Les opposants à la loi « permis de tuer » rassemblés au Puy-en-Velay

Par BRh , Mise à jour le 22/09/2026 à 06:00

Temps de lecture : 3 minutes

Hier, lundi 21 septembre, en fin de journée, entre 60 et 80 personnes se sont rassemblées place de la Mairie, au Puy-en-Velay, pour manifester leur opposition à la proposition de loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre.

Sur le parvis de la place de la Mairie, le calme du début de soirée contraste avec la gravité des propos échangés.

Lundi 21 septembre, aux alentours de 18 h, environ 80 personnes, militants, représentants associatifs ou simples citoyens, se sont réunies pour faire entendre leur voix.

« Aucune démocratie ne peut accepter que l'usage de la force létale échappe progressivement au contrôle du droit. »

Une mobilisation entre émotions et convictions

Dimanche 20 septembre avaient lieu des manifestations nationales pour s'opposer au projet de loi appelé « permis de tuer » par ses opposants. Décalée d'une journée à l'échelle locale pour ne pas interférer avec les festivités traditionnelles du Roi de l'Oiseau, la mobilisation a rassemblé des visages divers, portés par une inquiétude commune.

Parmi la foule, les échanges tournent autour d'une conviction partagée : la nécessité de préserver le contrôle judiciaire et les libertés individuelles. Jean-Louis Grenier, président de la section locale de la Ligue des droits de l'Homme, résume le sentiment général : « Il s'agit de protester contre une proposition de loi visant à inverser la charge de la preuve lorsque des policiers ont recours à leur arme. »

Prise de parole
Prise de parole Photo par BR

Plus loin, la lecture collective d'un manifeste rappelle la dimension humaine et sociétale du débat : « Familles de victimes, associations, syndicats, ONG, juristes, magistrats... une même conviction les rassemble désormais : aucune démocratie ne peut accepter que l'usage de la force létale échappe progressivement au contrôle du droit. »

Ce que contient le texte et ce qu'il changerait

Au-delà des prises de parole, les griefs exprimés reposent sur des points précis de la proposition de loi examinée. Le texte vise à introduire une présomption de légitime défense, ou d'usage légitime de l'arme, pour les policiers et les gendarmes.

Pour ses opposants, cette disposition modifierait substantiellement le cadre juridique actuel en inversant la charge de la preuve. Jusqu'ici, l'usage de la force létale doit être justifié au cas par cas, selon les principes de nécessité et de proportionnalité, devant le juge. L'instauration d'une présomption de légitime défense risquerait, selon les syndicats et juristes mobilisés, de complexifier le travail d'enquête judiciaire et d'affaiblir l'impartialité des procédures en cas de tir mortel.

Manifestants
Manifestants Photo par BR

Une large coalition locale et la suite du parcours législatif

À l'échelle locale, le rassemblement ponot illustre un front unitaire regroupant une quinzaine d'organisations, dont la CGT, FO, le POI, La France Insoumise, la Fédération Syndicale Unitaire, la LDH, les écologistes, etc.

Sur le plan institutionnel, l'avenir du texte se joue désormais au Parlement. Après avoir été examinée et amendée en commission à l'Assemblée nationale, la proposition de loi doit prochainement être inscrite à l'ordre du jour du Sénat. Malgré une pétition nationale citoyenne de plus de 730 000 signatures, clôturée prématurément sans débat en séance publique à l'Assemblée, les manifestants comptent maintenir la pression sur la Haute Assemblée pour obtenir le retrait définitif du texte.

 

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