Les agriculteurs vous ouvrent leurs portes ce week-end

ven 28/04/2017 - 14:45 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:45

Non c'est promis, les exploitants participant à l'opération De ferme en ferme (organisée par le Comité de développement agricole yssingelais pour la Haute-Loire) ne prendront pas les visiteurs pour des « prend-l'air ». Enfin si, mais pas dans le sens péjoratif de l'expression.
Comme dans de nombreuses régions de France, des paysans du département invitent le public à découvrir leurs modes de production « à l'occasion d'un week-end découverte et balade ».

Établir soi-même son parcours
Plusieurs circuits sont mis en place, sur la Haute-Loire : « entre Loire et Semène » et « du Mézenc au Meygal » ; plus une exploitation se situant en débord du département de la Loire, dans le circuit « Monts du Pilat ».
On peut d'ailleurs établir soi-même son parcours (il n'est pas interdit de bifurquer aussi sur les départements voisins...) et même solliciter des covoiturages, sur le site de la manifestation.
Éleveurs (vaches, chèvres, brebis, porcs, autruches, ânes), fabricants de fromage, de savons, d'huiles essentielles ou autres produits à base de plantes, aubergistes et apiculteurs : Les 13 exploitations de Haute-Loire qui participent à l'opération – suivez l'épouvantail mascotte de l'opération De ferme en ferme – vont accueillir le public à bras ouverts.
Une attitude dont la plupart de ces paysans ne se départissent pas tout au long de l'année.
C'est d'ailleurs le cas pour l'une d'entre elles, la Savonnerie du Velay (Mascourtet, Tence).
Karen et Julien Pochelon ont en effet cette philosophie d'accueillir les curieux et de parler avec passion de leur métier.
----Et rien dans l'ouest du département ?
Toutes les exploitations participant à l'opération De ferme en ferme se situent à l'est d'une ligne La Chaise-Dieu-le Puy-Pradelles.
« Ce n'est évidemment pas un choix délibéré, explique Laurence Gory, animatrice territoriale à l'antenne d'Yssingeaux de la Chambre d'agriculture de la Haute-Loire, des paysans du plateau de Saugues, notamment, nous ont contactés car intéressés d'intégrer l'opération. Seulement, ils sont pour l'heure trop isolés pour constituer un circuit cohérent, mais l'année prochaine cela devrait être jouable. »-----
Exploitation franco-occitane
« C'est la quatrième fois que nous participons, précise Julien, une année nous avions réussi à avoir 400 personnes malgré 10 cm de neige et notre record s'élève à près de 1000 visiteurs. Cette année, quelque chose me dit qu'il va être battu...»
En effet, ces deux amoureux du bien-vivre ont démarré leur activité en 2008, à Beauzac, puis ils sont retournés sur les terres natales de Monsieur, pas très loin, à Tence : « Nous avons réussi à transformer une ruine et un terrain en total abandon, en une exploitation digne de ce nom mais s'il reste encore à faire, explique le paysan, beaucoup de gens savent les travaux pharaoniques que nous avons entrepris et sont curieux de venir voir le résultats.»
De toute façon, chez Karen et Julien, personne n'est au bout de ses surprises, notamment au moment de s'entendre dire : « la serenitat naturala daus ases constituís una environa favorabla a l'apasiment (traduisez : la sérénité naturelle des ânes constitue une environnement favorable à l'apaisement, ndlr) »
Eh oui, l'exploitation de Karen et Julien est franco-occitane - et c'est aussi le cas pour les visites, « par groupe de 20 personnes, les participants à l'opération "De ferme en ferme" découvrent d'abord les ânes, des animaux qui viennent au contact, dans leur milieu. On explique à ces personnes les principes de reproduction, d'élevage, de soins. »

«Ferme d'autosuffisance»
Les gens font également le tour des installations, du jardin, des plantations : tout ce qui permet de comprendre ce qu'est une « ferme d'autosuffisance ».
Puis c'est au tour de la savonnerie, « on arrive alors dans le local à Karen, où elle explique aux participants le processus de fabrication du savon avec 30 % de lait d'ânesse bio, les ingrédients, les ustensiles... »
Pourquoi ce choix de production ? « car il n'obligeait pas à aller vers l'abattage, puis nous avions rencontré quelqu'un qui fabriquait du savon et qui nous a formés », explique Julien.
La Savonnerie du Velay s'inscrit dans le circuit « Du Mézenc au Meygal », elle réussit à montrer un mode de production alternatif tout en s'inscrivant dans le patrimoine culturel régional, notamment en faisant vivre la langue occitane.

J.J.

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