Ne faudrait-il pas rendre une moitié du sommet du Mézenc aux Altiligériens ?

, Mise à jour le 13/10/2026 à 06:00

Temps de lecture : 3 minutes

Le Mézenc, aujourd’hui, est divisé entre deux départements. Le sommet nord forme la limite de 4 communes, dont 2 en Haute-Loire, Les Estables et Chaudeyrolles, et 2 en Ardèche, Borée et La Rochette.

D'un côté, il s'élève à 1744 mètres d'altitude et porte la croix du Mézenc. De l'autre, le sommet sud se trouve entièrement en Ardèche sur la commune de Borée. Il culmine à 1 753 mètres d'altitude, constituant le point culminant officiel du département de l'Ardèche.

Comme vous le savez sans doute, c’est une histoire bien ancienne, toujours inachevée et qui partage les habitants de Borée et des Estables et leurs départements respectifs.

Mais cette histoire nous concerne tous puisque selon les "Mémoire sur la limite Ardèche/Haute-Loire, Borée/Les Estables" de Monsieur Lacroix, toute la pointe nord (croix) et la moitié ouest du sommet principal du mont Mézenc devraient se situer en Haute-Loire et non en Ardèche.

Résumé de l’histoire

Toujours selon Monsieur Lacroix, ancien géomètre : "Si on regarde toutes les cartographies, les actes et les configurations des lieux établis depuis 1327, on se rend compte que tout se serait joué sur une mauvaise copie d’une carte dressée en 1820. En 1885, un acte qui se base sur cette carte attribue, sans vérification précise, le Mont Mézenc à Borée plutôt qu’aux Estables."

L’erreur vient aussi d’une confusion entre les repères topographiques des ingénieurs du XIXe siècle et les délimitations administratives du cadastre napoléonien qui a déplacé les limites en Ardèche. 

Une mesure erronée qui a transformé toute la suite.

Le sommet du Mont Mézenc appartient donc désormais à l’Ardèche.

"Malgré différentes nouvelles études d’ingénieurs et d’experts de Haute-Loire, et même d’Ardèche, qui se sont accordés à dire le contraire, cette regrettable erreur n’a jamais été corrigée", poursuit-il.

La méprise, désormais définitive par prescription au niveau propriété, n’a toujours pas été officiellement rediscutée en juridiction administrative.

Si on rétablissait la vérité, cela changerait il quelque chose ?

D’un point de vue économique, non. Certaines terres du Mézenc ont depuis été acquises par l’Etat, la forêt s’agrandit largement sur les anciennes pâtures. 150 hectares de terre changeraient de département, mais pas de propriétaire.

Pourtant, ce serait une rectification historique et la Haute-Loire, Les Estables et Chaudeyrolles, retrouveraient les anciennes limites administratives de leurs territoires.

Voici ce que nous en dit Monsieur Lacroix : "Un simple schéma valant mille mots, en voici deux représentant chacun le croquis des inspecteurs du cadastre d'Ardèche et de Haute-Loire dressés en 1820. Que le lecteur se prononce sur le seul schéma compatible avec le texte de cette ordonnance, sachant que la limite porte sur les pâturages du Mézenc et de Chaulet."

Schéma établi par Monsieur Lacroix.
Schéma établi par Monsieur Lacroix.

Alors, qu’est-ce qui est le plus important : maintenir une habitude ou bien rétablir la vérité historique ? Qu’en pensez-vous ?

 

B. B.

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