Les collèges de Haute-Loire prêts pour '''Devoirs faits'''

ven 03/11/2017 - 18:11 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:49

"Devoirs faits" est la mesure attendue de la rentrée de Toussaint de l’Éducation Nationale. L’académie de Clermont-Ferrand a communiqué les objectifs attendus sur l’ensemble de l’académie tels l'équité territoriale et la formation du service civique et assistants d'éducation. Et pour la Haute-Loire remplir ces objectifs passe par l'autonomie des collèges.

----Le dispositif "Devoirs faits" s'applique dans les collèges publics comme privés sous contrat.-----Optimisation de l’encadrement des élèves
Le principal du collège Lafayette du Puy-en-Velay, Emmanuel Forestier, explique que l’établissement appliquait déjà, depuis des années, le principe d’études du soir.  « Des créneaux horaires disponibles entre 16 heures et 18 heures étaient mis en place et encadrés par des assistants d’éducation, durant lesquels les élèves volontaires pouvaient, en petits groupes, revenir sur les leçons et les exercices des cours du jour ». Il précise même que cette aide scolaire était dispensée de façon continue durant la journée, lors des heures d’études inter-cours.
 
Pour autant, le nouveau dispositif mis en place par le ministère est une réelle chance selon lui. « Les études du soir étaient victimes de leur succès. On avait beaucoup d’élèves pour peu d’encadrants. Avec "Devoirs faits" on nous offre les moyens d’optimiser cette aide, avec l’arrivée de professeurs volontaires et du service civique ». Ainsi la nouvelle formule applicable dès la rentrée favoriserait le maintien de petits groupes d’études et un meilleur encadrement de ces élèves.

« Des devoirs de séduction pas de punition »
Pour le principal de Corsac de Brives-Charensac, André Pélissier, le dispositif, dans son application altiligérienne, va même plus loin. « C’est un signal fort de cohérence dans la chaîne d’apprentissage. ». "Devoirs faits" est donc à percevoir, selon lui, comme un élément à intégrer à l’enseignement. « Il ne faut plus que les parents soient les auxiliaires de l’enseignement. Ce procédé va favoriser un meilleur vécu de l’apprentissage et rehausser l’estime de soi des élèves. ».
 
----Sur le principe du volontariat, le dispositif "Devoirs faits" est gratuit. Il s’adresse à tout élève volontaire, ou aux collégiens invités par leurs professeurs à y participer. Une attention particulière est apportée à la communication avec les familles afin de les tenir au courant de l’évolution des apprentissages.-----Il insiste également sur l’importance de combattre les clichés que l’aide aux devoirs suscite. « Ces heures supplémentaires ne doivent pas être là pour punir, mais pour séduire. Il faudrait peut-être même changer le terme de devoirs », rappelle-t-il, en ajoutant d’ailleurs que ces heures ne seront pas forcément dispensées le soir mais tout au long de la journée. Tout l’enjeu de "Devoir faits" repose ainsi sur l’individualisation de l’apprentissage qui, in fine, participera à la lutte contre le décrochage scolaire. « L’apprentissage doit avoir une part moindre durant ces heures. Il faut privilégier la réappropriation des notions de la journée afin de faciliter la compréhension des leçons ».

Bon accueil et réception
La secrétaire départementale du conseil syndical national, Valérie Etéocle, également principale du collège Jules Romains de Saint-Julien-Chapteuil, confirme un bon accueil du corps enseignant. Selon elle, cela traduit une volonté des professeurs de s’investir dans le projet. « Cela est perçu comme une remobilisation de l’acte pédagogique. On ne va plus seulement transmettre des cours mais accompagner l’aide aux devoirs et à la remobilisation des notions », confie-t-elle. De plus l’accent mis sur l’autonomie des établissements, par les représentants de l’Éducation Nationale en Haute-Loire (DSDEN), privilégie les déclinaisons de ce dispositif. « Plusieurs établissements ont choisi de dispenser ces heures en journée notamment pour ne pas pénaliser les élèves qui habitent loin ou dont les transports scolaires sont plus contraignants ».
 
Elle ajoute également que les familles sont, elles aussi, réceptives à cette démarche. « Jules Romains, comme d’autres établissements de Haute-Loire, avait déjà mis en place un système d’aide aux devoirs par l’étude. Et on a toujours eu de bons retours ». L’autre caractéristique de ce dispositif est le côté pluridisciplinaire des enseignements. « Les intervenants ne donneront pas des conseils uniquement dans leur spécialité, mais dans toutes les matières possibles. Ces heures ne seront pas traitées comme des cours supplémentaires, mais comme un accompagnement du travail personnel ».

Le rôle des collèges
L’inspecteur d’académie de la Haute-Loire, Jean-Williams Semeraro, confirme le rôle central dans ce dispositif des collèges, pour le département : « L’avantage de ce dispositif, c’est la part de liberté qu’elle laisse aux établissements pour répondre à leurs objectifs précis ». Questionné à propos des critiques formulées sur les risques de perte d’autonomie des élèves et des libertés des enseignants, Jean-Williams Semeraro se montre confiant. « Le dispositif repose sur le principe de volontariat. Les élèves peuvent décider d’eux-mêmes de rejoindre cette aide scolaire. Et les professeurs seront à même de conseiller les élèves et leurs familles quant à l’apport de cette aide à la réussite scolaire de l’enfant ».

Inès Hadi

Dans le journal 20 Minutes, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer annonce que le dispositif devrait être étendu aux écoles primaires à la rentrée 2018.

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