Privilégier les Drives plutôt que les magasins

lun 23/03/2020 - 17:03 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:04

"Je fais actuellement des contrôles dans les Super marchés en Haute-Loire et il va y avoir de problèmes ! Les magasins de distributions modernes vont devenir de véritables foyers infectieux s'ils ne privilégient pas les Drive !" Tels sont les propos alarmistes de Jean-Paul Pourade, détenteur d'un Curriculum Vitae impressionnant dans la sphère de la sécurité. Actuellement, consultant formateur en Hygiène Qualité Sécurité et Environnement (HQSE), l'homme au soixante-dix printemps pointe du doigt et l'ignorance des clients et le cynisme des directions des grandes surfaces.

Des mesures de sécurité inefficaces
Comme tout le monde le sait à présent, une distance d'au moins un mètre est à respecter entre chaque personne. "Cette procédure est en général suivie par les gens, admet Jean-Paul Pourade. Mais une fois à l'intérieur du magasin, tout devient bien plus chaotique. D'autre part, des centaines de personnes ont touché les produits. Même si nous portons des gants, nous faisons tous des gestes inconscients comme porter ses doigts à sa bouche ou aux yeux, ceci des dizaines de fois par jour".

Tout passer à la javel
D'après le spécialiste, le mode du Drive permet de diviser par mille les risques de propagation du coronavirus. "Il n'y a que des avantages, appuie-t-il. Je vais sur internet, je choisis mes produits et je commande en payant avec mon numéro de carte bancaire. Je pars pour être à l'heure du rendez-vous, rendez-vous qui va durer à peine cinq minutes. J'ouvre mon coffre et je rentre aussitôt dans ma voiture. L'employé dépose les produits et ferme le coffre. Terminé." Une fois à domicile, Jean-Paul Pourade conseille de jeter les sacs dans la poubelle et de passer tous les paquets à l'eau de javel. "Même pour les fruits et légumes, il faut diluer quelques gouttes de détergeant dans de l'eau pour tout enlever", souligne-t-il.

Le Drive permet de sauvegarder les stocks
"L'autre côté pervers des magasins dans cette situation de psychose est de toujours plus alimenter ses rayons devant l'afflux effréné de certaines personnes, insiste Jean-Paul Pourade. Des clients vont acheter un nombre inconsidéré de paquets de pâtes et de rouleau de papiers toilettes par peur d'en manquer un jour. Et les directions ne vont rien faire pour arrêter cette corne d'abondance." D'après le spécialiste, les Drive se vident de produits car beaucoup moins alimentés que les établissements en dur. "Pourtant, le Drive permettrait de réguler l'achat des consommateurs en interdisant, par exemple, la commande de plus de cinq paquets de pâtes", avertit-il.

"Nous devons être beaucoup plus conscients de nos gestes qui sont loin d'être appropriés à ce cataclysme"
À la question de savoir comment faire avec les personnes non équipées d'un ordinateur, d'internet ou dans l'incapacité d'utiliser les services du Drive, Jean-Paul Pourade apporte des éléments de réponses. "Il faut qu'il y ait rapidement une volonté politique pour former des jeunes sur le problème. Pourquoi ne pas proposer à des étudiants, par exemple, d'intégrer un service en ce sens ? Ils prendraient la commande de ces personnes et iraient chercher leurs courses. Il faut que les services sociaux s'emparent de la problématique." Du haut de sa longue carrière en hygiène et sécurité, Jean-Paul Pourade le répète encore : "Nous devons être beaucoup plus conscients de nos gestes qui sont loin d'être appropriés à ce cataclysme, aussi bien ceux des gens que ceux des dirigeants des grandes enseignes".

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