Près d'un millier de cheminots défilent au Puy

ven 14/04/2017 - 14:57 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:45

----La préfecture parle de 600 manifestants et la CGT évoque quant à elle la présence de 1100 personnes ayant battu le pavé ponot.
-----Les centaines de cheminots CGT et de membres d'associations d'usagers venant de tout Auvergne-Rhône-Alpes, ont manifesté ce vendredi 4 avril 2017, à la mi-journée, dans le centre-ville du Puy-en-Velay. Ils ont choisi le fief de Laurent Wauquiez pour marquer leur désaccord avec sa gestion du ferrovière au sein de la Région.

«Pas venus au Puy pour nous payer Wauquiez»
Les syndicalistes ont précisé : « nous ne sommes pas venus au Puy pour nous payer Wauquiez. Nous avons demandé à être entendus au niveau du conseil régional, mais personne n'a voulu nous recevoir. Voilà pourquoi nous avons décidé de venir ici, au Puy, sur les terres du président de la Région. Un département de la Haute-Loire particulièrement désertée par les sevices publics.»
Un choix tout symbolique donc, de la part de la CGT, qui réalise ici un vrai coup de force. Un coup de force qui se veut aussi un coup de semonce : « Nous resterons mobilisés et une nouvelle action sera décidée avant l'été », prévient-on du côté du syndicat majoritaire chez les cheminots.
Rappelons que ces derniers veulent défendre la place du rail au moment où les négociations entre la Région et la Sncf s’ouvrent pour la future convention TER.

Crainte surjouée des débordements ?
Concernant le cortège en lui-même, est-ce dans un souci de tourisme syndical que les manifestants ont tenu à emmener leurs troupes devant l'ancienne permanence régionale du boulevard Carnot ?
En tout cas, cette permanence ne remplit plus réellement cette fonction, même si il y aurait encore du personnel régional travaillant ici.
Mais du côté des cégétistes, on s'émeut un peu de savoir que si la vocation de ce local n'est plus réellement d'actualité, « les enseignes avec les logos et la décoration ont été déménagés dans la semaine précédant la manifestation de ce jour. »
Pour la CGT, « c'est une manière stupide d'affecter la crainte des débordements, on a eu peur que l'on dégrade ce local, alors que nous voulions juste refaire un peu la déco », ironisent les cheminots qui ont collé quelques affichettes Auvergne-Rhône-Alpes sur la vitrine de l'ancienne permanence.

Mais aucun incident à déplorer
En vérité, la manifestation s'est passée dans le calme et les quelques policiers qui ont sécurisé le passage du cortège n'ont pas eu à intervenir auprès des manifestants.
Ceux-ci avaient également appris que plusieurs cars de CRS stationnaient à la gendarmerie – selon le groupement de gendarmerie de la Haute-Loire, ces personnels étaient de passage et là par pur coïncidence.
Une coïncidence qui passe mal chez les manifestants : « On sait qu'ils espéraient des débordements, comme si la CGT avait pour habitude de détériorer des équipements publics.»

Le communiqué de Laurent Wauquiez
Laurent Wauquiez répond aux manifestants qu'il s'agit plutôt de faire valoir leurs arguments auprès de la Sncf. Son communiqué :
"Manifestation au Puy : la CGT se trompe d’interlocuteur
Ce vendredi, les cheminots CGT d’Auvergne-Rhône-Alpes ont appelé à un rassemblement régional au Puy-en-Velay. Au regard des revendications exprimées par la CGT, le choix du lieu de cette mobilisation - au Puy-en-Velay - ne trompe personne. En cherchant à faire un « coup » dans la ville du Président de la Région, la CGT se trompe d’interlocuteur. C’est à Paris, au siège de la SNCF, que le syndicat devrait exposer ses doléances.
D’ailleurs, depuis janvier 2016, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a pris ses responsabilités en matière de transports et a financé un plan inédit de sauvetage des petites lignes menacées de fermeture faute d’entretien. A la fin du dernier mandat, le constat était accablant : plus de 1 000 km de petites lignes étaient menacés de fermeture, dont les deux tiers du réseau auvergnat. 264 millions d'euros sont désormais inscrits au Contrat de plan Etat-Région avec un investissement exceptionnel de la Région de 111 millions d'euros.
En Haute-Loire, les travaux de rénovation de la ligne la ligne Saint-Etienne/Le Puy-en-Velay par Firminy ont déjà débuté. Elle sera ainsi sauvée grâce à l’engagement de la Région, tout comme la ligne Saint-Georges-d'Aurac/Le-Puy-en-Velay qui aurait fermé dès 2019 sans plan de sauvetage.
La Région a donc pris la mesure des difficultés auxquelles sont exposés les usagers d’Auvergne-Rhône-Alpes en proposant notamment un plan dont la mise en oeuvre a débuté.
Laurent Wauquiez rappelle enfin qu’il a reçu les syndicalistes cheminots au siège de Clermont-Ferrand, de même que Patrick Mignol, Vice-président délégué aux Transports. La tentative de manipulation de la CGT ne peut que desservir les usagers des TER."

J.J.

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