"On ne fait pas de l'assistanat, on se substitue au devoir des politiques"

ven 13/02/2015 - 15:20 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:33

Victime de son succès, la boutique du Secours Populaire n'était plus assez grande pour les personnes aidées sur le bassin du Puy. Un nouvel espace fait donc son apparition, au 39 de l'avenue Foch. Il existe déjà une boutique au 54 de l'avenue Foch, mais elle n'était plus assez grande pour être en mesure d'accueillir les personnes qui bénéficient du service apporté par le Secours Populaire.
Globalement, ce seront les mêmes produits qui seront proposés dans la nouvelle boutique, située presque en face, au 39 de l'avenue Foch, avec une nouvelle répartition : au 54, on retrouvera surtout les produits alimentaires alors que dans la nouvelle boutique, les personnes aidées comme le grand public pourront acheter des vêtements, de la vaisselle, ou du linge de maison.

Chômage et précarité énergétique au coeur de la pauvreté altiligérienne
Jusqu'à présent, au 54 de l'avenue Foch, "c'était trop tassé et on avait la rencontre entre les familles aidées et le grand public, mais l'espace était saturé. Avec cette nouvelle boutique, on a beaucoup plus de passages, avec des gens qui osent franchir la porte", explique Serge Boissy, chargé de la communication au secours Populaire de Haute-Loire. Pour autant, "la pauvreté ne gagne pas du terrain dans notre département", tempère-t-il, "nos statistiques de personnes accompagnées sont sensiblement les mêmes qu'il y a cinq ans".
Pour lui, les principaux facteurs de pauvreté de notre département sont d'abord le chômage, "car il y a beaucoup de gens qui ne trouvent plus de travail en Haute-Loire aujourd'hui". Mais il n'oublie pas non plus les charges incompressibles (difficile de trouver du travail sans téléphone portable ou sans voiture...) et la précarité énergétique : "car c'est un département très froid et les appartements au Puy sont très mal isolés, ce sont des gouffres financiers".

----Le Secours Populaire de Haute-Loire fonctionne avec 100 % de bénévoles : ils sont une quarantaine au Puy, une trentaine à Brioude, une dizaine à Sainte-Florine et une quinzaine à Monistrol-sur-Loire. Soit une petite centaine, pour accompagner près de 2 500 personnes.
-----L'argent récolté à la boutique est remis en circuit pour aider les familles les plus démunies
Tous les objets trouvés dans cette boutique proviennent de dons, et le secours Populaire remercie chaleureusement ces âmes charitables. Pour gérer la boutique, il faut en permanence quatre bénévoles (ils sont une quarantaine au Puy, donc il y a une rotation). Les personnes aidées ont une carte et payent moitié prix par rapport au grand public. Les prix demeurent toutefois inférieurs à ceux pratiqués dans les commerces et c'est aussi l'occasion de contribuer, en quelque sorte, à lutter contre la pauvreté.
"Cet argent permet de financer l'aide matérielle de ces familles, acheter des colis de denrées alimentaires mais aussi payer les charges de la structure", complète Serge Boissy, "mais c'est aussi l'occasion de faire partir des familles en vacances". En juin prochain, 50 personnes (une quinzaine de familles) pourront ainsi partir au bord de la mer. L'argent récolté à la boutique est ainsi remis en circuit : "les personnes aidées, quand elles payent, le récupèrent souvent indirectement avec les services proposés ensuite".

  • Serge Boissy, chargé de la communication au secours Populaire de Haute-Loire dénonce l'utilisation du terme "assistanat" et tient à préciser la nature du service rendu par le Secours Populaire. Il considère également que leur action se substitue au devoir des politiques.


Maxime Pitavy

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