'''Les détaupeurs volés déclencheraient très bien une ceinture d'explosifs'''

mer 02/12/2015 - 14:58 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:37

Suite aux vols en série d'environ 800 engins explosifs anti-taupes constatés dans des jardineries de cinq départements, dont la Haute-Loire (par exemple au Gamm Vert de Brives-Charensac), la Loire, le Rhône, la Côte d'Or et la Saône-et-Loire, entre vendredi et dimanche, une enquête est diligentée depuis Lyon. Zoomdici.fr a contacté un expert en armes, munitions, balistique et pyrotechnie agréé auprès des tribunaux. Ce n'est probablement pas pour leur charge explosive que les détaupeurs ont été volés, mais pour leurs inflammateurs. « Ça marcherait très bien pour déclencher une ceinture d'explosifs », estime celui-ci.

Quelle différence entre détonateur et inflammateur ?
« En fait, ce type d'inflammateurs ne suffirait pas à déclencher des explosifs militaires comme le TNT, mais si l'on crée un explosif artisanal, comme le TATP utilisé lors des attentats du 13 novembre à Paris, on n'a pas besoin de détonateur, un simple inflammateur suffit », explique l'expert.
L'un des terroristes impliqués dans les attentats de Paris, Salah Abdeslam, a d'ailleurs acheté une dizaine d'inflammateurs électriques en octobre dernier chez un grossiste en feux d'artifice dans le Val d'Oise.
Le modèle le plus vendu de détaupeur est basé sur un pétard introduit dans la galerie que la taupe déclenche elle-même en rebouchant son trou. Il n'est donc pas besoin d'allumer de flamme soi-même, avec un briquet par exemple. Mais même dans le cas d'un inflammateur à flammes, « il suffit de créer un inflammateur secondaire avec un fil électrique ou une ampoule à filament », remarque-t-il. Entre inflammateurs électriques et pyrotechniques, la technique est différente. Aussi, peut-on penser qu'il pourrait s'agir d'une cellule terroriste différente qui chercherait à imiter le groupe de Paris.

Ne pas se faire repérer
Enfin, les inflammateurs pyrotechniques à flamme sont faciles à fabriquer : « Je vous en fais un en une demi-heure sur le coin de mon bureau », illustre l'expert. Mais il est plus simple de s'en procurer dans le commerce, en vente libre. « Ça ne coûte pas cher, note l'expert, alors pourquoi ils ne les ont pas achetés ? Sûrement parce qu'ils ne veulent pas être retracés sur la vidéo-surveillance en caisse ».

Annabel Walker

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