Prostitution de mineur: ''J’ai toujours trouvé qu’il faisait l’âge de 18 ans''

mar 10/05/2016 - 20:18 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:41

Ce mardi 10 mai, un homme de 42 ans est venu devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay pour revenir sur des recours à la prostitution d’un mineur de 15 ans entre le 6 juin et le 14 septembre 2015 à Brives-Charensac. Il est également reconnu coupable pour avoir encouragé cet ado à consommer des stupéfiants. Ni l'adolescent, ni ses représentants légaux n'étaient présents. C'est l'UDAF (Union Départementale des Associations Familiales) qui s'est constituée partie civile.
« Sur son compte Facebook, il y avait écrit qu’il était majeur »
L’adolescent présente des fragilités. C’est au cours d’un de ses séjours à l’hôpital psychiatrique Sainte-Marie du Puy-en-Velay qu’il s’est confié au personnel : il a des relations sexuelles avec des hommes adultes. Avertis, les parents ont réagi en déposant plainte. Trois affaires judiciaires en sont issues dont celle de ce jour.
Le 6 juin 2015, le quadragénaire présent à la barre, rencontre l'adolescent, un ami de la fille de son ----Déjà connu
« Êtes-vous attiré par les mineurs ? » « Non. »  Son casier judiciaire fait, entre autres, mention d'agressions sexuelles sur un mineur. Une relation que les parents du jeune n'auraient pas acceptée d'après le quadragénaire. Depuis septembre 2015, il a refait sa vie avec un autre homme.-----ex-compagne. Ils font connaissance et, petit à petit, ils entrent dans une relation sur fond de drogue.
« J’ai toujours trouvé qu’il faisait l’âge de 18 ans. (…) Il n’avait pas sa pièce d’identité, se défend l’homme devant le tribunal. Je n’ai su qu’il était mineur que fin août. » « Il était ami avec la fille de votre ex-compagne, vous deviez vous douter qu’ils avaient le même âge ? », s’agace la présidente, Marielle Aygalenq. La tête baissée, le quadragénaire tente d’expliquer sans vraiment convaincre l’assemblée : « Sur son compte Facebook, il y avait écrit qu’il était majeur ». Pour ce qui est de la drogue, ils la consommaient ensemble. Le quadragénaire en fait un "usage thérapeutique" pour réduire les maux liés à une longue maladie.
« C’est de la prostitution »
« Je suis resté avec lui par intérêt », a expliqué l’adolescent lors de ses auditions. Téléphones, forfait, bijoux, argent… Les cadeaux ont atteint une valeur de 300 euros en moins de trois mois. « Souvent, après un rapport, il me donnait quelque chose. » La président synthétise : « C’est de la prostitution ». Le quadragénaire gêné, nie : « Je n’ai jamais offert quoi que ce soit en échange. Si j’ai offert c’est parce que je le voulais ».
L’adolescent parlait de chantage affectif : « Il disait que si je le quittais, il ne s’en remettrait pas ». Les versions divergent. Le jeune homme présentait des traces de mutilations. Pour autant, le quadragénaire n’y a pas vu un signe de fragilité. D'après le dossier médical, l'adolescent présente des troubles de la personnalité ainsi que des troubles suicidaires. Il décrit une relation positive qui s'est dégradée et dans laquelle il s'est senti pris au piège.

Le tribunal a finalement suivi les réquisitions du procureur, Jacques Louvier. Le quadragénaire écope de douze mois de prison dont quatre avec sursis. Il sera dans l'obligation de suivre des soins et il lui est interdit d'entrer en contact avec l'adolescent.

Emma Jouve

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