Les points chauds du conseil municipal du Puy

jeu 25/06/2015 - 10:32 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:35

Le Conseil Municipal du Puy s'est réuni ce mercredi 24 juin 2015 à 20h avec pas moins de 71 rapports à l'ordre du jour. Un menu donc plutôt chargé, voire même indigeste, avec un rythme effréné pour boucler l'ordre du jour de sixième conseil municipal ponot depuis les élections municipales de mars 2014.
"Cinq conseils municipaux sur une année, c'est très peu", a déploré le conseiller d'opposition (PS) Didier Allibert au moment des questions diverses, "nous pensons, Monsieur Le Maire, Chers collègues, que les citoyennes et citoyens de cette ville, même celles et ceux qui ont voté pour vous, demandent cependant que la vie municipale ponote soit librement discutée et commentée. En conséquence, nous vous demandons que, sur une année, six Conseils Municipaux au moins puissent avoir lieu avec un ordre du jour raisonnable".

  • La rédaction de Zoomdici vous propose un condensé, en vrac, des points chauds abordés par les élus ce mercredi soir.

La mairie demande un radar Faubourg Saint-Jean
Suite au drame de samedi soir, survenu Faubourg Saint-Jean, où un piéton de 67 ans a perdu la vie, les élus du Puy ont souhaité réagir et ont ainsi sollicité les services de l’Etat pour l’implantation d’un radar automatique fixe, « comme nous l’ont proposé les riverains », se justifie la municipalité.
« On avait déjà signalé à la préfecture il y a quelques années que cet axe est dangereux », a déclaré Laurent Wauquiez, qui a donc décidé de relancer les services de l’Etat pour obtenir un équipement semblable à celui de l’avenue Maréchal Foch.

Un « truss » au jardin Henri Vinay, au coût décrié
Dans le prolongement du musée Crozatier, divers aménagements devraient voir le jour au jardin Henri Vinay. Après l’éclairage public mis en place dans les allées, un « truss » va voir le jour. Il s’agit d’une sorte de plateforme qui pourra accueillir la scène autrefois installée au centre Pierre Cardinal pour organiser des concerts et spectacles. Le « truss » devrait être inauguré à l’occasion des Nuits de Saint-Jacques en juillet prochain et devrait également
accueillir des représentations lors de la 30ème édition des Fêtes du Roi de l’Oiseau. Notons enfin que les associations de la ville pourront utiliser cette structure dans le cadre de leurs activités.
Le coût total de ce truss est de 632 560 euros (514 000 € il y a deux mois), mais après les aides de l’agglo et de la Région, il reste à la ville 519 304 euros TTC. L’opposition a volontiers reconnu l’utilité de cet équipement, mais s’interroge sur son coût et craint que «  le trop plein des surcoûts liés aux travaux du musée se déversent sans retenue dans cette enveloppe surdimensionnée  ».

90 000 € pour Le Puy Foot, dont « 10 000 euros distribués en trois minutes chrono »
Le Puy Foot accède au championnat de CFA, le cinquième échelon français, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis un quart de siècle. L’an dernier, la subvention de la ville était de 80 000 euros. Il a été proposé de renouveler la même subvention mais Laurent Wauquiez a finalement proposé une enveloppe de 90 000 euros, s’inspirant de la hausse de subvention déjà accordée par la communauté d’agglomération du Puy (de 60 à 120 000 €) et insistant sur «  l’importance de la formation dans ce club  ».
L’opposition s’est abstenue, alors qu'elle voulait initialement voter pour, car la somme finalement allouée n’était pas celle prévue dans le rapport et après avoir demandé au maire de justifier cette somme de 10 000 euros supplémentaires, ce qui n’a pas été fait. « 10 000 euros distribués en trois minutes chrono » a déploré le conseiller d'opposition (PS) Laurent Johanny.

Une rénovation du quartier du Val-Vert envisagée
Le quartier du Val-Vert pourrait connaître une rénovation semblable à celle dont a bénéficié le quartier de Guitard, « dont nous sommes très fiers ». C’est en tout cas le souhait de la municipalité, qui a voté l’approbation du contrat de ville afin de récupérer des fonds.
Les travaux pourraient débuter d’ici deux ans, mais le calendrier est tributaire de l’obtention, ou non, de ces fonds, sachant que l’agglo devrait déjà financer ce contrat de ville à hauteur de 235 000 euros environ, et l’Etat devrait au moins affecter 175 000 euros de crédit.

Le photovoltaïque a rapporté 60 000 € à la ville
Les cinq bâtiments municipaux équipés de panneaux photovoltaïques ont permis de rapporter 60 000 euros nets à la municipalité, après déduction de la location des panneaux. Une fierté pour l’équipe municipale, qui déplore tout de même : « le gouvernement socialiste a tout mis en œuvre pour anéantir le développement des énergies renouvelables et ce type d’opération n’est plus réalisable aujourd’hui ».
L’argent récolté par ces panneaux photovoltaïques sert à améliorer l’isolation des bâtiments municipaux, et la somme devrait être encore plus importante l’année prochaine.

Opération « un été un permis » : les critères élargis
L’opération « un été un permis » semble une réussite. C’est en tout cas ce qu’annonce dans un premier temps la municipalité, qui décide donc d’élargir les critères… car en fait, de nombreux jeunes ont manifesté leur intérêt pour ce projet, mais ne pouvaient pas bénéficier du dispositif car ils ne rentraient pas dans les conditions initialement prévues.
Il a donc été décidé d’assouplir les critères : le dispositif est désormais ouvert à toute personne âgée de 17 à 21 ans et aux jeunes inscrits à la formation de conduite classique ou en conduite accompagnée. Notons enfin qu’il est également possible d’être déjà titulaire du code pour candidater à la subvention. Les dossiers doivent être déposés avant le 15 juillet 2015.

Un surcoût pour le musée Crozatier pour obtenir le label handicap
Après les premiers travaux de restructuration et d’extension, le musée Crozatier entame une nouvelle étape, avec le lancement du chantier de la muséographie. Le parcours se voudra particulièrement moderne avec des technologies interactives pour être accessible à la fois aux scolaires, mais aussi aux personnes en situation de handicap. Un des lots de l’appel d’offre a justement nécessité des ajustements, qui pourraient engendrer « un surcoût de l’ordre de 30 % », selon l’opposition, qui estime qu'il « appartient à la maîtrise d'oeuvre de s'adapter ».
Ces ajustements visent à obtenir le label handicap, « on serait un des premiers musées de France à l’obtenir », souligne le premier magistrat de la commune, « et le musée sera 100 % accessible à tout type de handicap physique, mental et sensoriel ». Rappelons que le musée doit ouvrir ses portes au public en 2016.

ZAC du Pensio : un projet pour « un quartier à taille humaine », mais un surcoût de 1,4 million d'euros pour démolir les bâtiments existants
Encouragée par une démographie positive sur sa commune pour la deuxième année successive (+ 62 habitants au dernier recensement), la ville du Puy souhaite poursuivre sa politique de création de nouveaux logements. Sur le site du Pensio, la cité Titaud et l’Hôtel Lafayette, sur une surface de 2,5 hectares, des logements individuels et collectifs devraient voir le jour. L’idée serait de proposer une quarantaine de chambres sur l’IUT, des appartements de standing, des maisons superposées ou collectives ou encore des résidences pour les personnes âgées. Certains logements seraient en accession sociale et d’autres en accession libre.
Laurent Wauquiez a commenté ce projet : « nous voulons faire du site du Pensio un quartier à taille humaine avec des constructions de logements de dimensions modestes qui ne dépassent pas les deux étages. L’idée est de conserver un maximum de luminosité sur ce secteur ». En contre-bas du Pensio, l’Hôtel Lafayette, inoccupé depuis une quarantaine d’années, sera détruit, tout comme l’ancien bâtiment principal du Pensio alors que le théâtre sera conservé. Le sort de chaque bâtiment n’est pas encore tranché. Un parking de 200 places devrait être aménagé sous l’esplanade du Pensio. La consultation des promoteurs devrait se dérouler à l’automne prochain, au moment où débuteront les démolitions et les logements devraient être commercialisés à partir de 2016.
L'opposition a voté contre, déplorant : « le coût supplémentaire de démolition de l'ensemble des bâtiments pour la collectivité s'élève à 1,4 million d'euros » et considérant qu'il revient aux futurs acquéreurs des terrains d'en prendre la charge, "sinon, c'est une subvention diercte envers les promoteurs immobiliers". Enfin, la dimension environnementale du projet a également été critiquée : « Démolir pour démolir, c'est irresponsable et environnementalement aberrant ».

Le regard de la mairie sur la santé financière de la commune...
Déplorant « le désengagement scandaleux et inacceptable de l’Etat », qui baisse ses dotations aux collectivités, Laurent Wauquiez a tout de même avancé une capacité d’investissement de 2,5 millions d’euros, « alors qu’on était sérieusement dans le rouge lorsqu’on est arrivés aux manettes ». Le maire du Puy se félicite d’avoir malgré tout pu baisser les impôts, et s’engage à les réduire une nouvelle fois pour la troisième année de suite.
Selon les services municipaux, la baisse de la DGF (Dotation Globale de Fonctionnement) représentera 3,2 millions d’euros cumulés entre 2015 et 2017 (réduction de 11 milliards d’euros au niveau national pour les collectivités locales sur cette période), soit une perte de 529 000 euros par an pour la cité ponote.
Laurent Wauquiez va plus loin dans les projections et affirme : « si la commune répercute ce désengagement de l’Etat sur la fiscalité, les Ponots verront leur taxe d’habitation bondir de 6,32 points, soit une hausse de 19,19 % à 25,51 % ». Le secrétaire général Les Républicains tempête : « le pire, c’est que l’Etat ne fait aucune économie, bien au contraire, et applique aux collectivités une rigueur qu’il est incapable de s’appliquer à lui-même ».
Enfin, Michel Chapuis complète le pamphlet : « à cause de ce désengagement de l’Etat, il y a déjà 1 500 communes qui ont basculé dans le rouge cette année, et ce pourrait être 5 000 communes dès l’année prochaine ». Ces communes se trouvent alors administrées par les services de l’Etat.

... et le regard de l'opposition sur cette même santé financière
L'opposition a voté contre le rapport n°58 relatif aux comptes administratifs, regrettant encore et toujours « un flou total sur le personnel et la mutualisation : malgré nos demandes, toujours pas de clarification ». L'opposition ironise également sur la maîtrise des dépenses de fonctionnement, effectuée « au détriment des usagers », citant alors « un budget à la caisse des écoles qui n'a pas été revalorisé depuis des années », et constatant : « pour l'entretien des voies et des réseaux, c'est 65 000€ de moins que ce qui était prévu dans le prévisionnel 2014 ».
L'opposition n'a pas la même lecture de la fiscalité ponote que la majorité et assure que « contrairement aux annonces, on assiste à une poursuite de la hausse de l'imposition ». voici leur argumentaire : « en 2014, les recettes issues des taxes d'habitation et foncière ont augmenté de 130 000 € à 13,2 M € par rapport à 2013, soit une augmentation de 1% ! Dans le même temps, une baisse de 6% est inquiétante du point de vue des droits de stationnement. Enfin, si la dotation forfaitaire est en baisse de 218 000€, la dotation de solidarité urbaine (DSU) augmente de 12 000€ et la dotation nationale de péréquation augmente de 34 000€. Globalement, le chapitre « dotations, subventions et participations » reste donc stable à 8, 566 M € ».

  • Quelques parents d'élèves se sont réunis devant l'hôtel de ville pour manifester en amont de ce conseil municipal, alors que le Projet Educatif de Territoire (PEdT) devait être voté. Il s'agit en d'autres termes de l'application de la réforme des rythmes scolaires sur la commune. La rédaction de Zoomdici y consacrera un article détaillé prochainement, entre le point de vue de la municipalité, de l'opposition et des parents.

Maxime Pitavy

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