Réforme territoriale : EELV dit non à la fusion avec Rhône-Alpes

mer 17/09/2014 - 17:22 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:24

Ce mardi 16 septembre, Manuel Valls a demandé, et obtenu, la confiance de l'Assemblée nationale. Le Premier ministre en a profité pour annoncer que les prochaines élections départementales auraient lieu en mars 2015, soit neuf mois plus tôt que la date précédemment établie.

Mais dans le contexte tendu de la réforme territoriale, dont le premier volet a été adopté le 23 juillet dernier et qui ferait passer le nombre de régions de 22 à 13 (l'Auvergne et Rhône-Alpes ne feraient plus qu'un), ce changement d'agenda n'est pas perçu d'un bon œil par tous. Les membres d'Europe écologie les Verts (EELV) d'Auvergne se sont réunis, parallèlement au vote de confiance de Manuel Valls à l'Assemblée, pour dire « non à la fusion avec Rhône-Alpes ».

Favoriser la « coopération » avant tout
« Il s'agit de réécrire la carte territoriale de la France, ce n'est pas rien. On ne peut pas l'improviser en quelques jours », explique Pierre Pommarel, Président du groupe régional EELV et conseiller régional de Haute-Loire. « Sur le principe, nous sommes absolument favorables à une réforme territoriale mais qui doit toucher en priorité la répartition des compétences et les différentes strates d'organisation territoriale. » Europe écologie souhaiterait également qu'une « réforme fiscale » soit au centre des débats qui entourent le redécoupage des régions françaises, pour redonner aux collectivités une autonomie budgétaire et « des responsabilités suffisantes ».

Les écologistes insistent sur la notion de « coopération » entre les régions limitrophes : « Il y a une grande quantité de dossiers sur lesquels les intérêts des régions voisines sont convergents. » En tête de liste de ces intérêts communs, EELV cite les problèmes de transports ou de l'agriculture de montagne, par exemple. « Il y a plein de sujets sur lesquels chaque région réfléchit de son côté sans se concerter avec ses voisins. » Pierre Pommarel rappelle, notamment, que les liaisons ferroviaires entre l'Auvergne et le Limousin ont été interrompues au mois de juillet faute d'une position commune entre les deux régions.

Un « péril financier » pour l'Auvergne, selon EELV
L'un des objectifs de la réforme territoriale est, selon l’État, de pourvoir la France de régions de taille équivalente aux autres régions européennes, pour qu'elle soient « capables de bâtir des stratégies territoriales », précisait François Hollande le 3 juin dernier. Mais pour le conseiller régional de Haute-Loire, « si aujourd'hui on présente les régions françaises comme 'petites', ce n'est absolument pas lié à leur taille ou à leur population. » Selon Pierre Pommarel, les régions de l'hexagone seraient au-dessus de la moyenne européenne en termes de dimensions et d'habitants. « Par contre, là où on est beaucoup plus petit, c'est en termes de compétences. » Les budgets attribués aux Régions seraient de 5 à 10 fois inférieurs à ceux de nos voisins européens.

----Le vote de confiance ?

En France et dans toute démocratie parlementaire, le vote de confiance est un vote d'un parlement par lequel les députés décident d'accorder ou non leur confiance au gouvernement en place. Le vote est souvent positif, les gouvernements en place ayant le plus souvent la majorité au Parlement.-----Pourtant, le chef de l'Etat avait annoncé que les Régions disposeraient « de moyens financiers propres et dynamiques », gérés par des « assemblées de taille raisonnable », à savoir « moins d'élus ». Le porte-parole d'EELV n'y croit pas et avance un « péril financier » : « L'Auvergne est classée comme une région en transition vis à vis de l'Europe. Ça nous permet de bénéficier d'aides financières [FEDER, ndlr] avantageuses. Ces aides risquent fort de disparaître si nous fusionnons avec Rhône-Alpes. » Au delà de 2020, l'Auvergne ne pourrait donc plus bénéficier de ces fonds là. Mais l'apport de Rhône-Alpes ne pourrait-il justement pas compenser cette perte budgétaire ? Pour EELV non, la Région y perdra.

Et si les Auvergnats ne se sentaient pas Rhônalpins ?
En Haute-Loire, certains se sentent rattachés au Languedoc. Dans le Cantal, beaucoup se sentent proches du Midi-Pyrénées. « La réécriture de l'organisation territoriale du pays aurait dû se faire de façon beaucoup plus progressive et en partant de la base : il faut commencer par reconstruire des intercommunalités plus vastes en se basant sur des territoires qui correspondent à de vrais bassins de vie. » A partir de là, Pierre Pommarel estime que la nouvelle carte des Régions se ferait de manière beaucoup plus en lien avec « les réalités économiques et humaines ». Le médecin brivadois estime qu'en additionnant des régions déjà existantes, on crée « des aberrations » : « Un Aurillacois ne se sent absolument pas Rhônalpin, c'est évident. »

« Cette loi risque d'évoluer beaucoup d'ici son vote. On est dans une phase provisoire. Nous voulions faire entendre la voix d'une région de montagne qui va se trouver satellisée dans une grande région », insiste le président du groupe régional EELV.

A.L.

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