Rixe entre forains : huit mois de prison ferme

lun 16/11/2015 - 23:46 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:37

« Il aurait tué la victime si nous n’étions pas arrivés », estime un forain, témoin de l’agression, dans sa déposition. Vendredi 23 octobre, un jeune Roumain de 20 ans (aujourd’hui âgé de 21 ans), a frappé à plusieurs reprises, en état d’ivresse, un homme de 38 ans, lui aussi de nationalité roumaine. « Quatre ou cinq coups de poing », se souvient-il à la barre du tribunal correctionnel du Puy-en-Velay ce lundi 16 novembre 2015. L’intéressé avait déjà été présenté dans le cadre d’une comparution immédiate le 26 octobre, pendant la grève des avocats. Il avait demandé un délai supplémentaire pour préparer sa défense.

La soirée dégénère après l'apéro

Dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 octobre, le jeune homme a passé la soirée avec sa victime et d’autres témoins. Dans la caravane d’un forain, ils se sont alcoolisés ensemble. L’échange entre les deux hommes dégénère, soit à propos de la mère décédée de l’agresseur, soit à cause d’un conflit de villages. La scène de violence s’est délocalisée à l’extérieur. Selon le prévenu, il n’aurait pas été seul à distribuer les coups mais aucun témoignage ne va dans ce sens. Avertis, des forains se rendent sur place et arrivent presque simultanément avec la police vers 1h du matin. L’homme de 38 ans gît au sol à la limite de l’inconscience, le visage tuméfié, ensanglanté. L’agresseur, en revanche, est parti.

----Travail non déclaré
Après un « parcours chaotique », d’après les dires de son avocate, Maître Mabrut, le jeune homme est arrivé en France en juin pour travailler au noir sur les fêtes foraines. Il est passé par plusieurs villes avant d’atterrir au Puy où il ne s’est finalement pas fait embaucher. C’est d’ailleurs grâce à cette affaire qu’une enquête pour travail dissimulé a été ouverte, des faits qui sont, vraisemblablement, avérés.-----Dans un état grave

Prise en charge par les sapeurs-pompiers, la victime a été conduite à l’hôpital Emile Roux du Puy. Dans un premier temps, le médecin n’a pas voulu se prononcer sur le pronostic vital du blessé. Il s’en tire finalement avec un traumatisme facial et crânien important correspondants à huit jours d’ITT (incapacité totale de travail).

Il aggrave son cas en garde à vue

Vers 2h20, les forains aperçoivent l’homme correspondant au signalement et alertent les services de police. Ces derniers appréhendent le jeune Roumain. En prolongation de garde à vue, il lance sur la victime : « Si je vais en prison à cause de lui, je vais le tuer », rajoutant un chef d’inculpation (menace de mort) à sa convocation. « Il ne voulait pas concrétiser ses menaces », explique l’interprète du prévenu. Les policiers retrouvent des traces de sang partout et même un couteau à cran d'arrêt que le jeune homme explique porter sur lui habituellement. « Vous savez que c’est interdit d’en porter un dans sa poche ? » s’agace André-Frédéric Delay, président du tribunal.

 

----Vierge en France mais...
Le casier judiciaire du prévenu est vierge en France, mais en Roumanie, il a effectué environ quatre ans de prison pour divers vols, dont certains avec violence.-----Au dela des réquisitions
Ne se rappelant de rien, la victime n'a pas porté plainte, mais cela n'évite pas une sentence stricte à l'agresseur. « Il est venu, selon ses propres déclarations, uniquement faire du travail illégal. Il n’a pas de domicile, il est déclaré chez un forain de Bordeaux. Il me semble qu’il n’y a pas d’autre alternative que celle de la prison ferme », a exposé le ministère public en qualifiant les actes de « faits d’une particulière gravité ». Six mois de prison ferme sont requis mais le tribunal décide d’en attribuer huit en raison de la gravité des faits. L’homme est également interdit de séjour sur le territoire pendant une durée de cinq ans.

Emma Jouve

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