St-Jean-de-Nay : la liste "Agir ensemble " mise sur la diversité
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Ce mardi 7 janvier, des faits de violence en réunion, avec arme et sous l'emprise de l'alcool, étaient reprochés à cinq jeunes hommes de Saint-Just-Malmont pour des actes remontant au 12 juin 2011. Seulement trois des cinq prévenus étaient présents à la barre : ils étaient pourtant bien cinq à avoir exprimer leur vengeance à coups de bâton et de clefs sur leurs trois victimes, un peu moins de deux ans auparavant.
Au départ, une fête américaine…
Le 11 juin 2011, c'est la fête à Saint-Just-Malmont. Un thème est choisi : ce sera une soirée "Etats-Unis" où parade de Harley Davidson, démonstration de danse country et match de football U.S. contribuent à l'euphorie générale. Une euphorie qui dégénère lorsque qu'un groupe de jeunes de Saint-Ferréol-d'Auroure s'en prend à un jeune Saintjustaire. Il reçoit alors un coup de poing. Une bagarre générale débutent, mais la sécurité calment rapidement les choses. Ce même jeune, receveur du premier coup de poing, quitte la soirée aux alentours de 23h. Alors qu'il circule dans les rues de la petite commune de Haute-Loire, une voiture s'arrête à son niveau et des jeunes de Firminy lui tombent dessus : ils lui assènent un coup de clef à molette dans la mâchoire.
…qui se transforme en OK Corral
Blessé, il appelle son grand frère pour l'informer de son agression. Ce dernier, prévenu mais absent ce mardi au tribunal correctionnel du Puy-en-Velay, réunit sa bande pour mener une "expédition punitive". Les cinq jeunes hommes - à qui les faits sont reprochés - montent dans deux voitures et partent à la recherche des Appelous. Fortement alcoolisés, ils sont prêts à en découdre pour venger le frère de leur ami : "Une véritable tension était palpable au sein de notre bande", explique l'un des prévenus dans son procès verbal. Ils croisent un groupe de trois personnes, s'arrêtent aussitôt et leur déboulent dessus sans réfléchir.
"Tout s'est passé tellement vite"
Ils n'ont alors aucune certitude quant à l'identité de leurs victimes ; n'étant pas avec le garçon qui a reçu le coup de clef à molette à ce moment là, ils ne savent pas s'il s'agit bien de ses agresseurs. Ils reconnaissent néanmoins l'auteur du premier coup de poing, celui qui a déclenché la bagarre au sein même de la soirée. Sous l'emprise de l'alcool, ils ne font pas la différence : l'un d'eux sort de la voiture et commence à frapper en serrant son trousseau de clefs dans sa main. Il avouera même avoir volontairement laissé dépasser le bout de ses clefs de ses doigts, histoire de blesser davantage ceux que la bande pensait être les agresseurs de leur ami. L'un frappe le groupe avec un bâton et le casse sur la tête de l'une des victimes. "Tout s'est passé tellement vite." Les deux groupes finissent par partir chacun de leur côté.
"Ils ont même voulu retirer leur plainte à un moment"
"Ce n'est pas parce que c'est une soirée américaine qu'on doit faire OK Corral", ironise André-Frédéric Delay, le président de l'audience. Choqué par la violence des faits à le lecture du dossier, il n'a pas caché sa surprise de trouver face à lui trois prévenus aux situations professionnelles stables, de modestes carrures, et parfaitement conscients de leurs excès de violence ce soir là. Depuis, ils ont recroisé leurs victimes, ont même parlé de l'incident : "Il n'y a pas d'animosité aucune. On ne passerait pas une soirée ensemble, mais ça va. Ils ont même voulu retirer leur plainte à un moment."
Le Procureur de la République, conscient que les violences étaient en réponse à une précédente agression, a tout de même rappelé que si de tels faits (deux incapacités totales de travail de neuf jours) avaient eu lieu aujourd'hui, les prévenus seraient entendus en comparution immédiate. Deux d'entre eux ont été condamné à quatre mois de prison avec sursis, deux autres à six mois et un dernier, non présent à l'audience, a été condamné à dix mois de prison avec sursis.
A.L.
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