Quand Cause des migrants et Musique ne font qu’un

Par Nicolas Defay dim 12/12/2021 - 17:00 , Mise à jour le 12/12/2021 à 17:00

Le samedi 18 décembre, un métissage de cultures, de volontés et de talents vont fusionner lors du festival Plizir Potager à Chadrac. Si ce jour du 18 décembre correspond à la Journée internationale des migrants, il sera aussi la démonstration que les petites forces indépendantes du département peuvent devenir un puissant torrent de solidarité une fois mises ensemble.

Tout est parti d’un fait d’hiver. Le 30 janvier 2021, un père de cœur annonce une grève de la faim pour sauver son fils de cœur. Pendant près de 20 jours, Eric Durupt refuse de s’alimenter pour faire pression sur l’État et notamment la préfecture de la Haute-Loire. Lui et sa compagne Véronique de Marconnay demandent corps et âme et des mois durant la régularisation de Madama Diawara, un jeune malien confié à leurs soins par un juge des enfants.

Face au mur imperturbable des services étatiques, toutes leurs requêtes sont balayées lentement, une à une, sans discussion. Face à ce pot de fer, d’innombrables pots de terres s’activent alors. Des manifestations se déclenchent chaque semaine. Les médias du pays tout entier se penchent sur le sujet. Des centaines de personnes se lèvent et hurlent pour que le jeune garçon accède à liberté de rester ici, de poursuivre son travail d’éleveur et de vivre tout simplement.

Pendant le festival de ce 18 décembre à Chadrac, Céline Breysse présentera et échangera autour de son livre qui sortira en 2022. Il est intitulé : "Good morning Nilanthi'' (- Journal d'une adoptée du Sri Lanka -EnQuête d'adoption''). Édité aux Éditions Reflets. Des préventes (prix réduit du prix de sortie) seront à disposition.

Trafic d'enfant

« Ça me fait beaucoup de choses à comprendre d’un coup ! Tout se mélange dans ma tête… J’ai le sentiment que tout s’effondre. Tout ce sur quoi je me suis construite pendant presque trente cinq ans n’a peut-être pas existé. Mes certitudes volent en éclats. Me voilà happée par une sensation d’impuissance, seule face à cette histoire, mon histoire [ …]Tout semble s’écrouler sous mes pieds… Je suis stupéfaite… Choquée. »

Novembre 2017, quelque part en Auvergne : Céline, Nilanthi de son prénom Sri Lankais, apprend brutalement l’existence d’un trafic d’enfants qui a meurtri le Sri Lanka durant les années 1980. Elle-même est née précisément sur cette île à la fin de l’année 1982. Est-elle concernée par cette histoire?

Effondrée intérieurement, mais déterminée à comprendre ce qu’il s’est passé en 1982, Céline remonte le fils de son histoire, seule, pour connaître sa vérité. Témoin confidentiel, tel un compagnon de route, le lecteur pourra ressentir ses peurs, explorer ses doutes, partager ses joies et déceptions au fil de cette « EnQuête » hors du commun. Une aventure humaine dans laquelle amitié, solidarité, engagement collectif, travail d’enquête, chance et rebondissements mèneront au plus profond de l’intime, au plus profond des origines, au plus profond des terres sri lankaises.

Invitée par les plus grands médias à partager ce périple de vie

C'est un sacré témoignage sincère et lumineux qui est porté là par une personne des plus engagées pour le respect du droit des Origines. Céline Breysse, Educatrice Spécialisée, est Fondatrice du groupe d’entre-aide « Adoptés du Srilanka-Aide à la recherche d’Origine-InfoFraude ».

Elle a participé à l’émission Envoyé spécial et de nombreux articles relaient son action pour la réunification des familles (L’Obs, Le Parisien, Le Progrès, le magazine Accueil de EFA et la Voix des Adoptés). Elle a été reçue plusieurs fois au ministère des Affaires étrangères, au Quai D’Orsay.

Madama(s), hymne pour la cause

Parmi ces pots de terres, des musiciens. Ceux de Lo Radouka, de Gens Bons Beurs, d’Artémis et bien d’autres se regroupent alors pour tenter quelque chose. Et en moins d’une semaine, une chanson est écrite, jouée, orchestrée et enregistrée. « Madama(s) » devient alors le cri de ralliement pour la cause du jeune malien et de tous les autres migrants confrontés à ce même problème de société...humaine.

« Redouan de Gens Bons Beurs ne voulait pas qu’on s’arrête là, explique Rémi Peyrache, musicien bien connu des scènes altiligériennes. Partant de cette première chanson Madama(s), nous avons alors fondé le collectif d’artistes Free d’Hôm. Deux mois après, notre premier album est disponible avec six chansons à l’intérieur ». Sur celle intitulée Ah’Lech, des jeunes migrants non accompagnés (MNA) du lycée professionnel Auguste Aymard à Espaly prêtent d’ailleurs leurs propres voix.

« Des Madama, il y en a 16 en Haute-Loire. Ils sont confrontés à une violence administrative insoutenable, martelés par une pression d’État insupportable. Et lorsqu’ils se retrouvent à la rue pour ne pas retourner dans leur pays qu’ils ont fui pour survivre, ces gosses sont plongés dans un autre genre de violences, faites de clandestinité, d’esclavage humain et sexuel ». Le Resf 43

Quoi, quand, où…

Le samedi 18 décembre à la MPT de Chadrac dès 14 heures. Concert à partir de 20h30.
Prix d’entrée pour l’après-midi : un kilo de légumes. (Bien apporter son bol et ses couverts !)
Prix pour les concerts : 5 euros ou plus
Prix de l’album Free d’Hôm : 5 euros ou plus
Tous les bénéfices sont reversés à Resf 43
Contact: 06 22 90 33 80 Pour la page Facebook, c’est ICI

Prix d’entrée, un kilo de légume

Toujours dans cet esprit d’un métissage sans frontière, le Resf (Réseau Éducation Sans Frontière) et Free d’Hôm organisent un évènement d’envergure tant par le contenu que par la symbolique. « Il nous était des plus cohérents de choisir la date 18 décembre, date qui correspond à la journée internationale des migrants, pour mettre en place notre festival Plizir Potager", livre Aziz, du groupe des G2B.

Le musicien continue : "Dès 14 heures, il y aura des animations telles que des jeux divers, la venue d’un clown, de la danse, du maquillage, la présence d’une masseuse également. Le prix d’entrée pour cette après-midi est un kilo de légumes que nous utiliserons pour faire une soupe géante en début de soirée. »
Et dès 20h30, c’est toute une ribambelle de groupes et de musiciens qui vont se succéder sur la scène de la Couveuse à Chadrac.

Les musicos ? Il y aura, entre autres, Lo Radzouka, Wicked Band, Thomso, Whashing Machine Club, G2B, Sr entre amis...

« C’est un bonheur d’assister à ça. C’est d’une grande fraternité. C’est un espoir pour tous ! »

Le prix d’entrée pour le concert est de 5 euros ou plus. L’album de Free d’Hôm en vente sur place sera également proposé au même prix. « Tous les bénéfices récoltés seront intégralement reversés à Resf 43, note Rémi Peyrache. Mais outre les aider financièrement comme on peut, nous voulons également mettre en avant, par le bais de ce festival, tout le travail qu’accomplit le réseau. »

Un membre du Resf conclue ainsi : « Que tous ces musiciens, tous ces techniciens, tous ces artistes se réunissent ainsi pour notre bénéfice, cela nous touche profondément. C’est un bonheur d’assister à ça. C’est d’une grande fraternité. C’est un espoir pour tous ! ».

Ci-dessous, une des six chansons du 1er album du collectif Free d'Hôm ▼

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2 commentaires

du

lun 13/12/2021 - 23:24

Merci et bravo. Nous avons besoin de vous et d'initiatives comme celle-ci pour montrer que ce monde où nous vivons n'est pas encore celui du racisme et de la bêtise, un monde où la solidarité et la joie de vivre ensemble l'emportent sur la haine et l'exclusion.

li

dim 12/12/2021 - 18:41

Bravo à tous ! et bravo au journaliste de plaider cette belle cause. J'en ai des frissons d'émotions et... du chagrin...

Témoigner reste la meilleure façon de faire changer les opinions malsaines ou mauvaises. Je ne connaissais rien de ce trafic d'enfants Sri Lankais... Je savais pour Haïti ou Madagascar. Quelle horreur. Bravo à vous, Céline Nilhanti.

Lo Radzouka excellent groupe, vu cet été