Régionales : le Front National passe à table

ven 25/09/2015 - 21:54 , Mise à jour le 25/09/2015 à 21:54

Vous avez peut-être vu passer un cortège avec girophares et véhicules estampillés Front National : c'est la caravane du candidat frontiste aux élections régionales Christophe Boudot, qui sillonne la grande région en ce début de campagne. Il était ce jeudi 24 septembre 2015 au Puy-en-Velay.
Conseiller municipal de Lyon et conseiller communautaire, Christophe Boudot est le président du groupe FN à la Région Rhône-Alpes et représentera le parti de Marine Le Pen lors des élections régionales de décembre prochain.
Ce père de famille de trois enfants est âgé de 46 ans. Après avoir occupé divers postes dans la bijouterie et l'imprimerie, il est désormais agent commercial dans le secteur viticole, plus exactement dans le milieu de l'emballage et de l'élevage des grands vins français.

----Marine Le Pen en Auvergne
Un grand meeting est prévu en Auvergne, a priori à Cournon, en novembre prochain, où Marine Le Pen viendra parler "des grands oubliés de la réforme territoriale", précise Christophe Boudot, qui ironise : "on ne donne pas de date précise, sinon Laurent Wauquiez va organiser quelque chose en même temps".-----Qui mènera la liste en Haute-Loire ?
S'il faut 230 noms sur la liste pour la future grande Région, la Haute-Loire n'en nécessite que six (plus deux remplaçants). On pensait donc savoir, ce jeudi, qui serait tête de liste en Haute-Loire pour mener la liste frontiste, mais le candidat n'a pas été en mesure de nous répondre. Une liste a bien été envoyée à la commission nationale du parti et la réponse est attendue pour le début de semaine prochaine.
Selon toute vraisemblance, le duel se joue essentiellement entre Maria Raïa (actuelle secrétaire départementale) et Pierre Cheynet (ancien secrétaire départemental pendant une quinzaine d'années, arrivé en 48ème position sur les 100 sièges à pourvoir lors du dernier congrès du mouvement). Et si tous deux posaient sur la photo lors de la venue de Christophe Boudot, l'entente est loin d'être cordiale.

La méthode coué ?
Le Front National ne cesse de le répéter : il pense qu'il peut arriver en tête au premier tour, en Haute-Loire comme sur l'ensemble de la grande région. Une assertion répétée à maintes reprises, même si pour l'instant, aucun sondage ne va dans ce sens : crédité à 23 % en janvier dernier, puis à 19 % début septembre, le dernier sondage lui donne 24 % des voix au second tour.

  • Vous pensez toujours être en tête à l'issue du premier tour ? Qu'est-ce qui vous permettrait de renverser la tendance au cours de cette campagne ? Aucune alliance n'est envisagée ?

  • Souvent, pour l'emporter au deuxième tour, il faut constituer des alliances. N'est-ce pas là le principal handicap du Front National ?


Les ingrédients de la recette frontiste plus que jamais au goût du jour

Concernant le programme du candiat FN, il devrait s'articuler autour de cinq points essentiels, qui seront développés dans les semaines à venir. En attendant, les principaux ingrédients de la recette frontiste sont plus que jamais au goût du jour : immigration, insécurité, priorité nationale (ou régionale), fiscalité... et bien sûr la décrédibilisation des deux principaux partis au pouvoir depuis des décennies.
Sur l'immigration par exemple, "Nicolas Sarkozy avait supprimé 2 000 postes de douaniers et François Hollande en remet 900 aujourd'hui", raille Christophe Boudot avant d'ajouter : "nous, on veut rétablir les frontières, on a toujours eu une parole claire sur ce sujet. On ne parle pas de religion ou de couleur, au Front National, on défend les Français d'abord".

"Une oreille très attentive du monde agricole"
Sur le champ de l'agriculture, un thème fondamental dans les départements les plus ruraux de la grande région, le FN, qui estime "avoir une oreille très attentive du monde agricole", avance déjà quelques idées, car il veut tripler l'aide régionale à l'agriculture. Comme celle de la préférence régionale pour favoriser les producteurs locaux, "on voit que Laurent Wauquiez reprend notre idée", pointe-t-il du doigt, alors que le cadre législatif ne peut pas vraiment le permettre. "Il y a par exemple les cantines des lycées", répond-il, "où on peut le faire car c'est une compétence régionale". Si le candidat frontiste s'engage à maintenir les aides à l'installation, il tempère : "il faut des plans de financements tenables, ce qui est loin d'être toujours le cas. Il faut savoir dire non quand ce n'est pas viable et mieux accompagner les transmissions".
Quant à la ligne syndicale de laquelle il se sentirait le plus proche, Christophe Boudot répond : "nous ne sommes pas favorables aux très grandes exploitations, on est plus proches de la Confédération paysanne que de la FNSEA, dont la main mise s'estompe".

  • Vous proposez de tripler l'aide régionale à l'agriculture. Pourquoi et vers quel type d'aide on s'orienterait ? Les filières bio, les filières locales ?

----Sur l'école de la 2ème chance
"Le monde de l'entreprise est prêt à tutorer les adolescents en échec scolaire pour leur apprendre un métier, mais surtout une habitude de vie, de travail et c'est à l'entreprise qu'il faut faire confiance, et beaucoup moins maintenant à l'Education Nationale, dont les réponses ne sont pas assez concrètes. Il faut redonner la formation professionnelle aux entreprises, aux chambres des métiers et de l'artisanat", déclare Christophe Boudot.-----Du chèque emploi service au chèque emploi entreprise
Parmi les premières idées avancées du programme FN, on retrouve le chèque emploi entreprise, "une aide ponctuelle, adressée aux PME, aux très petites entreprises, de moins de dix salariés, qui hésiteraient à embaucher alors qu'elles ont un carnet de commandes tout à fait viable", développe-t-il. Selon les estimations du parti, "on a déjà fléché 3 à 5 000 emplois très rapidement et nous avons déjà budgété une enveloppe de 30 à 50 millions d'euros à cet effet".
La Région pourrait donc donner un coup de pouce, pendant un an, en prenant en charge 10 000 euros par salarié embauché, pour alléger les charges sociales "mais cette aide devra s'arrêter au bout d'un an car on ne veut surtout pas faire de l'assistanat". L'idée est donc que la Région accompagne les PME et les artisans, "qui sont le poumon, le tissu économique de notre région".

60 millions d'euros d'économie grâce à "un programme de rupture"
Le candidat FN annonce 60 millions d'euros d'économie dont une dizaine de millions pour la politique de la ville.

  • Vous annoncez que le FN va proposer "un programme de rupture" pour ces régionales. Qu'est-ce que ça signifie ? La baisse des dépenses régionales sera au coeur de ce programme ? Avec des suppressions d'emploi en premier lieu ?

Maxime Pitavy

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