Les cheminots recalés du Petit Train du Puy

mar 12/06/2018 - 17:28 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:52

Tout était prévu. A 11h45 une trentaine de grévistes opposés à la réforme ferroviaire s’étaient regroupés sur la place Michelet du Puy-en-Velay. Répondant à l’appel national d’une journée d’action et de grève nommée « la journée de la colère », les cheminots avaient imaginé grimper dans le petit train pour s’accorder une balade à travers le Puy-en-Velay, drapeaux au vent. « Parce que ce sera peut-être le seul train qui circulera en Haute-Loire », a précisé Xavier Bousset, secrétaire CGT cheminot Haute-Loire.

Oui mais voilà, au moment de prendre place dans les wagons, la conductrice et gérante du Petit Train touristique leur a fermé la porte au nez. « Le Petit Train, qui appartient à une société privée, n’est pas un outil de manifestation. », a-t-elle lancé notamment gênée par la présence des drapeaux aux couleurs de la CGT. Malgré l’insistance des cheminots, la gérante, elle-même épouse de cheminot, n’a pas cédé. Les voyageurs en colère sont donc restés à quai. « Elle était au courant, nous avions réservé ! » s’est offusqué Xavier Bousset.
Et si ça continuait au mois de juillet ?
Au 30ème jour de grève, la mobilisation contre la réforme ferroviaire en Haute-Loire commence à s’essouffler. « Nous restons dans la moyenne haute avec un peu plus de 50 % de grévistes. Mais forcément, ça commence à être dur. Pour ma part au mois de mai, une quinzaine de jours m’ont été retirés, ce qui représente environ 1 000€ en moins sur ma paye », explique le représentant CGT. Et de reprendre : « Mais ce n’est pas grave, nous misons sur l’avenir. »

L’avenir le plus proche qui nous intéresse concerne la journée de vendredi, lors de laquelle sera organisée une réunion tripartie, État, patronat et organisations syndicales. A l’issue de cette réunion, un compte rendu sera alors soumis aux cheminots qui décideront de la suite à donner ou pas à leur mobilisation.

« On se garde le droit de poser un préavis de grève pour le mois de juillet. On ne baissera pas la tête », a conclu Xavier Bousset.
Stéphanie Marin

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