« On s’était dit rendez-vous dans...8 ans »

Par Nicolas Defay sam 02/07/2022 - 15:00 , Mise à jour le 02/07/2022 à 15:00

« ...Même jour, même heure, même pommes ». La célèbre chanson de Patrick Bruel (1989) a été chantée haut et fort par les « profs » de la Chartreuse mardi 28 juin sur le stade de l’établissement scolaire. Comme les 370 collégiens, ils ont enterré leurs capsules temporelles que tous exhumeront...en 2030.

Elles mesurent environ 20 centimètres tout de plastique recyclable vêtu. Leurs noms ? T3 pour Travel Through Time ou Voyage dans le temps. Leurs profils ? Une sorte de solide cylindre noir dont seule la tête se dévisse. Telles sont les capsules temporelles imaginées, conceptualisées et édifiées par la très jeune entreprise EPICO, une entreprise made in La Chartreuse composée de 9 collégiens en classe de 3ème.

Mots, objets et symboles reverront la lumière en 2030.
Mots, objets et symboles reverront la lumière en 2030. Photo par Nicolas Defay

Ensemble, durant leur dernière année au collège, ils ont fait le pari de mettre en place une véritable structure bâtie sur les mêmes règles et les mêmes exigences qu’une entreprise classique. « Nous avons traversé des hauts et des bas, des moments de tension et d’euphorie, des joies et des déceptions, explique Gabin, l’un des 9 patrons d’EPICO. Mais nous nous en sommes bien sortis finalement ! Et nous sommes contents de ce que nous avons accompli ! »

Au mois de mai, ils ont obtenu la prestigieuse médaille d’or pour le label Innovation au Festival des Mini-entreprises Auvergne-Rhône-Alpes avec leurs capsules temporelles.

Sortir du cocon scolaire pour se confronter au vrai monde

Le sigle EPICO signifie Éducatif, Pédagogique, Intergénérationnelle COllège. « J’avais envie de sortir du milieu scolaire pour ouvrir une grande fenêtre sur le monde, confie Nadine Philippon, professeure documentaliste au collège La Chartreuse. Je souhaitais que des élèves volontaires comprennent comment fonctionnait une entreprise en mettant en commun leurs compétences afin de gérer ensemble les coups de chauds rencontrés, partager les satisfactions, appréhender les difficultés et tout ce qui rapporte à la vie d’une entreprise ».

Elle ajoute alors : « Et nous avons tenu bon ! On a tenu la route et nous avons décroché la plus haute des récompenses. Je suis extrêmement fière d’eux ! »

Nadine Philippon (au micro) aux côtés d'une partie d'EPICO. Photo par Sandra Mathiaud

« Certains ont même écrit des conseils pour eux-mêmes quand ils auront 8 ans de plus »

Ce mardi 28 juin, pour célébrer la réussite d’EPICO, toutes les classes du collège La Chartreuse ont été invitées à enterrer une capsule temporelle. « Il y a donc 14 emplacements pour les élèves répartis de la 6ème à la 3ème en comprenant la classe ULIS et celle de Segpa, plus un emplacement commun réservé aux professeurs et à la Vie Scolaire », précise Nadine Philippon.

Les élèves les ont remplis de souvenirs précieux, de clé USB, de photos, de dessins, d’objets divers et variés. Dans l’un deux, un masque bleu, symbole du Covid et des journées entières marquées par le virus omniprésent sur les bancs de l’école. « Je sais que certains ont même écrit des conseils pour eux-mêmes quand ils auront 8 ans de plus, sourit Augustin », co-patron d’EPICO.

« Je ne suis pas dans le secret des capsules mais je sais les professeurs plutôt potaches ! J’imagine donc bien qu’il doit y avoir des choses rigolotes à l’intérieur. Je pense que nous allons bien rire une fois les capsules mises à la lumière en 2030 ! » Nadine Philippon

Les collégiens et les enseignants ensemble pour l'opération "Voyage dans le Temps".
Les collégiens et les enseignants ensemble pour l'opération "Voyage dans le Temps". Photo par Sandra Mathiaud

Une prise de contact dans 8 ans

Une fois les cylindres mis en terre, un arbre sera également planté sur les 15 « concessions ». « L’arbre signifie le temps qui passe, livre la professeure documentaliste. Pendant 8 ans, ils grandiront comme le feront tous les élèves. Je trouve l’image belle et emplie de vie ».

En 2030, les 370 collégiens présents et les enseignants recevront alors un appel, un sms ou un mail les invitant à rejoindre leur ancien collège pour plonger les mains dans la terre. Les plus jeunes auront 19 ans, les plus vieux 23 ans. Quant aux professeurs...plus de cheveux blancs. « Il est certain que cela va provoquer de grandes bouffées d’émotion ! », se réjouit Arthur, co-patron de la petite entreprise.

Augustin, co-patron d'EPICO, en train d'enterrer l'une des capsules.
Augustin, co-patron d'EPICO, en train d'enterrer l'une des capsules. Photo par Nicolas Defay

Regarder les sourires et les larmes qui se dessineront sur les visages

À la question de savoir comment Gabin, Augustin et Arthur envisagent leur avenir dans 8 ans, presque tous ont déjà une idée claire et précise. « Moi, je veux devenir avocat, lance Gabin. En 2030, si tout se passe bien, je serais alors sûrement en fac de droit ».

Sans hésiter, son camarade Augustin partage : « Depuis tout le temps, je suis passionné par les étoiles, l’espace et la formation de l’univers. Mon rêve est de devenir astrophysicien ». En 2030, à 23 ans, il sera donc en train de terminer son cycle de Master pour peut-être envisager une thèse et un doctorat.

Enfin, du côté d’Arthur, le garçon reste indécis. « Je ne sais pas vraiment encore. Chose que je souhaite par contre, c’est de m’épanouir tous les jours dans mon futur métier ». Rendez-vous est donc donné en 2030, « même jour, même heure, même pommes », pour déterrer les vieux souvenirs. Et regarder les sourires et les larmes qui se dessineront assurément sur tous ces visages plus vieux mais plus sages aussi.

"On s’était dit rendez-vous dans 8 ans" à La Chartreuse.
"On s’était dit rendez-vous dans 8 ans" à La Chartreuse. Photo par Nicolas Defay

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1 commentaire

li

dim 03/07/2022 - 02:01

La Chartreuse a sa vitrine et le vent en poupe. Bel article totalement objectif mais qui prête à confusion et qui incite à la fuite du privé vers le public. Sous conditions financières. Adieu les misérables. 

Il faut gratter derrière les murs /élèves ULIS, ayant un handicap -physique ou un retard- jamais inclus dans les classes malgré l'obligation qu'ils suivent un cours avec leurs camarades régulièrement en classe. .

. Leur taux de réussites au brevet/est tronqué; Ils virent les élèves qui risquent de faire baisser leur pourcentage de réussite. C'est du coup les collèges ou lycées publics qui se les  cognent car on ne peut pas refuser des élèves. Leur pourcentage est brillant et ceux des établissements publics sont "impactés". Ferry en serait fort déçu.