Pont-Salomon : elle fait 500 km pour apprendre à manier une faulx

lun 01/06/2015 - 19:21 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:34

L'anglaise, aujourd'hui âgée de 76 ans, prend contact avec l'association. Vendredi elle voyage, dort dans un hôtel d'Aurec-sur-Loire et nous la retrouvons fraîche et pimpante sur le pré samedi matin.
Conseillée, pilotée par des faucheurs pédagogues et aguerris, elle a progressé à grands pas. Elle est repartie enchantée avec dans ses bagages un savoir faire d'élève assidue et une enclumette, outil servant à taper la faux qu'André Chapeland, l'ancien président de l'association, lui a gracieusement offert.

Qu'est-ce que c'est une faux ? De quand ça date ?
En deux heures d'apprentissage seulement, Jeronime a déjà bien appris à manier la faulx et témoignait d'une certaine aisance en fin de matinée. Désormais, elle sait notamment qu'il faut donner le bon angle pour un rendement optimal.
Nul doute qu'on la reverra prochainement à Pont-Salomon, mais probablement pas cette année car son emploi du temps ne lui permet pas d'être libre le dimanche 28 juin, jour de la fête de la faulx et du concours de fauchage.

Comment utiliser une faulx ?
Le fauchage requiert un apprentissage spécifique. La description ci-dessous concerne un faucheur droitier. Inverser tout pour un gaucher. Le faucheur reste droit pendant la fauche. Il fait face à la coulée qu'il va faucher. La lame repose au sol, la pointe à la droite du faucheur et donc le manche un peu en retrait derrière lui. Il effectue un mouvement latéral des deux bras pour amener l'herbe fauchée à gauche de son passage.
Il repousse la faux au point de départ de la nouvelle coupe, la lame s'appuyant toujours sur le sol et fait un petit pas de la largeur d'herbe fauchée. La largeur d'herbe fauchée est la même pendant tout le mouvement. Elle ne dépasse pas 10 cm et dépend du contexte (dureté de l'herbe, sa hauteur, présence de rosée). Pendant la fauche la lame repose toujours au sol pour éviter la fatigue.

Pont-Salomon, terre de faulx
Proche du bassin stéphanois et de la Semène, qui apporte l’énergie hydraulique nécessaire, Pont-Salomon était propice à l'installation de forges. En 1842, Alexis Massenet, qui possédait une usine de faulx dans la Loire achète et transforme d’anciennes papeteries et un moulin à Pont-Salomon en atelier de fabrication de faulx.
L'activité va se développer et de nouveaux sites sont construits. De nombreux ouvriers travaillent alors à Pont-Salomon et des logements ouvriers sont construits. Pont-Salomon connait son essor. La commune est créée en 1865 grâce à Fleury Binachon, directeur des usines de l’époque.
Aujourd'hui encore, les vestiges de cette époque sont visibles, des anciens ateliers de fabrication aux édifices publics tels que l’église, les jardins ouvriers, en passant par les logements ouvriers... autant d'éléments qui constituent un patrimoine à part entière, particulièrement mis en avant au musée de la faulx de la commune.

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