Loi "d'urgence agricole" adoptée : qu'attendre en Haute-Loire ?

Par MCu , Mise à jour le 24/07/2026 à 06:00

Temps de lecture : 3 minutes

La loi d'urgence « pour la protection et la souveraineté agricoles », qui vise notamment à assouplir plusieurs règlementations imposées aux producteurs, a été définitivement adoptée le 21 juillet 2026. Ce texte a enflammé les débats, mais sans surprise il satisfait la Chambre d'Agriculture de la Haute-Loire.

Après l'Assemblée nationale le 20 juillet, c'était au tour du Sénat, le 21 juillet, de voter le texte de loi "d'urgence agricole". La validation par la chambre haute de ce projet a été synonyme d'adoption. Pour le sénateur de Haute-Loire Laurent Duplomb, c'est une victoire politique.
Anthony Fayolle, secrétaire général de la Chambre d'agriculture de la Haute-Loire (FDSEA 43), est également satisfait de l'issue finale du texte, et tempère sur le contenu de cette loi d'urgence.

« On ne voit pas cette loi dans son ensemble »

La version finale de cette loi comporte plusieurs préceptes de la loi dite "Duplomb" proposée l'année dernière par l'ancien maire de Saint-Paulien. Sujette aux critiques autour de la réintroduction de produits phytosanitaires, cette loi tend également à simplifier plusieurs démarches administratives des agriculteurs.

La loi d'urgence divise les syndicats agricoles

Dans un post Facebook suivant le vote de la loi d'urgence agricole au Sénat, la Confédération Paysanne 43, syndicat agricole opposant à la FDSEA, s'est indignée du vote des élus nationaux. Selon ses représentants, cette loi « ne répond à aucun des défis majeurs auxquels est confrontée l'agriculture ». La Confédération Paysanne a réaffirmé ses priorités : « Garantir un revenu digne aux paysan·nes, assurer le renouvellement des générations et adapter notre agriculture au changement climatique. »

Anthony Fayolle estime qu'il faut « plus de recul » sur ce texte de loi. « Il est dommage que l'on ne regarde pas cette loi dans son ensemble. L'objectif, c'est avant tout de redonner du sens à la production agricole. Ce n'est pas une révolution. », ajoute-t-il. 

 

« Les polémiques ont énervé les agriculteurs », partage Anthony Fayolle. Photo par DR

Trois problématiques

L'élu à la Chambre d'agriculture 43 cible trois problématiques auxquelles la loi pourrait répondre en Haute-Loire : « Le stockage de l'eau, le loup, et les démarches pour l'installation d'exploitations ». Le texte tend effectivement à faciliter la création de projets hydrauliques à vocation agricole, à autoriser des tirs de régulation du loup en cas d'attaques répétées, et à encadrer les dispositifs de compensation écologique à la création d'une exploitation. 

Quels effets possibles en Haute-Loire ?

Parmi ces mécanismes de respect de l'environnement, on retrouve par exemple la stricte protection des haies durant le printemps et l'été. « En Haute-Loire, ces règlementations environnementales ne sont pas essentielles. Elles coûtent aux agriculteurs et ne leur laissent que peu de marge de manœuvre quand il s'agit de lancer des projets », affirme Anthony Fayolle. La loi d'urgence prévoit un renforcement du rôle des Safer (Sociétés d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural). « C'est une bonne chose. Cela va par exemple permettre d'accroître mieux, et plus facilement la surface des bâtiments agricoles en Haute-Loire ».

Les dérogations possibles face au loup peuvent aussi s'avérer nécessaires pour les éleveurs : en 2025, une vague d'attaques avaient poussé les services administratifs à revoir le statut des territoires altiligériens vis-à-vis de la fréquentation lupine.

Concernant la réintroduction de l'acétamipride et du flupyradifurone, deux néonicotinoïdes toxiques pour les abeilles, Anthony Fayolle souhaite rappeler la situation des cultures altiligériennes : « Ces produits sont employés sur les productions de noisettes, de betteraves sucrières, de pommes et de cerises. Celles-ci sont très rares en Haute-Loire ». 

Le secrétaire général de la Chambre d'agriculture 43 estime que l'assouplissement des règles est devenu essentiel pour les producteurs : « Ce qui les exaspère le plus, ce sont les contraintes, les pénalités. Il leur fallait quelque chose pour être plus efficace sur le terrain ».

 

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