Nicolas Curien : "Terminer ma carrière de pompier sur une bonne note"

Par Nathan Vacher mer 27/07/2022 - 16:46 , Mise à jour le 27/07/2022 à 16:46

600 kilomètres. C'est la distance qui sépare Nicolas Curien, pompiers nîmois, de son objectif de récolter des fonds pour les orphelins de mère ou de père pompier. Le 18 septembre, il s'engagera sur les sentiers de Saint-Jacques-de-Compostelle depuis le Puy, pour se rendre dans les Landes. A deux mois du début de son périple, le secouriste se prépare physiquement et mentalement.

Le 18 septembre prochain, un atypique pèlerin s'élancera sur le chemin de Compostelle. Si tout se passe comme prévu, Nicolas Curien trouverait arrivée à L'Aire sur l'Adour (40) le 16 octobre. L'objectif ? Récolter un maximum de fonds pour l'Œuvre des pupilles des sapeurs pompiers, association qui vient en aide aux orphelins de père ou de mère pompier. Nicolas Curien sera accompagné de la mascotte de l'association, Pompy, qui l'épaulera tout le long de son parcours.

Il raconte : "A deux mois de m'élancer, je suis excité et impatient d'attaquer ce projet. Cela fait plus de deux ans que je l'ai en tête. C'est le moment de s'élancer. Physiquement, je suis en forme. Je me suis un peu calmé sur l'entraînement car il fait très chaud en ce moment. Le but n'est pas d'être épuisé avant de partir."

Un entraînement à raison de "20 à 35 bornes de marche par jour"

Pour réaliser ce projet, il faut être parfaitement d'aplomb. Egalement coach en vie, qui travaille sur le développement personnel, Nicolas Curien s'applique à des entraînements et une nutrition ordonnés. "J'en suis pour l'heure à 324 kilomètres de marche, à raison de 20 à 35 bornes par jour. Je fais également de la course à pied et du VTT pour travailler différents muscles. Sur l'alimentation, je ne m'applique pas à un régime stricte pour ne pas me frustrer. Je suis cadré à un programme avec très peu de sucre. L'important est de bien manger le matin et à midi, puis d'avoir des compléments en milieu d'après-midi là où les efforts du début de journée se font ressentir. Certaines étapes du chemin de Compostelle se font entre 6 et 9 heures en fonction du dénivelé. Je ne vais pas trouver de superettes tous les 5 mètres...", ironise le pompier.

"Comme on dit : entraînement difficile, guerre facile", Nicolas Curien

Les nombreux épisodes caniculaires survenus en France depuis quelques semaines rendent difficile la préparation physique de Nicolas Curien au quotidien.

Il s'explique : "C'est un obstacle, c'est vrai. Mais pour moi, c'est bénéfique. Ca m'oblige à me mettre dans le dur. Comme on dit : entraînement difficile, guerre facile. Ces chaleurs ont permis d'adapter ma nutrition, également sur la partie hydratation pour pallier à ma perte en eau. C'est aussi un travail pour assurer une bonne récupération après l'effort."

Du hip-hop "bourrin" et de la méditation pour s'assurer un mental d'acier

Seul sur les sentiers de Saint-Jacques, le coach en vie entend bien appliquer ce qu'il conseille aux gens dans sa vie personnelle. Et ça passe par différentes manières.

"Pendant mon entraînement, je passe par plusieurs phases. J'écoute des musiques qui dynamisent, en lien avec la boxe que je pratique à côté. C'est souvent du hip-hop des Etats-Unis, un peu "bourrin", comme du Eminem. Ca permet de remonter un état d'esprit combattif, d'un guerrier qui ne lâche jamais rien. J'ai besoin de ce genre de musique même si dans la vie je suis un gentil garçon. Au bout d'un certain temps, je coupe cette musique, pour écouter la nature, ce qu'elle peut m'apporter sur le plan spirituel. Je me remémore certains passages de ma vie. C'est important pour moi de faire ce recentrage, de se retrouver seul et faire un point sur soi-même."

"Plus j'ai d'obstacles et plus je suis déterminé. Plus on me donne de coups et plus j'y vais", Nicolas Curien

Depuis notre première rencontre avec Nicolas Curien, les choses n'ont pas été toutes roses. Entre problèmes administratifs et pépins logistiques. "A cause de la tournure qu'a pris le projet, il y a bien des moments où j'ai eu envie de laisser tomber. Mais je ne suis pas comme ça. Plus j'ai d'obstacles et plus je suis déterminé. Plus on me donne de coups et plus j'y vais. C'est fatiguant et épuisants, puisque ça me fait perdre du temps, mais je n'ai pas changé de cap. Les objectifs sont toujours les mêmes. Le projet se veut initialement fédérateur. Le but est de ramener un maximum de dons pour l'Œuvre des pupilles. Sur mon lit d'hôpital je me suis demandé qui prendrait le relais si je n'étais plus là. Nombreux camarades sont partis trop tôt. Je me dois de le faire pour leurs gamins."

Initialement, Nicolas Curien devait être accompagné d'une amie qui posterait des photos et vidéos au quotidien de son aventure. Finalement, le pompier se retrouve seul.

"J'ai voulu déléguer la tâche de la médiatisation. Finalement, j'ai choisi de le faire moi-même, bien que je n'y connais rien en matière de réseaux sociaux. Je ferais toutefois le maximum pour représenter Pompy (ndlr, nounours symbolique de l'Œuvre des pupilles).

Une cagnotte qui ne bat pas son plein

Via un QR Code, une cagnotte était accessible pour encourager Nicolas Curien, dont les bénéfices allaient directement à l'association Œuvre des pupilles. Problème, celui-ci ne fonctionnait pas. "J'en ai réalisé un nouveau. Pour le moment, nous sommes à 210€ dessus. Je ne préfère pas me donner d'objectifs, au risque d'être déçu. Avec l'Ukraine, le Covid et les temps qu'on traverse, je comprends que ce soit plus difficile de donner. Sur le chemin de Compostelle, j'emmènerais avec moi des écussons que j'essayerais de vendre également pour agrandir la cagnotte."

"Combattre un démon que j'ai en moi, étant considéré comme un pestiféré car non-vacciné", Nicolas Curien

Les sources de motivation sont divers pour cet (ancien) pompiers de Nîmes. Outre l'envie de rendre heureux les orphelins de parents pompiers, une source de motivation personnelle ancrée au plus profond du coach en vie ressurgit à l'approche de cette aventure. 

Il détaille avec regrets : "Le mot même de ce projet est résilience. J'ai besoin également de combattre un démon en moi que j'ai depuis des mois. Je suis non-vacciné, je vis comme un pestiféré. J'ai perdu 18 ans de carrière du jour au lendemain en faisant ce choix. Je ne suis pas anti-vax, je suis simplement contre cette obligation. C'est mon choix personnel. Si je réussis ce projet, je pourrais me dire que je clôture cette carrière sur une bonne note."

Avant de poursuivre : "Avec de la détermination, n'importe qui peut soulever des montagnes. On a tous quelque chose à combattre. Je dois faire mon deuil de pompier. Malgré tout, continuerais de servir les gens après cette carrière."

Nicolas Curien fera ses premiers pas du chemin de Compostelle le 18 septembre prochain, pour un retour espérer le 16 octobre. Une fois affronté les 25 étapes, traversé 7 départements, il espère bien revenir donner du sourire aux enfants de l'Œuvre des pupilles.

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