong, des baby-foot…Quelques jeux de société sont également à la disposition des arrivants. « Si vous avez des vieux jeux comme des Dames, des Petits chevaux… N’hésitez pas à les amener, demande joyeusement le directeur. C’est très fédérateur. »
----Envie d'aider ?
Si vous êtes intéressé(e) pour devenir bénévole, il suffit de contacter le Centre Léo Lagrange : 04-71-76-80-08.-----Bilan de situation médicale et administrative
Avant de pouvoir jouer, les 25 hommes vont devoir faire le point sur leur situation. D’abord médicale avec des bénévoles de la Croix Rouge. Des infirmiers et médecins les reçoivent dès leur arrivée. « Ces consultations sont faites pour détecter les premiers besoins sanitaires », explique Pascal Galland, vice-président au niveau départemental et infirmier de métier. Les pathologies les plus fréquentes sont les bronchites, les problèmes de peau liés aux conditions d’hébergement et les détresses psychologiques. Un premier bilan de santé est donc établi, il fera le relais avec le système de soins PASS (Permanences d'accès aux soins de santé).
Avec le personnel de l’Office Français Immigration Intégration (OFII), les migrants doivent aussi préciser s’ils ont déjà fait une demande d’asile ou non afin d’être accompagnés dans leurs démarches.
Deux mots d'ordre : liberté et solidarité
« On ne les force pas. S’ils veulent partir voir de la famille ailleurs en France, sortir avec des bénévoles, ou même partir pour ne pas revenir, ils sont libres », rappelle le directeur du site. Il encourage les bénévoles à prendre sous leurs ailes un ou deux migrants. Pour tisser des liens, un premier « apéro solidaire » est organisé le 3 novembre à 18 heures. Un repas solidaire sera également organisé et suivi d’un spectacle autour de la migration : Traversée. « Venez, ils souffrent souvent du manque de contact avec les locaux », encourage Didier Luce. Le tarif est fixé à 10 euros.

L’élan de solidarité n’a pas uniquement gagné les habitants de Saint-Beauzire, les bénévoles viennent d’Issoire, du Puy-en-Velay ou un peu plus loin encore. Certains avez participé à la marche solidaire dimanche dernier au Mézenc.

Emma Jouve

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