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Le Pertuis

Pourquoi cette grue de la colère sur la RN 88 ?

mer 04/05/2016 - 19:05 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:41

Depuis dimanche soir, les usagers de la RN88 Nord ne peuvent manquer de remarquer une grue sur le bord de la RN88 au Pertuis, au niveau de l'ancien restaurant.
La grue soulève un container de 3,5 tonnes sur lequel est inscrit à la peinture verte « GPE AS24 en grève RN88 - A75 » suivi du dessin d'une potence à côté du sigle « TGI » (tribunal de grande instance).

"Comme par magie, le dossier de tours de garde a été perdu"
AS24 signifie Assistance 24. Il s'agit de l'entreprise de dépannage de poids lourds basée à Saint-Germain Laprade. Le dirigeant, Michel Joubert, proteste contre le fait de ne plus figurer au calendrier des astreintes pour les interventions de dépannages sur l'A75 sur les portions du Cantal, de la Lozère et l'Aveyron.
« Nous avons répondu à l'appel d'offres et nous avons été agréé mais, comme par magie, le dossier de tours de garde a été perdu il y a un an et depuis nous ne sommes plus sollicités, silence radio », nous confie-t-il.

D'importants impayés de l'Etat qui plongent l'entreprise dans des difficultés financières
En fait, l'affaire est complexe. Et les informations contradictoires. En toile de fond, une société plongée dans les difficultés financières, en grande partie, à cause des impayés de l'Etat. Environ 100 000 euros, selon Michel Joubert, sachant que l'Etat est le seul à pouvoir se permettre des délais de paiement de trois ans sans être inquiété. Selon nos informations, ces impayés sont effectifs.
Le dirigeant raconte avoir fait la grève des interventions sur l'A75, sur la portion Clermont-Ferrand, pour espérer débloquer la situation sur les portions Cantal - Lozère - Aveyron. D'autres laissent entendre qu'il ne s'agissait pas d'une véritable grève mais d'un de ses employés qui refusait des interventions, conséquence de la situation financière tendue de l'entreprise. Toujours est-il que le responsable du calendrier des astreintes de l'A75, à la DIR MC (Direction interrégionale des routes Massif central), aurait enlevé Assistance 24 des prestataires. « Mon concurrent de chez Renault, les garages Faurie, qui compte 11 concessions, a été sollicité pour qu'il fasse une candidature sur les portions Cantal - Lozère – Aveyron, confie Michel Joubert, il a été étonné et m'a appelé pour me demander pourquoi ce n'était pas moi ».

Menotté pour avoir menacé de bloquer l'A75
Le conflit s'est envenimé au point que Michel Joubert menace de bloquer l'A75 le 15 août dernier. Les gendarmes lui ont rendu visite. Le ton est monté. Selon nos informations, le dirigeant aurait alors poussé légèrement un haut gradé de la gendarmerie du Puy-en-Velay d'un revers de main.
Sur ce motif – on aurait presque envie de dire prétexte – les gendarmes ont menotté le dépanneur et l'ont emmené au poste, à Saint-Julien Chapteuil, pour rébellion sur personne dépositaire de l'autorité publique. Une procédure du parquet a été ouverte. Michel Joubert a été retenu trois heures, jusqu'à ce que le parquet demande aux gendarmes de libérer le chef d'entreprise compte tenu de la faible importance du délit reproché.

Pourrissement et statu quo
Depuis, on assiste à un pourrissement de la situation, en statu quo. Aujourd'hui, Michel Joubert n'exclut pas de bloquer la RN88.
D'autant qu'une audience au tribunal de commerce du Puy approche, au début de l'été, pour tenter d'extriquer la société hors des difficultés financières.

Annabel Walker

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