Les propos de Laurent Wauquiez attisent la colère des intermittents

dim 22/06/2014 - 19:06 , Mise à jour le 22/06/2014 à 19:06

Même quand la culture est à la fête, ses principaux acteurs grondent. Les intermittents du spectacle de toute la France, en conflit avec le gouvernement sur la réforme de leur régime d'assurance-chômage, se sont invités samedi à la 33ème Fête de la musique pour y prendre la parole mais sans chercher à nuire au déroulement de la soirée. Au Puy, ils le faisaient aussi – et surtout – pour exprimer leur désaccord avec les propos tenus en début de semaine par Laurent Wauquiez.

« Ne pas laisser ces propos injurieux sans réponse »
Christophe Huet est comédien. En tant qu'intermittent du spectacle, il travaille depuis 22 ans en Haute-Loire dans différentes troupes de théâtre. « Je travaille avec un grand nombre d'intermittents du spectacle, qu'ils soient musiciens, comédiens, danseurs, régisseurs ou créateurs. » En ce jour de Fête de la musique, il est accompagné par une quinzaine d'intermittents et de travailleurs issus du monde de la culture pour donner une réponse aux propos tenus par Laurent Wauquiez, député-maire du Puy, dans une interview accordée au Figaro ce mardi 17 juin. Leur objectif : « Tracter et prendre des temps de parole lors des concerts, dans le respect de tout le monde, pour ne pas laisser ces propos injurieux sans réponse. » Les propos de Laurent Wauquiez, « une atteinte à tout le travail que l'on fait en Haute-Loire », pour Christophe Huet. « Tous les comédiens et musiciens qui vont jouer dans les petits villages de sa circonscription, c'est nous. La culture, c'est nous aussi. »

« Concentrer l'argent public […] sur des entreprises plus solides »
Dans l'entretien recueilli par le journaliste Marc Landré, Laurent Wauquiez qualifie le régime des intermittents du spectacle d’« inacceptable » et de « pervers », estimant que ce régime « tire la culture vers le bas ». Le maire du Puy propose de « concentrer l'argent public sur le renforcement du secteur de la culture avec des entreprises plus solides disposant de salariés permanents ». Enfin, le député de Haute-Loire ajoute que le régime des intermittents « maintient sous respiration artificielle des toutes petites structures quasi inexistantes » et propose de faire « table rase » et de « se donner trois ans pour aligner l'indemnisation des intermittents sur celles des contrats à durée déterminée ». Des propos insoutenables pour Christophe Huet qui n'a pas masqué son indignation, ce samedi :

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« J'ai besoin de ces personnes pour travailler »
Un tract était donc distribué ce samedi dans lequel les intermittents du spectacles donnent leurs avis sur ce qu'ils estiment être des « raccourcis dangereux » qui « attisent suspicions, frustrations et rivalités ». Des propos que blâme également Jean-Michel Joubert, professeur au Conservatoire, qui n'est pas intermittent mais qui travaille avec eux tous les jours dans le cadre de l'Atelier des arts. « J'ai besoin de ces personnes là pour travailler. Le son, la lumière, c'est un métier que je ne sais pas faire. Et puis sur des festivals, en Haute-Loire ou ailleurs, si je n'ai pas ces personnes là je ne peux pas me produire sur scène. » Il s'était donc joint à leur cause, samedi, pour pouvoir « continuer à faire [son] métier ». Moins catégorique, il estime que « la solution proposée n'est pas la bonne » et que « la réflexion au problème n'a pas été menée jusqu'au bout ».

A.L.

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