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Emile Roux… Vous passez peut-être tous les jours devant son nom. Il n’est pas né au Puy et n’y est pas décédé. Mais alors, pourquoi l’hôpital se nomme-t-il Emile Roux ? Quelle proximité a-t-il avec nous ?
Emile Roux, c'était beaucoup de travail et beaucoup de succès scientifiques, le tout dans une vie modeste.
D’abord médecin, puis élève de Pasteur, et enfin, son aide. Après la mort de ce dernier et celle de son successeur Duclaux, il fut directeur de l’Institut Pasteur pendant 50 ans en tant que bactériologiste, immunologiste et microbiologiste, une discipline qu'il a lui-même créée.
Au niveau sentimental, il se marie avec une jeune Anglaise, mais sa femme décède rapidement de la tuberculose ; il se jette alors à corps perdu dans le travail.
Malade lui aussi de la tuberculose, Emile Roux a pourtant fait avancer la recherche sur le choléra des poules, la rage, le tétanos, la maladie du charbon et la syphilis.
Surtout, il est celui qui mettra au point le vaccin contre la diphtérie, une terrible maladie bactérienne qui commence comme une angine, puis se mue en œdème au cou avant d'attaquer le cœur et le système nerveux périphérique. A l'époque, ce ne sont pas moins de 30 000 Français qui en périssaient chaque année.
Toutes ces recherches lui vaudront même de se faire enterrer en héros national. Il est le seul scientifique, avec Pasteur qui a découvert le vaccin contre la rage, à obtenir cet honneur.
Revenons un peu en arrière… Fils de proviseurs et orphelin à 9 ans, c’est seulement en 1870, à 17 ans, qu’Emile Roux est arrivé en terre ponote.
Alors, son beau-frère est devenu son tuteur. La famille s’installe au Puy et Emile Roux commence sa dernière année de lycée. Il a toujours été un élève dissipé qui ne supporte pas l’autorité stupide, mais il est brillant en sciences, puis en philosophie. "Rousseau, disait-il, était [son] guide”.
L’année fut pourtant difficile : pendant un trimestre très douloureux, il dut partir comme soldat contre les Prussiens.
Mais la guerre, heureusement, se termine à ce moment-là (ses deux frères aînés y sont cependant morts) et il revient au Puy finir son année scolaire. Il arrive à réussir néanmoins, et avec les honneurs, son bac.
Cette année-là, il rencontre aussi, au lycée, celui qui sera toujours son meilleur ami, Chantemesse, un futur célèbre Ponot, lui aussi, qui mettra au point le sérum contre la typhoïde et qui travaillera plus tard avec lui chez Pasteur.
Une fois son bac obtenu, il cherche "comment contribuer au progrès de l’humanité" et il décide alors de débuter des études de médecine à Clermont, puis à Paris pour finir son cursus. Là, tout s'enchaîne. Il fait des rencontres de savants célèbres et son ami et maître Duclaux, originaire d’Aurillac, le présente à Pasteur. Malgré la vétusté des conditions de travail et les difficultés avec leurs pairs, l’équipe soudée enchaîne les découvertes.
Toujours malade, il n'arrête jamais son travail, vivant plus que modestement, comme un ascète.
On le revoit brièvement, et bien plus tard, au Puy lorsqu’il est chargé de réorganiser tous les hôpitaux de France qui, selon ses recommandations, devront désormais être composés de pavillons isolés les uns des autres, afin d’éviter les contagions internes qui se déroulaient en cascade.
Il se charge personnellement de l’architecture de l’hôpital du Puy que vous rencontrez encore aujourd’hui en allant à vos consultations.
Vous verrez peut-être l'établissement d’un autre œil en pensant que cet homme remarquable a marché sur les mêmes lieux que vous.
B.Be.
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