Protection contre le loup : presque dix fois moins d'investissements en Haute-Loire

sam 11/07/2020 - 19:08 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:07

Si cette année, on n'entend guère parler du loup mais plutôt des vautours en Haute-Loire, le département est concrètement concerné par la problématique du loup depuis le 19 octobre 2014, date de la première attaque sur un troupeau ovin pour laquelle la responsabilité du loup n’a pu être exclue. Après quelques attaques et observations de loup entre 2014 et 2016, les indices de présence ont depuis chuté, conduisant par exemple en 2018, à la validation d’aucune observation et à l’indemnisation d’une seule attaque (9 brebis à Chanteuges) mais issue d’un constat ne pouvant simplement pas exclure formellement la responsabilité du loup.
En 2019, une seule attaque a été indemnisée (à Saint Étienne du Vigan, le 24 mai) et seule une observation visuelle sur le secteur d’Yssingeaux a été retenue comme pouvant correspondre à un loup. A noter la mort accidentelle d’un loup à moins de 30 km de Pradelles en Lozère (bord de route), le 23 mai 2019 à Chateauneuf-de-Randon, montrant que le loup peut circuler sur le département de la Haute-Loire.
Compte tenu des attaques de loup constatées en 2019, en particulier dans les départements limitrophes de la Haute-Loire (Cantal, Ardèche, Lozère), la protection des troupeaux ovins et caprins est toujours subventionnée en 2020 dans certaines communes de Haute-Loire. Mais pour prétendre à ces aides, il faut appartenir à un certain zonage, qui a de nouveau évoluer cette année.

----Rappelons que si des éleveurs n'appartenant pas à ces zones subissent une attaque de loup, ils pourront bénéficier d'indemnisations malgré tout, via des crédits d'urgence de la DDT (direction départementale des territoires).-----Un zonage élargi, mais avec un degré de dangerosité bien miondre
Le zonage qui définit les communes où des mesures de protection peuvent être subventionnées a été considérablement modifié en 2020 : il y a désormais quatre communes dans le cercle 2 (il y en avait 26 l'an dernier) : Chanaleilles, Thoras, Pradelles et Saint-Etienne-du-Vigan. Ce cercle correspond à des communes où "des actions de prévention sont nécessaires du fait de la survenue possible de la prédation par le loup", stipule l'arrêté préfectoral.
Plus aucune commune de Haute-Loire n'entre dans le cercle 1 (il yen avait trois l'an dernier). En revanche, on recense 70 communes du département dans le cercle 3 cette année, un cercle nouvellement créé où "des actions de prévention sont encouragées du fait de la survenue possible de la prédation par le loup à moyen terme", selon l'arrêté préfectoral.

Pour le détail des 70 communes en cercle 3, voici ci-dessous le zonage pour 2020 et celui de l'an dernier en comparaison : 

----Le département de la Haute-Loire fait partie des trois départements pilotes (avec la Savoie et la Lorraine) où on étudie un caractère de non protégeabilité. les critères demeurent à définir mais des troupeaux (ou partie de troupeau) peuvent être reconnus « non protégeables ». Dans ce cas, les conditions d’indemnisation peuvent être assouplies et le tir de défense autorisé.-----Quelles mesures en Haute-loire ?
Un comité de suivi du loup, constitué par arrêté préfectoral du 4 décembre 2014, regroupant les principaux partenaires (notamment représentants agricoles), permet de faire le point sur les procédures en vigueur et leur mise en œuvre dans le département. Il s’est réuni le 25 mars 2019 sans mettre en évidence de problématique particulière au département. Il se réunira de nouveau cet automne.
Notons que deux arrêtés préfectoraux autorisent des tirs de défense pour une durée de 5 ans (jusqu’en juin 2022) par deux éleveurs. Enfin, des aides au titre du « plan de développement rural Auvergne » sont proposés pour les agriculteurs, finançant les mesures de protection (clôtures, effaroucheurs, chiens de protection, gardiens pour les troupeaux...), en fonction du zonage en cercles 0, 1, 2 et 3.
Ces aides, justement, sont en très nette diminution (conformément au déclassement des communes et à la présence du loup de moins en moins fréquente), comme on peut le constater dans l'infographie ci-dessous : 

Note : les montants des subventions pour 2020 sont prévisionnels car non encore instruits

De nombreuses attaques sont imputées au loup, mais peu sont avérées
En 2017, une multitude d'attaques avait été imputée au loup, que ce soit à Ste-Florine, St-Haon, Vergongheon, St-Front, Solignac, St-Germain-laprade, St-Pierre-du-Champ, St-Jean-de-Nay, St-Bérain ou encore Yssingeaux : à chaque fois, la présence du loup a été formellement écartée selon les analyses de l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage).

Pour indemniser les éleveurs, parfois, "on achète la paix sociale"
Pour rappel, en cette même année 2017, seules deux attaques ont été reconnues par les services de l'État : d'abord à Saint-Julien-du-Pinet, où 16 brebis et 5 béliers ont péri, puis à Chanaleilles (deux brebis et un bélier), les deux en novembre. Puis deux cadavres de poulains avaient fait l'objet d'analyse (à La Beysseyre Saint Mary et à Céaux d'Allègre), et la responsabilité du loup avait été écartée.
Comme l'avait alors exposé Zoomdici, la question des indemnisations peut inciter à pointer du doigt le loup plutôt que les chiens errants et parfois, "on achète la paix sociale", nous confiait le secrétaire général de la FDSEA de Haute-Loire Thierry Cubizolles.

A l'issue de l'hiver 2018-2019, la population de loups en France est estimée à 530 individus.

Maxime Pitavy

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