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Yssingeaux

Qui est cette poétesse russe qui a vécu 40 ans à Yssingeaux ?

jeu 21/09/2017 - 19:37 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:48

Une trentaine de personnes se sont déplacées ce vendredi 15 septembre à la médiathèque d'Yssingeaux pour découvrir l’œuvre et la vie passionnante d'une grande dame russe qui avait choisi Yssingeaux comme seconde patrie.

Une artiste protéiforme
Poétesse reconnue dans le cercle des émigrés russes, Larissa Andersen a été publiée très jeune.
Elle a également excellé dans la danse de cabaret haut de gamme et s'est produite dans de nombreux pays. Cette artiste protéiforme qui aimait aussi peindre, était une femme très simple, très authentique, avec beaucoup d'humour et quelque peu mystique. Dotée d'une beauté exceptionnelle, elle avait un rayonnement incroyable et de nombreux hommes étaient amoureux d'elle. Proche de la nature et des animaux, elle adorait les chats et en avait quelques uns dans sa maison d'Yssingeaux.

Un véritable conte russe
Son histoire se lit comme un véritable conte russe.
La jeune femme est née en 1911 à Khabarovsk, en extrême orient russe. Son père, Nicolaï, était officier de l'armée tsariste. A l'heure de la révolution bolchévique, le destin l'a envoyée sur l'île russe, à Vladivostok.
Puis, la jeune émigrée russe est arrivée en Chine (comme les centaines de milliers de russes après la révolution d'octobre) où elle passa toute sa jeunesse. C'est là que Larissa a commencé à écrire ses premiers poèmes et à être publiée. Ce fut aussi le début de sa vocation.

Histoire d'un coup de foudre
C'est en Chine aussi qu'elle rencontre d'ailleurs Maurice Chaize dans les années 1950, qui a pour elle un véritable coup de foudre. Lui, est agent de compagnie maritime et voyage souvent dans de nombreux pays. Ils ont vécu ainsi à Tahiti, à Saïgon, en Inde.

Yssingeaux, la deuxième patrie
A l'âge de la retraite, en 1971, ils sont venus s'installer à Yssingeaux, dans la maison des ancêtres de Maurice. Dans un de ses poèmes, elle relate son arrivée dans la maison de Montchaud à Yssingeaux, qui débute ainsi : « dans un coin reculé de France... »

Une rencontre déterminante
Dans les années 1990, après le décès de son époux, Larissa Andersen fait une rencontre déterminante avec une jeune journaliste russe, Tamara Kalibevora, qui effectue justement un travail de recherche sur les émigrés russes.
Pour celle que Larissa Andersen appelle « la fée venue de Russie », elle écrit un poème « Le grenier Français », qui fait allusion au travail de fourmi qu'a entrepris Tamara Kalibevora dans le grenier de la maison de Montchaud.
Très vite, les deux femmes se lient d'amitié et se découvrent d'étranges points communs.
Elles ont la même date de naissance, le 25 février, avec un demi-siècle d'écart, elles sont nées dans la même ville, Khabarovsk, et possèdent le même patronyme, car leurs pères s'appelaient Nicolaï.

Quinze ans d'allers-retours Vladisvostok-Yssingeaux
La journaliste qui nourrit l'envie de publier un ouvrage sur la vie passionnante de Larissa Andersen et ses poèmes, commence alors à collecter toutes ses archives et à réunir ses textes et poésies. Pendant près de 15 ans, la jeune femme effectue des allers-retours Vladisvostok-Yssingeaux. C'est ainsi qu'en 2006 à Moscou, la maison d'édition « La voie russe » a publié un premier recueil de poèmes et de souvenirs de Larissa Andersen, intitulé « Sur le pont ».

Le poète sous le charme de la poétesse
Mais le destin continue de tisser sa toile. Nicole Chevrier, une amie de Larissa Andersen, rencontre au cours d'un atelier d'écriture aux Estables en 2015, le poète et éditeur, Martial Meynadier, et lui fait découvrir les poèmes de l'artiste russe. Celui-ci tombe alors sous le charme de la poétesse.
Enthousiaste, il décide de publier un recueil bilingue, en Français et en Russe, des poèmes de Larissa Andersen, « Miroirs » aux éditions Le Parc, une maison d'édition associative qu'il a créée en Normandie.

Quarante ans à Yssingeaux
Vendredi soir, l'éditeur qui était venu présenter son recueil, était accompagné de Tamara Kaliberova et d'Ekaterina Gregorova, professeure de russe et interprète.
L'homme de lettres a décrit la vie de Larissa Chaize Andersen et a lu quelques uns de ses textes en Français puis Nicole Chevrier et Tamara Kaliberova, ont lu des textes en russe.
Une trentaine de personnes étaient présentes, notamment des amis qui ont bien connu la grande dame russe, et qui ont voulu lui rendre hommage.
Larissa Chaize Andersen a vécu près de 40 ans à Yssingeaux. Le destin de la poétesse russe s'est arrêtée à l'hôpital du Puy en Velay, en mars 2012, à l'âge de 101 ans.
Pour ceux qui souhaiteraient lire les textes de l'Yssingelaise d'adoption, le recueil de poèmes Miroirs aux éditions Le Parc est disponible à la médiathèque.

M-A.B.

 

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