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Yssingeaux

Meurtre de Gala : "une des affaires les plus dures de ces dernières années"

mar 01/04/2014 - 15:01 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:21

S'il est difficile de comparer l'horreur à l'atrocité, le parquet du Puy tranche : c'est une affaire encore pire que celle d'Agnès Marin (lire). Pire donc, que cette jeune fille ligotée, violée et brûlée dans les bois du Chambon-sur-Lignon... Pourtant, le déferlement médiatique n'aura pas été le même entre ces deux drames, séparés de seulement quatre mois.
Dans l'affaire Agnès, outre la minorité de la victime, plusieurs institutions étaient pointées du doigt pour leurs dysfonctionnements, ce qui avait suscité l'intérêt des médias nationaux. Pour Gala, c'est seulement la folie et la sauvagerie humaine qui semblent être mis en cause. Comme la victime était majeure, la possibilité d'un huis clos est écartée.

Le corps retrouvé à moitié enterré sous des feuilles, aux abords du pont de l'Enceinte
Le mardi 27 mars 2012, les recherches initiées la veille finissent par aboutir, vers 16h30. Le corps de Gala Mulard, une Parisienne de 18 ans qui étudiait au lycée agricole d'Yssingeaux dans la filière équine est retrouvé, à moitié enterré sous des feuilles, aux abords du pont de l'Enceinte proche de la RN88 en direction de Monfaucon.
Le meurtrier présumé, un Yssingelais âgé de 35 ans à l'époque, est un forestier connu de la Justice pour ses antécédents psychiatriques et sa consommation abusive de stupéfiants, même s'il n'a pas de casier judiciaire. Il avait rencontré sa victime quelques jours avant les faits. Ce dimanche 25 mars 2012, elle passe la soirée chez des amis à Queyrières. L'un d'eux lui propose de la raccompagner chez elle.

----Important dispositif de sécurité
S'il faut s'attendre à vivre un moment très dur lors du procès, un important dispositif de sécurité est également à prévoir aux abords du tribunal : le meurtrier présumé a suscité une telle haine chez les proches de sa victime que sa sécurité ne semble pas garantie sans une protection rapprochée.-----"Victime de sévices abominables"
Il s'agit en fait du meurtrier présumé et plutôt que la raccompagner chez elle, il l'amène chez lui, de force, rue des Fossés à Yssingeaux. C'est le début du calvaire pour la jeune fille, qui sera séquestrée, violée à plusieurs reprises et battue pendant plus de vingt heures.
"Elle a été victime de sévices abominables", nous avertit le parquet du Puy, "il faut se préparer à quelque chose de très dur pour ce procès, c'est sans aucun doute l'une des affaires les plus graves et les plus dures de ces dernières années".

Le lieutenant-colonel Depierre cité comme témoin
Son agresseur est alors sous l'emprise de stupéfiants. La mort semble finalement avoir été donnée par un coup de bouteille portée à la tête. Le forestier décide d'emmailloter le corps avant de le mettre dans son véhicule. Il se rend au pont de l'Enceinte où il dissimule le cadavre sous quelques feuilles.
C'est grâce à "l'excellent travail du lieutenant-colonel Bertrand Depierre", alors chef d'escadron de la compagnie de brigade d'Yssingeaux, que le corps sera retrouvé. "Il a eu un rôle absolument fondamental dans cette affaire, c'est un vrai enquêteur", nous précise-t-on au parquet, et il sera d'ailleurs cité comme témoin lors du procès.

La perpétuité encourue
Poursuivi pour enlèvement, séquestration suivie de la mort de la victime, viols commis par personne sous l'emprise manifeste de produits stupéfiants et meurtre précédé d'un autre crime, l'accusé encourt tout simplement la réclusion criminelle à perpétuité.
C'est d'ailleurs la peine que les jurés de la Cour d'assises de Haute-Loire avait prononcé pour le meurtrier d'Agnès en juin dernier (lire).

L'acte de barbarie n'a pas été retenue... pour ne pas servir la défense
Séquestrée plus de 20h, la jeune fille semble également avoir été victime de violences pouvant être assimilées à de la torture mais le parquet n'a pas souhaité retenir l'acte de barbarie comme chef d'inculpation car la peine encourue est déjà maximale et cet argument aurait finalement pu servir la défense, qui sera assurée par l'avocat Ponot Me Schott.
----Pas de préméditation
Le meurtrier présumé n'avait pas spécialement prévu son coup, la préméditation n'a ainsi pas été retenur car il semble avoir agi spontanément, en cédant à une pulsion.-----Notons enfin que les faits sont reconnus par l'accusé, qui a d'ailleurs aidé les enquêteurs pour la localisation du corps. Les débats devraient donc plutôt s'orienter sur l'étendue de l'horreur et les nombreuses souffrances dont a été victime la jeune fille, mais aussi le discernement, altéré ou non, du meurtrier présumé.

Maxime Pitavy

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