Lo Festenal : « n’ayez pas peur du bilinguisme, c’est juste un bon moment à passer »

dim 28/01/2018 - 17:09 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:50

Le rendez-vous que propose chaque année l’école franco-occitane Calandreta Velava du Puy, Lo Festenal, avait dû annuler sa première soirée, ce vendredi 26 janvier 2018, suite aux chutes de neige.
Mais l’énergie collective et communicative des parents d’élèves qui font vivre cette association a permis que se maintienne la suite des réjouissances.
Le public a hélas timidement répondu présent, en tout cas chaleureusement motivé en ce qui concerne les personnes qui se sont déplacées en ce week-end délicat sur les routes.

Le P’tit café, point stratégique de l’évènement, place du marché couvert, a notamment accueilli un quizz occitan, en présence du maire du Puy-en-Velay, Michel Chapuis. Ce dernier a pu vérifier que si les parents ne sont pas forcément locuteurs, les enfants scolarisés à la Calandreta – les calandrons – sont quant à eux garants de l’inscription de cette langue dans la culture contemporaine. Un moment décalé, que ce quizz, proposé par un duo à l’humour décapant – Fenja Abraham et Peter Loiseleur – qui a stimulé les esprits quelque peu engourdis par la neige grasse.

----

-----Le moment tant attendu de la Dictada
Autre moment incontournable de ce Festenal, attendu chaque année de pied ferme par les occitanistes : la dictada. Organisée en partenariat avec l’Institut d’études occitanes de Haute-Loire (IEO 43), dont le président Christian Chabanon a procédé à la lecture, la dictée occitane est un moment de confrontation au paradoxe de cette langue. Si littéraire quelques siècles en arrière, elle s'est peu à peu déclinée en une foultitude de patois s’étant transmis presque exclusivement oralement depuis que le Français l’a supplantée.
Les « hussards noirs de la République », instituteurs zélés, ont fini ce travail de sape dans la première moitié du 20e siècle. Même si des familles entières – restant très minoritaires – sont passées à travers les mailles et ont véritablement conservé les deux langues maternelles.
Aujourd’hui, il est compliqué de passer à l’écrit, pour la plupart des locuteurs, chevronnés comme débutants.

La route est longue vers un bilinguisme mieux accepté
Si certains patoisans sont même convaincus qu’une orthographe n’a jamais existé et ignorent parfois que leur parler s’apparente à l’occitan, la grande diversité de ses "dialectes" est en tout cas un réel trésor linguistique à protéger.
Depuis 1992, la Charte européenne des langues régionales a posé un cadre de préservation de l’occitan.
Au plan national, les derniers gouvernements ne freinent plus des quatre fers, concernant les langues régionales. Le jacobinisme est en perte de vitesse. Mais la route est encore longue vers un bilinguisme mieux accepté, dans les régions françaises concernées. Ce dernier, s'il ne reste passagement folklorique, revêt souvent très vite une connotation autonomiste qui enferme les locuteurs dans une forme de marginalité.
Pourtant, la conteuse Malika du duo Tifa-Tafa (qui a enchanté le public du centre Pierre-Cardinal, ce samedi soir) l’assure : « n’ayez pas peur du bilinguisme, c’est juste un bon moment à passer.»

J.J.

À découvrir

Contenus sponsorisés

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire