L'UDI ne veut plus être 'l'aneth sur le saumon fumé' de l'UMP

ven 12/09/2014 - 19:46 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:24

Les réunions s'enchaînent et le marathon ne fait que débuter pour Hervé Morin, qui vient en plus de sortir un livre (Lettre à Alma sur létat du monde qui l'attend) qu'il dédicaçait ce vendredi matin à la maison de la presse ponote.
La veille, il était à Clermont-Ferrand, où près de 80 personnes sont venues l'écouter et ce vendredi soir, rendez-vous à Saint-Etienne avec ses sympathisants. L'UDI compte 35 000 militants en France et le marathon ne fait que commencer...

"La question, ce n'est pas plus à droite ou plus à gauche, c'est plus haut et la réponse, c'est l'UDI"
Le Président du mouvement en Haute-Loire Michel Chapuis a introduit l'ancien ministre en recommandant chaudement son livre, qu'il a "dévoré d'une traite" avant d'expliquer, tout en synthèse : "la question, ce n'est pas plus à droite ou plus à gauche, c'est plus haut et la réponse, c'est l'UDI. Je crois en cette troisième voie, le centre est une opportunité d'avenir pour tout le monde".
Hervé Morin était déjà venu en Haute-Loire en 2010, à Saint-Paulien (lire), mais jamais au Puy-en-Velay. "Pour moi, quand je pense à la Haute-Loire, il y a toujours Jacques Barrot en toile de fond", a-t-il déclaré avant de se plonger dans sa candidature à la présidence de l'UDI, restée vacante depuis le départ de Jean-Louis Borloo.

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"Cette Présidentielle va être très compliquée puisque Marine Le Pen sera qualifiée pour le second tour donc on ne pourra pas se permettre n'importe quoi et je veux qu'on construise une alternative en rassemblant des hommes et des femmes qui ont exercé des responsabilités majeures, comme Alain Juppé, François Fillon ou François Bayrou, mais aussi beaucoup d'hommes et de femmes qui, dans la société civile, ont envie de participer au projet", dixit Hervé Morin.

-----L'UDI est "un peu l'aneth sur le saumon fumé" de l'UMP
"Il y a bien déjà des fondations, mais notre maison n'est pas finie, nous avons besoin de bâtisseurs", a-t-il annoncé en préambule avant de pointer du doigt "les haines à l'UMP et les déchirements au PS", alors que lui veut "faire de l'UDI une famille", où les décisions seront prises collectivement. Car il met en garde : "la présidence de l'UDI ne doit pas être un marche-pied pour la Présidentielle, une écurie de carrière, dont l'obsession n'est qu'un facteur d'impuissance et un robinet de démagogie".
Jamais dans sa carrière il n'aura misé sur le bon cheval pour cette élection suprême, que ce soit avec Edouard Balladur en 1995 ou François Bayrou en 2002 et 2012. Il veut alors devenir "une force politique incontournable pour la prochaine majorité", déplorant au passage être depuis 2002 "une décoration de la majorité UMP, un peu comme l'aneth sur le saumon fumé". Enfin, il considère que la priorité sera d'avoir "la clef à l'assemblée nationale".

"Les dérives ultra droitières de Nicolas Sarkozy"
Le prochain défi à l'UDI sera de conserver l'unité issue d'une alliance entre le Nouveau centre, le Parti Radical et Alliance Centriste. Jean-Louis Borloo y était parvenu mais l'équilibre est fragile et le parti pourrait se fracturer. Idem à l'UMP entre la face Sarkozy et la face Juppé et le sénateur Gérard Roche ne veut pas être une victime collatérale : "il nous faut un vrai chef pour éviter cette fracture", déplorant au passage "les dérives ultra droitières de Nicolas Sarkozy lors de la dernière campagne présidentielle".
L'ancien Président du Conseil général veut "retrouver une famille", comme ça a été le cas "lorsque l'UDI s'est créé et que François Bayrou nous a rejoint" et surtout, il souligne : "le déclin de la France n'est pas inéluctable, il faut du courage pour sortir du bipartisme. Nous avons un rôle à jouer et il faut redonner espoir aux français".

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"Nicolas Sarkozy est dans les startings-blocks, il sera président de l'UMP dans deux mois et il ne le sera pas seulement pour présider l'UMP... mais cette droitisation du parti est inquiétante : ce n'est pas parce que Marine Le Pen fait 25 % que pour autant, on doit tout d'un coup coller à ses sujets", a-t-il déclaré.

-----Le seul candidat à avoir déjà exercé de hautes responsabilités
Des quatre candidats (Yves Jégo, Jean-Christophe Lagarde, Jean-Christophe Fromantin et Hervé Morin), il est le seul à avoir déjà exercé d'importantes responsabilités gouvernementales et ministérielles. Et il ne se prive pas de le rappeler : "j'ai connu le pouvoir pendant trois ans et demi, j'ai vu comment ça marchait", avant de livrer une anecdote sur la TVA sociale, que Nicolas Sarkozy lui aurait refusée quand il a abordé le sujet dans l'avion présidentiel, pour finalement l'accepter fin 2011 (votée en février 2012) : "je ne veux plus de ça", a-t-il tonné.
Hervé Morin détaille son projet politique en assurant qu'il veut un large rassemblement, en prenant l'exemple des autres démocraties européennes. Il déplore également l'ambition politique de la plupart des personnalités politiques françaises. Ecouter. {{audio1}}

Maxime Pitavy

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