L'hôpital du Puy peut prendre en charge vos frais pour arrêter de fumer

mer 18/06/2014 - 19:59 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:21

Si l'action de sensibilisation de ce mercredi 18 juin 2014 s'adressait aux patients et aux personnels, ce sont surtout ces derniers qui étaient visés. "L'hôpital a une responsabilité de représentation", explique Olivier Servaire-Lorenzet, directeur de l'établissement, "on veut éviter au maximum que notre personnel fume ici. C'est une façon de donner l'exemple, la blouse blanche est un modèle".
Pour appuyer cet argumentaire, la direction propose un programme d'éducation thérapeutique, qui doit être validé par l'ARS (Agence Régionale de Santé) d'ici la fin de l'année 2014. Il consiste à accompagner le salarié ou le patient qui souhaite arrêter de fumer et qui nécessite des soins, de façon individualisée. Il a vocation à être ouvert à tous, pas seulement au personnel (seule la gratuité des patchs pour six mois n'est réservée qu'au personnel de l'hôpital).

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Le parcours de santé
Un particulier souhaitant bénéficier de ce programme d'éducation thérapeutique doit se rendre chez son généraliste, qui l'oriente vers un addictologue. Il prend ensuite rendez-vous avec un médecin spécialiste, qui met en place le traitement.

-----L'arrêt du tabac induit très souvent bien des troubles
L'hôpital Emile Roux du Puy-en-Velay est un hôpital sans tabac, où il est bien évidemment interdit de fumer à l'intérieur (même la cigarette électronique). Il souhaite également inciter son personnel à ne pas fumer sur son lieu de travail, même devant l'établissement. "Pour nous, fumer, c'est être malade", explique le docteur Bertrand, de la médecine du travail, "ou en tout cas, c'est le début d'une pathologie, même si on ne conteste pas cette liberté".
L'arrêt du tabac engendre très souvent des syndromes de manques, une prise de poids, des troubles psychologiques, des problèmes biologiques, etc. Pour chacune de ses pathologies, l'hôpital propose une prise en charge financière et personnalisée de ces consultations. Le docteur Bertrand revient sur ce dispositif en détails. Ecouter. {{audio1}}

Plus d'un français sur trois fume, près de 200 en meurt chaque jour
Des mesures du souffle et du monoxyde de carbone étaient réalisés dans le hall de l'hôpital, de 11h à 18h. Il s'agissait d'une campagne de sensibilisation, et pas de dépistage. Avec comme slogan "je croque ou je clope", divers professionnels tentaient de convaincre les fumeurs de se séparer de cette addiction. Pour l'occasion, des pommes, offertes par Super U Aiguilhe, étaient proposées aux volontaires.
Rappelons que le nombre de morts liés au tabac est l'une des principales causes de mortalité évitable. Difficile à chiffrer (car le tabac est souvent cofacteur de presque tous les cancers), on l'estime dans une fourchette entre 66 000 et 73 000 morts par an en France (soit 200 morts par jour pour la fourchette haute). C'est une cause de mortalité bien supérieure aux accidents de la route. On estime qu'aujourd'hui, environ 35 % des français fument.

----Selon les derniers chiffres du baromètre santé 2010 Inpes, l’envie d’arrêter la cigarette est en baisse chez les fumeurs réguliers de 15-75 ans : 57,6% en 2010 versus 64,8% en 2005.-----Quelle évolution pour la tabacologie française ?
Si elle est "dans la moyenne", comment juger son évolution ? Le tabacologue Gérard Fuzet répond : "l'épidémie de tabac a augmenté sous Sarkozy, alors que ça allait mieux sous Chirac avec le plan cancer. On attend désormais le plan de santé publique de Marisol Touraine". L'augmentation des prix n'a donc pas freiné le consommateur ? "C'est très controversé mais je pense qu'il aurait fallu une augmentation plus brutale, là, les incidences sur la consommation sont marginales".
Le docteur constate aussi une importante recrudescence de fumeuses, qui rattrapperaient presque les hommes en pourcentage. Quant aux jeunes, "la consommation ne baisse que très peu, c'est plutôt le nombre de délivrances de patchs qui chute, elle a été remplacée par la cigarette électronique". Marisol Touraine devrait toutefois l'interdire dans les lieux publics. "Le tabac est de toutes les drogues, de loin, la plus addictogène, bien plus que l'héroïne ou l'alcool", ajoute-t-il.

Pas de recette miracle
Nous avons enfin demandé au docteur Fuzet quelques conseils pour arrêter de fumer. "Il n'existe pas de recette miracle et la volonté ne suffit pas. Il faut beaucoup de motivation et aller consulter, si on arrive pas à s'arrêter tout seul, il faut suivre un traitement avec un spécialiste en étant suivi et épaulé. Il existe ensuite bien des médicaments appropriés mais il est indispensable d'être entouré et encouragé".
Diminuer sa consommation peut-il être une solution ? "Quand on décide d'arrêter de fumer, on peut passer par un sevrage brutal ou un sevrage progressif. Mais pour que ce dernier soit intéressant, il doit se faire avec soit des patchs, soit des médicaments. S'il arrête sans substitut, le fumeur va instinctivement tirer trois ou quatre fois plus fort sur sa cigarette et même s'il en fume moins, il va ingérer de façon plus fortes les substances nocives et finalement faire autant, sinon plus de dégâts. Mais cet effort peut payer s'il arrive à s'arrêter ensuite".

Maxime Pitavy

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