Les Tanneries du Puy, ''la conjugaison entre tradition et modernité''

ven 16/10/2015 - 18:37 , Mise à jour le 16/10/2015 à 18:37

Comme l'a observé le Président du Département Jean-Pierre Marcon lors de ce congrès de l'ANEM, "la Haute-Loire est bel et bien un pays de montagne" : l’altitude moyenne de résidence en Haute-Loire a été déterminée à 719 m, ce qui la place en troisième position derrière les Hautes-Alpes (938 m) et la Lozère (802 m).
Le territoire de la Haute-Loire est situé aux deux tiers au-dessus de 800 m d’altitude. En France, seules les Hautes-Alpes ont une altitude minimale plus élevée. Sur les 3400 km de routes départementales, 2 000 km - soit 60 % - sont situés à plus de 800 m d’altitude, pour une altitude moyenne du réseau à 960 m.
Autant d'éléments chiffrés qui permettent de bien situer le département en zone de montagne et c'est au Puy-en-Velay que le 31ème congrès de l'ANEM s'est tenu en fin de semaine dernière. Mais il faut aussi préciser que cette montagne, malgré les difficultés liées à l'altitude, aux conditions climatiques ou aux fortes pentes, est habitée, et qu'on y trouve même des entreprises et des emplois !

  • Laurent Wauquiez, pourquoi avoir débuté le congrès de l'ANEM par une visite aux Tanneries ? En quoi est-ce une entreprise représentative des territoires de montagne ?

Faire coïncider "la performance environnementale et la performance économique"
Si la santé financière de l'entreprise n'est pas au beau fixe (selon nos informations, l'entreprise affichait huit millions d'euros de pertes l'an dernier, et le résultat ne s'annonce guère meilleur pour cette année), le nouveau directeur général (depuis juillet) Jean-Marie Gigante, veut faire coïncider "la performance environnementale et la performance économique".
L'entreprise est en pleine réhabilitation de son outil de production, avec l'objectif d'optimiser chacune des nombreuses étapes de ce métier particulier, notamment d'un point de vue environnemental. Cette opération, déjà amorcée par l'ancienne direction, nécessite quelques investissements mais devrait permettre de rendre l'entreprise altiligérienne plus compétititve par la suite. On note aussi que la nature de la matière première a considérablement évolué ces dernières années et que la clientèle est toujours plus exigeante, ce qui est un peu le revers de la médaille lorsqu'on se positionne sur le marché du luxe, qui a tout de même l'avantage d'être imperméable à la crise économique.

  • Jean-Marie Gigante, pourquoi avoir remis en cause chacune des étapes du process ? Cette matière première est-elle extraite en priorité en locale ? Un mot sur la santé financière des tanneries ?

 

  • Cette entreprise a été choisie car elle présente des caractéristiques particulières aux zones de montagne, et qu'elle traite notamment une matière première issue de l'élevage. Mais le volet écologique est également fondamental ? Réduire son empreinte environnementale représente un coût significatif pour l'entreprise ? Quel pourcentage de son chiffre d'affaires ?

Les Tanneries à la croisée de deux mondes... où la France est bien placée
L'entreprise vellave est considérée comme le plus grand site de tannage de France, en termes de production, avec environ 1 000 peaux traitées par jour. Le secteur est surtout concurentiel à l'étranger et particulièrement en Italie. En France, il ne reste qu'une poignée de tanneries spécialisées dans le cuir de veau. Le métier de la tannerie est en fait à la conjonction de deux mondes : celui de l'élevage et du luxe, et la France occupe dans chacun de ces deux contextes une place privilégiée.
----La qualité du tannage est primordiale pour le produit final : un bon cuir a une tenue dans le temps. Une paire de chaussures haut de gamme est donc faite pour durer et va à l'encontre de l'obsolescence programmée, pourtant de mise dans de nombreux secteurs et notamment la grande distribution.-----Les veaux issus de race allaitante (également appelée race à viande) fournissent de meilleures peaux et la France possède un important cheptel de ce type et a même un privilège mondial à ce niveau. De l'autre côté, celui des maisons de luxe, la France est à nouveau très bien positionnée. Et au milieu de ces deux mondes se trouvent les tanneries qui transforment les peaux issues de l'abattage en cuir de luxe (puis les manufacturiers transforment le produit). Dans le sillage de ce secteur d'activité voué à la réussite, les élus poursuivent leurs efforts pour intégrer l'ensemble des acteurs de la filière, de l'éleveur au maroquinier.

  • Laurent Wauquiez, est-ce que sur ce secteur d'activité, on parvient à tout réaliser en circuits courts, avec des peaux de veaux exclusivement de Haute-Loire ? Et est-ce que la peau traitée ici fournit principalement la maroquinerie du Velay et les ateliers du Meygal ?

Maxime Pitavy

À découvrir

Contenus sponsorisés

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire