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PNR du Haut-Allier : une pétition pour tout relancer ?

mer 16/01/2019 - 17:53 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:55

Au printemps 2016, le dossier du Parc naturel régional (PNR) avait agité la toile. D'abord, ce sont les trois chambres consulaires qui avaient exprimé leur opposition au projet, puis le président de Région Laurent Wauquiez était entré dans la danse à son tour en signifiant ses craintes et en annonçant l'arrêt du projet.
Les acteurs de terrain, à l'initiative de Bruno Depalle, avaient déjà dégainé une pétition pour soutenir le PNR du Haut-Allier (environ 4 500 signatures), pétition soutenue notamment par les associations écologistes REN 43 et SOS Loire Vivante. Comme le rappellent ces deux associations, ce rétropédalage va à l'encontre des votes et délibérations des 65 communes, 2 régions, 2 départements et 10 communautés de communes qui se sont déclarées favorables à la création du Parc Naturel Régional Sources et Gorges du Haut-Allier.
Enfin Guy Vissac, l'un des fondateurs du Syndicat mixte d'aménagement du territoire (SMAT) du Haut-Allier et initiateur du projet de parc, a pris la plume pour canaliser sa colère. Il a envoyé en recommandé une lettre à Laurent Wauquiez ainsi qu'à divers élus concernés par ce PNR, où il déplorait : "c'est infamant pour moi, c'est injuste pour tous".

"Réserve d'indiens" ou une "chance pour dynamiser le territoire" ?
C'est dans cette question que tout l'antagonisme des divers acteurs s'est cristallisée, comme l'avait rapporté Zoomdici en mai 2016. D'un côté, la "mise sous cloche", le "gaspillage de l'argent public" et la "réserve d'indiens" sont les principaux éléments de langage d'opposition au projet.
De l'autre côté, les défenseurs du PNR parlent d'un "projet qui vise à bâtir un programme d'actions pour les 12 prochaines années, qui conjugue la préservation de nos patrimoines, le développement économique et social et d’augmenter la notoriété de notre territoire". 

"Le contrat de territoire n'a pas à ce jour tenu ses promesses"
Laurent Wauquiez, qui avait finalement rejeté le PNR, avait proposé en substitution un contrat de territoire afin de financer directement les collectivités qui l'acceptent. "Un important risque clientéliste" avait alors été pointé du doigt par le REN 43, qui avait abattu sa dernière carte en sollicitant Ségolène Royal, alors Ministre de l'Ecologie.
Selon ce même REN 43, associé au lancement, ce mardi 15 janvier 2019, de la pétition qui a donc recueilli une centaine de signatures d'élus du secteur, "le contrat de territoire n'a pas à ce jour tenu ses promesses : 2,5 M€ prévus chaque année pendant six ans ; seulement 4,4 M€ versés à ce jour ; pour rappel le budget prévu dans la charte du Parc permettait de lever un budget de 5,4 M€ pour le territoire sur la même période".

Ces chiffres sont contestés par le conseiller régionale et député de la circonscription Le Puy - Brioude, Jean-Pierre Vigier qui certifie que 15M€ sont alloués au Haut-Allier sur six dans le contrat de territoire.

----Aucune valeure juridique et un avis seulement consultatif
La pétition n'a cependant aucune valeur juridique (elle n'est qu'un moyen de pression), elle ne peut ainsi qu'être incitative pour le Conseil régional... qui émet lui même un avis qui n'est que consultatif pour l'État.
-----L'espoir de réouverture de négociations pour la création du PNR
"Ce territoire a besoin d'un projet plus structuré à long terme, à l'échelle du bassin de vie pour valoriser les patrimoines naturels et culturels, créer des emplois, développer des activités touristiques, etc. Il est urgent de ré-ouvrir les négociations pour prévoir sa création". Pour le REN 43, l'annulation de la délibération de la Région Auvergne Rhône-Alpes, abrogeant le Parc naturel régional des Sources et Gorges du Haut-Allier, est "une formidable nouvelle" car il espère qu'elle va permettre d'aboutir finalement à la création de ce PNR du Haut-Allier.
"Cette décision du Tribunal administratif de Lyon, en réponse au recours de Fabienne Grebert, conseillère régionale du Rassemblement citoyen écologiste et solidaire (RCES), est une bonne décision pour la démocratie", juge Jean-Jacques Orfeuvre, vice-président du REN 43 chargé du PNR, "elle deviendrait très mauvaise si à la suite de la décision de justice, l'exécutif régional n'infléchissait nullement sa décision et donnait l'impression d'une main mise sur le territoire et sur ses élus".

Ce n'est de toute façon pas la compétence de la Région
L'entourage du président de Région Laurent Wauquiez avait déjà précisé à l'AFP début janvier que cette décision n'aurait aucune conséquence pour le territoire. "La création d'un PNR relève uniquement de la compétence de l'Etat et la délibération de 2016 n'était qu'un simple avis, consultatif donc, pour que l'Etat fonde sa décision". En d'autres termes, la balle est dans le camp de l'Etat, qui n'a "toujours pas pris de décret de création".

Maxime Pitavy

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