«Les vraies valeurs qu'on défend, celles du travail»

sam 01/07/2017 - 08:56 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:46

C’est un dossier des plus anecdotiques, mais qui a eu le don de pousser le maire Michel Chapuis dans ses retranchements et de confirmer l’inscription à droite de la majorité municipale. 
« Au printemps dernier, le local public situé place du Breuil et récemment appelé « La Gloriette » a connu l’arrivée d’une nouvelle gérante. S’il est heureux de constater l’installation d’un nouveau commerçant à cet emplacement symbolique, nous nous interrogeons sur la publicité relative à la vacance de ce commerce », a notamment glissé Laurent Johanny, au moment des questions diverses, évoquant là une de ces histoires bien ponotes de la place du Breuil.

----Insinuations
Laurent Johanny et le plan de financement du stade Massot : « la Région prend en charge 79,11%. J’espère que toutes les villes de la taille du Puy-en-Velay de la Région pourront elles aussi bénéficier d’une telle subvention.»
« Insinuriez-vous que la ville du Puy bénéficierait d’un traitement de faveur ? », a fait mine de s’offusquer Michel Chapuis.
« Oh non, loin de moi cette idée », a rétorqué non moins théâtralement Laurent Johanny.
« De toute façon, la Haute-Loire avait trop longtemps été oubliée par la Région... », a alors lâché le maire du Puy, insinuant peut-être lui aussi un petit quelque chose.-----Ne pas se faire rattraper par la patrouille
Ce dernier – parfois épaulé par Françoise Gauthier-Willems, une autre élue de l'opposition – a plus d’une fois pris la parole, comme à chaque conseil municipal. Souvent pour manifester cette rationnalité intraitable propre à toute opposition et qui est toujours de bonne guerre face au pragmatisme d’une majorité municipale empressée de procéder au vote.
Mais la marge de manœuvre est mince et il faut faire attention de ne pas se faire rattraper par la patrouille, à savoir Michel Chapuis – à la fois sentinelle et capitaine du navire – qui scrute tout manque de pertinence ou hors-sujet.
Quand il juge que c’est le cas, le bateau se doit d’avancer et tenir le cap fixé, n’en déplaise aux mutins par essence de l’opposition...
« Constatant donc que ce commerce est désormais géré par la petite-fille de l’ex-exploitante, a poursuivi Laurent Johanny, constatant que la nouvelle convention d’occupation du domaine public a été signé le 30 mars 2017, pouvez-vous nous fournir les éléments de publicité et de mise en concurrence préalable relatif à la vacance de la gloriette conformément à l’article 34 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016, dite "Sapin 2" ?»
Ce à quoi Michel Chapuis a répondu, buvant du petit lait : « Oui nous avons modifié la convention. Nous n'avions aucune obligation légale sinon vous pensez bien qu'on s'y serait conformés. On ne se soustrait pas à la loi ici. La loi dont vous parlez entre en vigueur demain le 1er juillet 2017.»

« Elle a traîné des bidons d'eau pendant 30 ans»
Laurent Johanny, avait aussi regretté qu'on ne prenne pas de « dispositions morales, lors de telles conventions, compte-tenu de l’identité des exploitants et de leur affiliation avec un membre du conseil municipal (Thierry Lanaret, Ndlr) (...) la moralité exige aussi des précautions. Précautions d’autant plus légitimes lorsqu’il s’agit d’un local propriété de la ville. Il serait bien dommageable que des doutes relatifs à un potentiel conflit d’intérêt flotte sur cette passation, dont vous ne seriez que seul responsable.»
La passe d’arme est définitivement consommée quand Michel Chapuis rétorque sèchement : « l'obligation morale, oui, on en a une. C'est juste qu'on ne la place pas au même niveau que vous. Vous, qui de façon insidieuse, comme c'est bien votre méthode à chaque fois, insinue des choses qui se révèlent être toujours fausses.»
Le maire du Puy précise sa pensée : « Notre obligation morale, à nous, elle se porte envers Madame Annie Lanaret (...) une dame née au Puy, dans le quartier de Saint Laurent (…) elle a traîné des bidons d'eau pendant 30 ans jusqu'à l'obtention du branchement d'eau courante début 2000 (…) une crèperie ouverte tous les jours, par tous les temps (…) Alors, oui, on a une obligation morale. Et on a confiance en la petite-fille qui a été élevée avec les vraies valeurs qu'on défend, celles du travail.»
D’aucuns trouveront ces propos paternalistes ; on sait pourtant que Michel Chapuis est centriste (UDI), donc a priori moins dans cette tradition politique plutôt conservatrice.

J.J.

>>>>>>>>D'autres articles sont à venir concernant le conseil municipal du 30 juin.

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