Occupation du CinéDyke : pour rendre visible la face cachée de l’iceberg

Par Nicolas Defay mar 30/03/2021 - 14:53 , Mise à jour le 30/03/2021 à 14:53

Depuis lundi 29 mars à 14 heures, les Intermittents de l’Emploi ont investi le cinéma du Puy-en-Velay. Vitrine centrale pour porter les revendications du CIP 43, ce lieu de culture représente aussi une quantité gigantesque de professions invisibles qui permettent aux films d’exister.

En général, on ne voit que le sommet d’un iceberg. Il est beau, impressionnant, étincelant sous la lumière du soleil. Ce qu’on ne voit pas en revanche, c’est la masse autrement plus dense qui se tient en-dessous de la ligne de flottaison. Un agrégat énorme, compact, portant en silence la belle pointe rutilante. Un film, c’est un iceberg. « Beaucoup ne regardent pas le générique d’un film, souligne Lionel Alès, comédien et membre du CIP 43 (Comité des Intermittents et Précaires de Haute-Loire). Pourtant, outre les acteurs et les figurants qui y sont mentionnés, il y a aussi toute une myriade de professions qui suivent et qui ont été indispensables pour que le film soit. La technique, le maquillage, les décors, les transports, la restauration, les hôtels, les effets spéciaux, la musique, les costumes... ce sont des centaines de personnes qui gravitent autour, toutes nécessaires ».

« Sans ces travailleurs de l’ombre, il ne resterait pas grand-chose du film »

Lionel Alès explique les motivations du CIP 43 pour occuper l’unique cinéma du Puy-en-Velay. « Investir le CinéDyke nous paraissait être un bon moyen pour faire un focus sur cet art majeur. Et tout comme le théâtre du Puy, cet établissement est emblématique de la cité ponote. La Couveuse de Chadrac est un lieu d’éducation artistique et populaire. Nous avions mis en place des activités et des pratiques artistiques durant notre présence la semaine dernière. Ici, nous voulons montrer ce que le tournage d’un film génère comme activités satellites. » Il ajoute : « Toutes ces activités annexes que le spectateur ne voit pas grâce à la magie du tournage sont assurées par des professions précaires. Mais sans ces travailleurs de l’ombre, sans ce générique interminable, il ne resterait pas grand-chose du film ».

ABROGATION DE LA REFORME D’ASSURANCE CHOMAGE. 

A partir du 1er juillet 2021, 1,25 millions de personnes aujourd’hui indemnisées au régime général verront leur revenu de compensation baisser de 25 % 

REPRISE DE L’ACTIVITE DANS TOUS LES SECTEURS de la culture, de l’évènementiel, de la  restauration, de l’hôtellerie, du tourisme … dans tous les lieux et dans l’espace public AVEC LA MISE  EN PLACE D’UN SOUTIEN FINANCIER MASSIF aux emplois et aux lieux de diffusion de l’art jusqu‘au  retour à la normale afin d’assurer un accès à la culture au plus grand nombre. 

PROLONGATION DE L’ANNEE DITE « BLANCHE » et son élargissement à tous les travailleurs  précaires : depuis mars 2020, la plupart des travailleurs précaires n’ont pas pu travailler suffisamment  pour ouvrir de nouveaux droits à l’Assurance chômage. Leurs droits doivent donc être prolongés. 

BAISSE IMMEDIATE du seuil d’accès à l’indemnisation chômage pour les primo-entrants, les  intermittents en rupture de droits, c’est-à-dire la baisse du nombre d’heures nécessaires pour  l’ouverture de leurs droits à l’assurance chômage. 

ELARGISSEMENT DU REGIME SPECIFIQUE d’assurance chômage aux artistes auteurs et  illustrateurs. 

GARANTIE DE TOUS LES DROITS SOCIAUX notamment congés maternité et maladie pour tous  les salariés à l’emploi discontinu. 

SOUTIEN AUX CAISSES SOCIALES spécifiques du spectacle – retraite, formation, médecine du travail … dont l’existence est menacée par la baisse des cotisations 

Nos revendications s’entendent uniques et globales. 

Ce que nous défendons, nous le défendons pour toutes et tous. 

En vertu de l’article 27 de la déclaration universelle des droits de l’homme : « toute personne a le droit de  prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès  scientifique et aux bienfaits qui en résultent » - UNESCO – 1948

« Pourquoi un musée doit rester portes closes ? J’ai vraiment du mal à comprendre. Il y a beaucoup moins de monde dans une galerie de musée que dans une grande surface » Guy Reynaud

Dix employés en chômage partiel

Guy Reynaud, patron du CinéDyke, adhère totalement à l’initiative du CIP 43. « Ils sont venus dans mon établissement et m’ont expliqué leurs projets d’occuper les lieux, confie-t-il. Je leur ai donné les clés. Cela me semble totalement cohérent car sans les intermittents du spectacle et sans les professions précaires liées, rien ne pourrait se faire dans ce domaine ». 
S’il admet que les aides de l’État lui permettent d’avoir la tête un peu hors de l’eau, il précise tout de même avoir été obligé d’utiliser le chômage partiel. « Ils sont 10 employés à être dans cette situation en attendant la reprise de l’activité, déplore-t-il. En un an, nous avons été fermés 8 mois et nous ne savons toujours rien pour la date d’une réouverture possible ».

« Vu qu’il ne faut pas être plus de six au sein d’un groupe, nous allons dessiner à la craie des grappes de ronds sur le trottoir pour que les spectateurs se mettent dedans. Et également pour indiquer l’absurdité de cette restriction » Lionel Alès

« Pour l’instant, il n’y a aucune perspective d’ouverture qui se dévoile »

« Je trouve qu’il y a des aberrations totales sur les choix du Gouvernement de laisser fermer tel ou tel établissement, livre Guy Reynaud. Pourquoi un musée doit rester portes closes ? J’ai vraiment du mal à comprendre. Il y a beaucoup moins de monde dans une galerie de musée que dans une grande surface. Et les gens ne touchent rien dans un musée contrairement à une grande surface. J’éprouve une profonde incompréhension ».

Du côté de la FNCF (Fédération Nationale des Cinémas Français), les syndicats attendent impatiemment les directives du ministère de la culture. « Pour l’instant, il n’y a aucune perspective d’ouverture qui se dévoile », se désole-t-il.

Des spectacles derrière une baie vitrée

Quelques membres du CIP 43 dorment dans l’une des six salles du cinéma afin d’assurer une occupation permanente. Et le bâtiment apparaît comme une devanture idéale pour exposer leurs revendications. « Nous allons continuer à mettre des affiches sur les vitrines, précise Lionel Alès. Nous avons aussi commencé à préparer un petit espace de spectacle à l’intérieur du cinéma côté Palais de Justice. De la danse, des saynettes, des petits concerts seront assurés derrière la baie vitrée et les gens pourront les regarder en toute sécurité ».

Il mentionne un détail d’importance : « Vu qu’il ne faut pas être plus de six au sein d’un groupe, nous allons dessiner à la craie des grappes de ronds sur le trottoir pour que les spectateurs se mettent dedans. Et également pour indiquer l’absurdité de cette restriction ».

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2 commentaires

mi

mer 31/03/2021 - 13:56

Scandaleux à toutes ces manifestations car le département était sure de repassé en zone rouge !!!! C'est une sorte d'homicide volontaire contre la vie des anciens Vive la solidarité à la Française : Honteux Révoltant !!!!!!!!

lo

mar 30/03/2021 - 16:38

Vu le peu de fréquentation piétonnière de cet endroit, d'un côté le cours V.Hugo et l'Avenue C.de Gaulle de l'autre, les automobilistes de passage sur ces deux voies ne seront pas de bons spectateurs. ....la seule attraction etc aussi le seul risque c'est le carambolage......