Panne sèche pour les voitures neuves ?

Par Nicolas Defay mer 19/01/2022 - 12:00 , Mise à jour le 19/01/2022 à 12:00

Que ce soit à l’échelle de la grande région que de la Haute-Loire, les nouvelles immatriculations sont en berne. Depuis 2018, elles enregistrent une baisse de 30 %, deuxième département le plus touché d’Auvergne-Rhône-Alpes. Sous ce chiffre, une nuance de taille est tout de même à apporter entre immatriculation et vente réelle des voitures.

Si la lanterne rouge est le Cantal, la Haute-Loire la suit de près. Dans le département, ce sont 1 800 immatriculations de voitures neuves en moins qu’il y a quatre ans, soit une baisse de 30,3 % précisément. En 2018, 5 803 nouvelles immatriculations étaient enregistrées, 4 044 en 2021. Cette saignée est certes généralisée à l’ensemble du pays mais reste très marquée dans le 43ème département français d’après le site cartegrise.com

Le marché de la voiture neuve a connu en 2020 une chute historique d’environ 25% par rapport à 2019. D’une année sur l’autre, les immatriculations ont baissé de près de 600 000 véhicules, passant de 2,242 millions d’unités à 1,685 million, soit le chiffre le plus bas enregistré en France depuis… 1975.*

« Les confinements successifs et les restrictions sanitaires ne sont pas étrangères à ce constat »

Pour continuer avec les chiffres du site, la courbe départementale n’a cessé de pointer vers le bas depuis 2018 mais avec moins de perte entre 2020 et 2021. D’après cette même source, le ratio de nouvelles immatriculations dans cette période n’a été que de -4 % en Haute-Loire. « Il est clair que nous vendons bien moins de voitures neuves, affirme un commercial souhaitant rester anonyme par soucis de confidentialité de sa marque. C’est environ un cinquième en moins par rapport à 2019. Je pense que les confinements successifs et les restrictions sanitaires ne sont pas étrangères à ce constat. D’ailleurs, la courbe commence à s’inverser cette année en stagnant à présent ».

« Le comptage des immatriculations est un mauvais indicateur »

Derrière la porte de Volkswagen à Saint-Germain-Laprade, Thomas Jouve, commercial, souligne tout de même qu’il faut bien faire la différence entre immatriculation et vente de véhicules neufs. « Le comptage des immatriculations est un mauvais indicateur pour expliquer la réalité du marché, selon moi, explique le professionnel. Car les délais entre la commande du client et la disponibilité de son véhicule peuvent être très longs, de l’ordre de 11 à 12 mois en ce qui me concerne. Ce qui veut dire que l’immatriculation de ce véhicule va également subir ce délai alors que mon carnet de commandes se remplit progressivement ».

L’année 2021 était espérée comme le rebond pour le secteur automobile. Mais c’était sans compter la pénurie mondiale de semi-conducteurs, éléments indispensables aux puces électroniques qui équipent toutes les voitures actuelles.*

« J’ai près de 45 voitures qui m’ont été commandées et qui ne sont toujours pas fabriquées »

D’après Thomas Jouve, à l’opposé de l’étude faite par cartegrise.com sur les nouvelles immatriculations, son équipe a vendu 30 voitures de plus qu’en 2019. « Actuellement, j’ai près de 45 voitures qui m’ont été commandées et qui ne sont toujours pas fabriquées, ajoute-t-il. Il faut bien prendre en compte ce paramètre pour expliquer le marché de l’automobile ». Un marché qui semble changer diamétralement de visage notamment avec la vente de voitures d’occasion qui explose, tout comme les contrats en leasing.

L'électrique a dépassé le diesel en décembre

En décembre 2021, il s'est vendu en Europe plus de voitures électriques que de véhicules à moteur diesel qui sont en perte de vitesse depuis 2015 et le "Dieselgate".
160 000 voitures diesel ont trouvé preneur en Europe contre 176 000 véhicules électriques.

« La petite citadine diesel ! Ses ventes se sont effondrées »

« Encore une fois, c’est la disponibilité du véhicule qui importe prioritairement au client, assure Thomas Jouve. D’où cette augmentation fulgurante de l’occasion. Les voitures âgées d’un an et en très bon état partent d’ailleurs avec des prix très proches du neuf. Les gens sont prêts à investir un peu plus pour obtenir ce genre de voitures car elles sont présentes et irréprochables. »

Selon lui, le caillou dans la chaussure du marché de l’occasion est un modèle que tout le monde s’arrachait jadis. « La petite citadine diesel ! Ses ventes se sont effondrées. Beaucoup de nos clients demandent à présent des voitures essences ».

Si les immatriculations de voitures neuves ont quasiment stagné entre 2020 et 2021 (1,685 millions contre 1, 694 millions), le marché de l‘occasion a battu des records l’an dernier avec près de 6 millions de véhicules immatriculés entre janvier et décembre. *

« 60 à 70 % des financements pour la vente de nos voitures Volkswagen neuves sont faits par le biais du leasing »

Concernant le leasing, dispositif qui permet d’acquérir une voiture neuve en location avec la possibilité de renouveler le contrat après 3 ou 4 ans ou de racheter le véhicule, sa progression ne cesse de s’imposer. « Chez nous, les contrats représentent plus de la moitié des ventes de voitures neuves, partage le commercial anonyme. C’est d’ailleurs ce qui sauve ce marché que ce soit chez nous que dans tous les autres concessionnaires. »

Thomas Jouve confirme les dires de son confrère. « 60 à 70 % des financements pour la vente de nos voitures Volkswagen neuves au sein de l’antenne de Saint-Germain-Laprade sont faits par le biais du leasing. C’est vraiment le choix du moment. Moyennant une location mensuelle, le client peut ainsi acquérir une voiture neuve tous les trois ans avec un entretien réalisé régulièrement. » Thomas Jouve indique qu’environ 70 % de ses clients renouvellent le choix du leasing au terme de leur contrat.

* : Sources cartegrise.com

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5 commentaires

mi

ven 21/01/2022 - 13:46

quand on voit les commentaires c'est consternant sur toutes les voitures électriques : on importe plus d'électricité que ce qu'on en  produit, les batteries viennent de Chine. Nos écolos pensent-ils au devenir de ces milliers de batterie et panneaux solaires dans quelques années.

pe

jeu 20/01/2022 - 09:15

Le parc va s'électrifier pour les voitures particulières, pour les Poids lourds l'hydrogène devrait prendre le relais et il restera du diesel pour certaines activités marginales.
La consommation électrique des véhicules représente en France aujourd'hui 0,2% et il va falloir au moins 15 à 20 ans pour que le parc de voitures électriques atteigne plus de 80%.
La charge des voitures peut se faire la nuit quand la consommation est basse c'est tout l'avantage, il suffit de mettre un prix au Kw/H plus attractif comme c'est le cas avec les formules jour/nuit.
La recharge en roulant n'a pas de sens bien entendu, on parle de voiture rechargeable sur le réseau. D'ailleurs la célèbre marque japonaise qui vantait ce principe a été condamné pour pub mensongère (En Norvège je crois)
 

lo

jeu 20/01/2022 - 08:14

Et que fera t-on lorsque tous (?)  les véhicules seront électrifiés ? Quand la majorité des gens qui bossent feront leur "plein d'énergie" aux mêmes heures ? Déjà qu'une grande partie de foyers sont privés d'électricité à la moindre défaillance climatique je n'ose imaginer ce qui se passera au moment de la "recharge" de leur(s) vehicule(s)....Et si l'on en croit les experts, la recharge en roulant serait une arnaque...une de plus me direz-vous mais arnaque quand-même. Au fait,  qu'est-il prévu pour les PL, les engins agricoles ou de génie-civil et de certaines locomotives. .?? Je suggère que TOUS les écolos servent OBLIGATOIREMENT de cobayes pour rouler en "tout électrique"  !

pe

mer 19/01/2022 - 15:33

Le diesel va vers sa fin et son interdiction tout comme l'essence qui va suivre d'ici une dizaine d'années. L'Europe a pris les bonnes décisions en imposant des amendes aux constructeurs qui dépassent les normes fixées.
Les états et ici l'Europe sont dans leurs rôles celui de fixer un cadre et une réglementation. L'objectif est clair décarboner l'économie (et le transport représente une partie importante)

Enfin la diminution du nombre voitures particulières n'est pas forcément une mauvaise nouvelle surtout dans les grandes villes (Espace occupé, temps perdu, pollution...)

mi

mer 19/01/2022 - 12:30

vue le prix des voitures neuves ces normal,en plus maintenant le malus écologique,sa vas pas  arranger, les choses.