Rassemblement en soutien à Altin, un jeune originaire du Kosovo

Par Macéo Cartal mer 03/03/2021 - 18:30 , Mise à jour le 03/03/2021 à 18:30

Ce mardi 2 mars, le RESF 43 (Réseau Éducation Sans Frontières) a initié un rassemblement devant la préfecture, à 16h30 en soutien à Altin, un jeune d’origine Kosovar menacé d’expulsion avec son oncle. Ils étaient une trentaine sur la place du Breuil avant de se déplacer devant le commissariat de police.

Le jeune Altin est aujourd’hui tout juste majeur. Exilé du Kosovo, il est arrivé en France il y a maintenant sept ans avec ses parents ainsi que son oncle. Ils vivent tous ensemble mais depuis quelque temps, lui et son oncle, âgé de 36 ans, sont menacés d’expulsion vers le Kosovo. Altin a déposé plusieurs demandes pour un apprentissage ainsi qu’un travail. Mais le jeune et son oncle sont assignés à résidence depuis le mois de juin 2020 et doivent signer à raison de trois fois par semaine au commissariat.

Une manœuvre douteuse

Alors que l’oncle d’Altin pointe normalement au commissariat à 8h, ce lundi 1er mars, l’homme et son neveu sont convoqués pour un test PCR obligatoire avec le devoir de présenter les résultats le lendemain ce mardi 2 mars à 18h pour la signature au commissariat. À noter que les deux hommes doivent aller signer en même temps. Les membres de RESF 43 craignent alors une manœuvre douteuse de la part des institutions. « Les deux, main dans la main, sont-ils réunis pour un départ conjoint vers le centre de rétention de Lyon ? », indique un membre de la RESF 43. Les deux hommes ont refusé de se soumettre à ce test PCR.

Suite à cela, comme si le garçon se voyait puni de ne pas avoir obéi, il a été refusé à Altin d’aller voir sa mère pour une visite post-opératoire à l’hôpital de Clermont-Ferrand.

Un monde rempli de paradoxes

Les principaux soutiens aux migrants menacés

L'affaire Madama a fait beaucoup parler et a parfois conduit à des débats houleux. Il semblerait que le soutien au jeune Malien ainsi qu'aux autres migrants ne plaise pas à tout le monde. Les principaux soutiens à Madama notamment sont la cible de menaces en tout genre (réseaux sociaux, lettres anonymes, menaces de détérioration de biens matériels, etc.). Cependant, ces menaces ne semblent pas refroidir les principaux concernés, bien au contraire.

La mobilisation pour le jeune Madama, qui a fait bouger les foules et couler beaucoup d’encre, a mis en exergue l'impasse que vivent plusieurs jeunes adultes en situation irrégulière. Aujourd’hui, le RESF estime qu’une trentaine de familles en Haute-Loire serait dans un cas similaire. « C’est tout de même fou qu’un jeune qui a passé 5, 6 ou 7 ans en France, qui a entamé une scolarité et qui a commencé à s’intégrer dans un pays, une nouvelle culture, se voit brutalement refusé à sa majorité », s’emporte un membre de RESF. Ce paradoxe est accompagné de plusieurs autres zones de confusion : « Alors on décide d’expulser un jeune tout juste majeur, on met son oncle avec lui, histoire qu’il ne soit pas tout seul… On sépare des gamins de leur famille, ça n’a pas de sens… Ce n’est pas humain », déplore-t-elle, en interpellant les journalistes d’un « Vous trouvez ça normal, vous ? ».

Ce militant se trouve d’ailleurs étonné, voire scandalisé de lire certaines mentions sur les papiers envoyés par la préfecture, justifiant une expulsion. « Ils mettent : "Vous n’avez pas vocation à vivre et à travailler sur le territoire français", l’utilisation de ce terme, vocation, induit qu’une force suprême les aurait appelés à venir s’installer ici, comme une connotation religieuse… C’est tout de même assez paradoxal ».

Des pistes légales à explorer

Le RESF 43 entend ainsi s’appuyer sur la loi pour faire valoir les droits d’Altin et son oncle. Notamment la circulaire Valls non abrogée qui stipule que les personnes étant présentes sur le territoire depuis 5 ans, que s’il est mineur peut justifier de 3 ans de scolarité. Ils en appellent également au pouvoir discrétionnaire du préfet.

Le cortège s’est ensuite déplacé devant le commissariat de police avec une vingtaine de manifestants, lieu où Aldin et son oncle étaient convoqués tous les deux à 18h ce mardi 2 mars. Les deux hommes ont finalement été convoqués à 17h30 mais contrairement aux craintes des membres de RESF, ils ont pu ressortir à la suite de cette convocation. Pour l’heure, Altin et son oncle sont toujours menacés d’être « expulsés du jour au lendemain », comme le précise RESF 43.

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1 commentaire

mi

jeu 04/03/2021 - 16:53

Pourquoi la France ne prend pas exemple sur l'Australie pour gérer cet incurable problème avec nos lois qui ne sont pas appliquées ou trop laxistes?.