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Brioude

Les salariés de Defi Mode mettent leur magasin en vente sur Leboncoin

lun 25/03/2019 - 13:00 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:56

----Rappel de ces dernières années
En 2016 après un premier PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) assuré par VIVARTE, le groupe cède à 1 euro symbolique l’ensemble des magasins Defi Mode et leur trésorerie de 30.000.000 d’euros à un entrepreneur individuel Nenad Jeremic. Malgré les promesses de ce dernier, les salariés subissent un nouveau plan social avant que l’entreprise ne soit cédée au groupe franco-chinois DAI. ....-----Ils veulent obliger le groupe familial franco-chinois de la famille DAI à respecter la décision du Tribunal de Commerce du Puy-en-Velay, dont la première audience a lieu ce mercredi 27 mars prochain.
Après que les salariés ont entrepris de former une SCOP pour sauver le maximum d’emplois, "les propriétaires franco-chinois de l’entreprise ont feint de mettre l’entreprise en vente pendant deux semaines à l’issue desquelles ils ont dit n’avoir trouvé aucun repreneur", assurent les représentants syndicaux CGT de l'entreprise.

"Nous ferons ainsi la démonstration que nos magasins intéressent, par leur emplacement et par leur personnel expérimenté"
Les salariés sont persuadés qu’il est possible de trouver plusieurs repreneurs intéressés par la soixantaine de fonds de commerce de Defi Mode, situés en zone commerciale ou industrielle. "Même s’il est douloureux d’en arriver là, les fonds de commerce peuvent être vendus séparément", explique Christelle Delherme, déléguée syndicale CGT, "de sorte à préserver les emplois de chaque fonds de commerce et à financer des mesures d’accompagnement dignes pour les salariés ne pouvant pas être repris".

C’est pourquoi les salariés mettent directement 55 fonds de commerce en vente sur le site Internet Leboncoin (voir l'annonce précise). "Nous ferons ainsi la démonstration que nos magasins intéressent, par leur emplacement et par leur personnel expérimenté", espèrent les employés. La proposition est faite sous condition expresse et préalable que la SCOP acquiert effectivement l’entreprise.

Deux audiences programmées au TGI du Puy
Les salariés ont le sentiment que "le groupe DAI veut à tout prix fermer, alors que la société n’est pas en cessation de paiement, pour récupérer les stocks à vil prix". Les salariés assurent qu'ils ne laisseront "pas faire ce dépeçage car le groupe DAI n’a pas le droit de fermer". Pourquoi ? Voici les explications de leur avocat.
"Il y a à peine plus d’un an, lorsque le groupe DAI a repris l’entreprise, Defi Mode avait une trésorerie de 18 millions d’euros. Le Tribunal de Commerce du Puy-en-Velay a alors exigé du groupe DAI – qui s’y était engagé –de maintenir les fonds propres de l’entreprise à hauteur de 12,5 millions d’euros pendant 3 ans et ce, au besoin en abondant un compte courant d’associé bloqué. Or aujourd’hui, l’expert-comptable des salariés estime que les fonds propres sont descendus à 10,7 millions et constate que le groupe DAI n’a fait aucun investissement. Le groupe doit donc injecter 1,8 millions", relate Philippe Pradal, l'avocat des salariés dans un communiqué. L'audience a lieu ce mercredi au tribunal de grande instance du Puy.

----Après avoir demandé beaucoup de sacrifices aux salariés, le groupe DAI a annoncé le 18 décembre 2018 – à peine un an après la reprise – qu’il mettait Defi Mode en cessation d’activité, sans rechercher de repreneur, alors que la société n’est pas en cessation de paiement. Aujourd’hui 60 magasins sont menacés de fermeture, un siège, un logistique soit 220 emplois et autant de familles sur le point de basculer dans la précarité.-----L'autre point sur lequel les salariés poursuivent leur action en justice, c'est le problème de la cessation de paiement. "Il n’a pas le droit de fermer pour une autre raison qu’une cessation de paiement", poursuit l'avocat, "en plus, le groupe DAI en a largement les moyens puisque Defi Mode a commandé au groupe DAI plus de 4 millions d’euros de marchandises sur l’année écoulée". Cette audience aura lieu quant à elle le 4 avril.

"Tout en œuvre pour mettre chacun en face de ses responsabilités, civiles, sociales et pénales"
Les salariés de Defi Mode, soutenus par l’Union Locale CGT, mettront tout en œuvre pour sauver le maximum d’emplois. "Nous voulons trouver une solution de reprise pour les 60 magasins de Defi Mode", témoigne Christelle Deleherme, jointe par téléphone.
"Nous voulons sauver le plus de salariés possibles et si des salariés perdent leur emploi, nous voulons qu’ils puissent bénéficier de réelles mesures d’accompagnement. Nous mettrons tout en œuvre pour mettre chacun en face de ses responsabilités, civiles, sociales et pénales", conclut-elle.

Maxime Pitavy

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