« Les Ukrainiens qui arrivent maintenant sont dans un état alarmant »

Par Nicolas Defay ven 01/07/2022 - 17:00 , Mise à jour le 01/07/2022 à 17:00

Lors de la conférence de presse dans les locaux de la Croix rouge du Puy le mardi 28 juin, deux informations d’importance ont été partagées. La première est la somme de générosité constituée par les ponots à travers diverses actions. La seconde, l’état inquiétant des réfugiés ukrainiens qui arrivent sans discontinuer chaque semaine dans le département.

Précisément, ce sont 7 084,12 euros qui ont été remis à la Croix rouge du Puy-en-Velay par le Collectif Solidarité Ukraine du Puy en Velay. « En mars dernier, nous nous sommes mobilisés pour engager une opération de solidarité pour les Ukrainiens et les nombreux réfugiés qui étaient massés à la frontière de la Pologne et n’allaient pas tarder à migrer dans notre pays », commence Jean-Williams Semeraro, rouage central du collectif.

Il ajoute : « Ensemble, nous avons organisé nombre de manifestations dont des récoltes de fonds reversés à la Croix Rouge pour l’accueil des réfugiés. Les besoins s’avèrent nombreux et divers, de l’accueil à l’accompagnement aussi bien dans les démarches administratives, la scolarisation des plus jeunes que l’apprentissage de notre langue ».

Le Collectif  Solidarité Ukraine du Puy aux cotés de la Croix Rouge 43.
Le Collectif Solidarité Ukraine du Puy aux cotés de la Croix Rouge 43. Photo par Nicolas Defay

Urnes, badges et générosité spontanée

Depuis que le conflit saigne l’Ukraine et ses habitants, plusieurs opérations du Collectif Solidarité Ukraine du Puy en Velay ont été menées. Ainsi, deux appels à la générosité publique le samedi matin au marché du Puy en Velay ont permis de recueillir 5 312,21 euros. La mise à disposition de 120 urnes chez les commerçants ont contribuer à récoler 1 188,39 euros. Une vente de badges toujours en cours a rapporté 583,52 euros. Au total, ce sont ainsi 7 084,12 euros qui auront été accumulés au fil des actions et confiés à l’association de la Croix rouge Haute-Loire.

« Les ponots et les ponotes ont témoigné d’une générosité juste incroyable »

« En parallèle, les Jeunes Agriculteurs (JA) nous ont offert 200 litres de lait, souligne Jean-Williams Semeraro. Les réfugiés ukrainiens ont également été invités au lycée Jean Monnet pour un goûter après avoir visité la ville du Puy à pied ou avec le Petit Train ». D’autres forces vives ont mis la main à la pâte ou au porte-monnaie pour aider le Collectif dans sa quête solidaire.

« L’Esepac nous a fourni les urnes en carton déposées chez les 120 commerçants partenaires du Puy, précise-t-il. Les élèves de Jules Vallès, de Jean-Monnet et de Marcel Pagnol les ont assemblées et participé à diverses tâches toutes indispensables. Marie Blachère a fourni des goûters... »

Il termine ainsi : « Les ponots et les ponotes ont témoigné d’une générosité juste incroyable pour accueillir tous ces gens qui fuient la guerre et la destruction de leur pays ».

« Ceux arrivés dès les premiers jours de la guerre veulent à présent s’installer en Haute-Loire »

Accueillir tous ces gens qui fuient la guerre et la destruction de leur pays...Actuellement, ce sont environ 400 Ukrainiens qui ont trouvé refuge dans les montagnes vellaves. « Quand les besoins initiaux étaient les vêtements ou les produits d’hygiène, nous manquons à présent de meubles, d’appareils électroménagers, de literies et de linge », confie Chantal Badiou, bénévole à la Croix rouge du Puy.

Elle explique : « Ceux arrivés dès les premiers jours de la guerre veulent à présent s’installer en Haute-Loire mais de façon plus autonome. Ils ont besoin de ce genre d’ustensiles pour pouvoir vivre à peu près normalement ».

Vous parlez ukrainien ?

La Croix rouge 43 recherche activement des personnes ayant des notions de langue ukrainienne pour donner des cours de français à des groupes de réfugiés.

Pour contacter l’association, c’est tous les après-midi au 04 71 09 10 04 ou toute la journée au 06 32 75 39 25.
Le siège de la Croix rouge 43 : rue Charles VII au Puy.

Un appel à l’aide lancé à la Mairie du Puy-en-Velay

Le problème sur le sujet est l’absence de local adapté pour stocker les articles. « Beaucoup de donateurs nous cèdent leurs meubles et autres mais nous ne savons où les entreposer, se désole Chantal Badiou. Aussi, la meilleure idée selon nous serait de trouver un espace commun à toutes les associations humanitaires du bassin ponot pour stocker ces choses imposantes afin de les distribuer ensuite ».

Elle lance en ce sens un appel à la mairie du Puy-en-Velay pour espérer bénéficier d’un tel local quelque part en ville ou à proximité.

« Ces nouvelles personnes arrivent clairement en piteux état de santé »

Chantal Badiou fait également remarquer un changement à propos des réfugiés ukrainiens. « Chaque semaine, de nouvelles têtes s’ajoutent aux premiers réfugiés. Ce sont certes les mêmes profils, c’est à dire des femmes avec des enfants ou des petits enfants. Mais ces nouvelles personnes arrivent clairement en piteux état de santé en France et en Haute-Loire. Ces mois passés sous les bombes et l’angoisse au quotidien les ont profondément marquées que ce soit physiquement que psychologiquement ».

« Le gros problème est la langue »

Elle rappelle aussi que les Ukrainiens ici ou ailleurs sont en situation légale et peuvent donc travailler. « Mais le gros problème est la langue !, insiste Chantal Badiou. C’est vraiment le premier besoin pour eux. Une fois qu’ils connaîtront les rudiments du français, ils pourront alors entrer dans la vie active et s’affranchir petit à petit de nos aides physiques et financières ».

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