Quinzaine des droits de l'enfant : c'est à eux de poser les questions

lun 27/10/2014 - 14:35 , Mise à jour le 27/11/2020 à 05:53

Armée d'un calepin et d'un stylo, Judie, 10 ans, arpente les rues du centre-ville du Puy, suivie de son photographe en herbe, Djao, 6 ans. Ce jeudi 23 octobre 2014, les deux apprentis journalistes ont choisi réfléchi un moment avant de trouver, d'eux-mêmes, une question percutante autour du thème « Tu m'écoutes quand je te parle ? »à l'occasion de la 3ème Quinzaine des droits de l'enfant organisée par l'association des Jeunes pousses du Puy, dont le « camp de base » est installé au café éphémère, familial et associatif, 25 place du marché couvert au Puy, depuis juin dernier. Cette question c'est : « Enfant, qu'auriez-vous aimé faire dont vous n'aviez pas le droit ? » Et c'est parti pour un microtrottoir dans les rues ou les boutiques du centre-ville ponot.

Souvenirs d'enfance
« Ouh la la ! Bonne question ! », répondent la plupart des personnes interrogées. Très vite, les deux apprentis journalistes se rendent compte des difficultés de l'exercice : certaines personnes n'ont pas le temps, certaines ne veulent pas être prises en photo (et c'est leur droit), certaines ne veulent pas donner leur prénom de crainte d'être reconnues... De quoi décourager Judie et Djao ? Pas du tout. D'autant que la plupart des sondés les accueillent avec un grand sourire vu leur jeune âge. Et voilà qu'ils collectionnent les réponses, notant à la volée les exclamations des personnes interrogées, perdues dans leurs souvenirs d'enfance. Florilège.

Adeline, 23 ans, Le Puy-en-Velay, aide soignante.
"Petite, je rêvais de conduire la voiture de mes parents. C'était une 309. Ça m'aurait plu de partir toute seule sur la route."

Fred, 42 ans, Le Puy-en-Velay, cuisinier.
"J'aurais voulu avoir le droit d'égorger les poulets du voisin!"

Karen, 37 ans, Le Monastier-sur-Gazeille, musicienne intervenante.
"Je voulais manger des bonbons sans que l'on me dise « stop », aller me coucher quand j'en avais envie et rester dans mon lit sans que le réveil sonne. Je voulais aussi avoir le droit de faire des fausses notes au violon, mais ça, j'en faisais quand même ! (rires)"

Daniel, 54 ans, Coubon, charcutier.
"Je voulais fumer des cigarettes ! Non, c'est pour rire, je ne l'ai jamais fait, je ne fume pas. Je voulais avoir une mobylette ou une moto car on regardait les courses de rallyes et de moto-cross et ça me faisait envie. Je rêvais d'être Giacomo Agostini. Alors, depuis que j'ai 18 ans, « vroum, vroum ! »... mais toujours en faisant attention bien sûr."

Marie-Pierre, 47 ans, Le Puy-en-Velay, standardiste.
"J'aurais beaucoup voulu aller à l'école des Beaux-Arts à Saint-Etienne pour apprendre à dessiner mais je n'ai pas eu le droit car mes parents n'avaient pas assez d'argent. Aujourd'hui, je réalise quand même un peu mon rêve. Je voulais aussi sortir plus souvent au cinéma ou voir mes copines qui habitaient à côté, mais si je le faisais, on me grondait et j'allais au lit sans manger."

Béatrice, 45 ans, Espaly-Saint-Marcel, comptable.
"Je voulais pouvoir aller voir mes copines quand je voulais car j'habitais à la campagne loin d'elles. Je voulais aussi faire de la musique (de la guitare) et avoir un cheval, mais mon père n'a jamais été d'accord."

Pierre, 77 ans, Le Puy-en-Velay, retraité.
"J'aurais voulu avoir le droit de faire l'école buissonnière. L'école était un supplice. Je pleurais presque tous les jours, c'est ma grand-mère qui me consolait. J'ai été en pension au Puy à 11 ans. Le jour de la rentrée des vacances de Toussaint (qui ne duraient que trois jours) je me suis enfui du pensionnat."

Valérie, 42 ans, Saint-Julien Chapteuil, caissière.
"Très bonne question... Il faut que je réfléchisse... Faire des bêtises de gourmandise, sauter sur les lits, ne pas regarder tout le temps sa montre... et rentrer très tard."

Vincent, 41 ans, Espaly-Saint-Marcel, caviste.
"Je voulais conduire une voiture, parce que c'était interdit. Quand j'ai eu le permis, j'ai acheté une R5. Aujourd'hui, j'ai une Volkswagen Caravelle 9 places, mais je préfère le vélo pour circuler au Puy. En voiture, c'est l'enfer."

André, 71 ans, Craponne-sur-Arzon, retraité.
"Mon enfance était très bien, j'ai fait ce que j'ai voulu... mais c'est vrai que j'aurais bien aimé ne pas être obligé d'aller à l'école et choisir moi-même mon métier."

Jean-Baptiste, 36 ans, Loudes, père au foyer.
"J'aurais aimé avoir le droit de rester à la maison le lundi et de ne pas manger mes rognons de bœuf".

Judie et Djao

Zoomdici.fr remercie et tire son chapeau à Judie et Djao pour ce brillant travail journalistique accompli avec précision, persévérance et professionalisme.

  • Une expo vendredi

La 3ème Quinzaine des droits de l'enfant, qui a débuté le 19 octobre, se poursuit jusqu'à ce vendredi 31 octobre 2014 (voir le programme). Parmi les ateliers encore à venir, une autre session "Graine de journaliste" ce jeudi 30 octobre de 10 heures à 12 heures.
Une exposition de clôture est organisée à partir de 19 heures ce vendredi, au café éphémère, 25 place du marché couvert au Puy. L'occasion de voir un aperçu des ateliers qui ont été proposés aux enfants et aux familles au cours de ces deux semaines.

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