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Brioude

« Les règles, c'est normal, ce n'est pas sale et on a le droit d'en parler »

ven 20/10/2017 - 15:10 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:48

« J'ai mes coquelicots ». « Les Anglais ont débarqué ». « Moïse a ouvert la mer rouge ». « Le clown saigne du nez ». « Arsenal joue à domicile »...
Les expressions sont tellement nombreuses et imagées que l'on pourrait croire que dire simplement « j'ai mes règles », c'est se rendre coupable d'une horrible grossièreté.

----Théâtre
Sidonie Fauquenoi et Lucie Lalande, comédiennes du Collectif de l'Atre, ont mêlé avec humour improvisations, chants et lectures pour proposer un tour d'horizon des sujets liés aux règles, tels le syndrome prémenstruel, les préjugés archaïques ou les sentiments de honte et de dégoût parfois ressentis aujourd'hui encore.-----Un tabou encore bien vivace
D'ailleurs, qu'on utilise une expression ou pas, on dit rarement qu'on a ses règles, et quand on le fait c'est généralement à voix basse, comme si on avait honte, alors qu'on n'hésite pas à informer tout le monde quand a un rhume ou une gastro. En somme, les règles, on n'en parle pas. 
D'où l'idée du Planning Familial de Brioude de disséquer le sujet, pour libérer la parole et mettre à mal les idées préconçues. Entre échanges, débats, projections vidéo et théâtre, la 6e Nuit des Femmes a ainsi levé le voile, samedi 14 octobre à la Halle aux Grains, sur ce tabou vieux comme le monde.
Un tabou encore bien vivace, même si aujourd'hui on a quand même compris que les femmes ayant leurs règles ne font ni tourner le lait ni faner les fleurs en vase.

« On s'arrête toujours à "c'est caca et ça fait mal" »
En préambule, Jack Parker, auteure du blog Passion Menstrues et du livre Le grand mystère des règles, a résumé la situation : « Il y a 3 milliards d'interprétations possibles des règles et on s'arrête toujours à "c'est caca et ça fait mal" ».
Aussi a-t-elle invité le public à échanger sans complexes autour de toutes les problématiques liées aux règles : les protections hygiéniques, les rapports sexuels, les congés menstruels, l'endométriose, les douleurs, l'extrême nervosité ou l'intense fatigue que l'on peut ressentir au moment des règles (et le fait qu'on en a le droit).
Autant de sujets abordés également lors de la projection de sketchs, spots publicitaires et autres reportages glanés sur Internet et riches de punchlines faussement humoristiques, par exemple sur les tampons et les produits qu'ils contiennent, « si dangereux que vous ne pouvez pas le transporter par camion, mais nous on peut se le mettre dans le vagin ».

----A venir
La ménopause s'est logiquement invitée dans les échanges, et notamment la frustration que l'on peut ressentir à son arrivée, car « ce sont 30 ou 40 ans d'un rapport à son corps qui s'arrête et c'est très perturbant ». Succinctement abordé, le thème de la ménopause pourrait bien être celui de la 7e Nuit des Femmes, l'année prochaine.-----Une quarantaine de femmes et une poignée d'hommes
« Les règles, c'est normal, ce n'est pas sale et on a le droit d'en parler », a conclu Jack Parker. Un message qu'une quarantaine de femmes (et seulement une poignée d'hommes) ont pu apprécier. Un message, surtout, qu'il conviendrait d'adresser à ceux qui poussent des « beurk » et des « vade retro satanas » à la simple évocation du mot « règles » mais trouvent parfaitement naturel de lâcher des rots retentissants en public ou de parsemer leur chemin de gros glaviots verdâtres. Parce qu'il y a encore du chemin à faire pour que disparaissent les complexes des unes et l'ignorance ou la répulsion des autres.


I.A.

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