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Brioude

Le Secours populaire a su évoluer tout en restant fidèle à ses valeurs

lun 16/11/2015 - 21:40 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:37

En novembre 1945 naissait le Secours populaire français. Aujourd’hui encore il lutte contre l’exclusion, la discrimination, la précarité et la pauvreté.
Il a conservé ses valeurs fondamentales de solidarité et de fraternité. Mais il a aussi su évoluer avec son temps, et en 70 ans il est bien évident que les choses ont changé.
Elyette Delabre peut en témoigner, elle qui est à la tête de l’antenne de Brioude depuis bientôt 24 ans. Pour cette dynamique septuagénaire, l’évolution la plus notable concerne l’âge des bénéficiaires.
« Il y a 20 ans, on accueillait des personnes plus âgées », explique-t-elle. « Il y avait des jeunes mais cela représentait une infime minorité. La tendance s’est inversée, surtout depuis un ou deux ans. Aujourd’hui, nous recevons de jeunes couples qui travaillent mais n’ont pas beaucoup de ressources. Et, surtout, des familles monoparentales ».

Des bénéficiaires plus jeunes… et plus nombreux
Si les personnes qui font appel au Secours populaire sont aujourd’hui plus jeunes, elles sont aussi plus nombreuses. « Nous avons une soixantaine de familles inscrites alors qu’il y a 20 ans on ne dépassait pas 15 », poursuit la responsable de l’antenne de Brioude. « D’ailleurs nous n’aurions pas pu en accueillir tellement plus, à l’époque, car nous avions des locaux exigus, rue Séguret. On avait quand même un petit vestiaire mais on était très à l’étroit ».
----En chiffres
Le Secours populaire français compte 82 000 membres qui accompagnent plus d’un million de personnes en difficulté au sein de 700 comités locaux. L’antenne de Brioude a été recréée en 1991. Elle avait temporairement existé au lendemain de la seconde guerre mondiale, où elle avait procédé à la distribution de colis alimentaires.----- Un déménagement a réglé le problème. En 2002, l’association s’est installée place de la liberté, dans une maison certes spacieuse mais pour le moins vétuste, qu’elle a finalement quittée en 2014 pour gagner l’immeuble de l’Instruction. C’est là que les bénévoles délivrent les colis alimentaires, dont le contenu leur est fourni par le comité du Puy-en-Velay. En majeure partie, en tout cas, car l’antenne de la cité Saint-Julien peut aussi compter sur la générosité des Brivadois, grâce aux collectes qu’elle organise dans les grandes surfaces mais aussi grâce à des dons spontanés. « Les gens nous aident en nous apportant des pommes de terre, des courges... », souligne Elyette. « Carrefour Market nous fournit des denrées périssables tous les 15 jours, et Netto nous contacte de façon plus ponctuelle pour nous proposer des produits ».

Privilégier l’accueil et l’écoute
Elle est donc bien loin, l’époque où l’équipe allait faire les courses à Issoire, faute de grand magasin à Brioude. « C’était le folklore ! », se remémore Elyette avec un sourire. « On achetait un gros pot de moutarde et on en divisait le contenu dans des petits pots ». Une méthode qui n’a évidemment plus cours aujourd’hui, ce qui, finalement, libère du temps pour se consacrer à d’autres missions.
L’accueil, particulièrement, car l’aide matérielle ne suffit pas pour remonter la pente et reprendre confiance en soi. Etablir une relation humaine en privilégiant l’écoute et le contact est donc le pilier de l’action des bénévoles. Une mission prenante et difficile. « Souvent on est désarmé », confie la responsable brivadoise. « Ici, il n’y a pas beaucoup d’emploi, et il y a des gens qui en bavent. Certains d’entre nous suivent des formations avec des psychologues pour être à même d’assurer l’accueil ». Et ainsi de cerner avec diplomatie et délicatesse les besoins de chacun, pour trouver avec lui les solutions à la situation qu’il traverse.

De nouvelles actions pour répondre à tous les besoins
Les champs d’action sont nombreux. « Depuis 2002, nous offrons des séjours en centre aéré à des enfants », précise Elyette Delabre. « Nous les invitons aussi à des spectacles, en décembre. Et depuis cette année, nous payons des licences de sport ». Autre nouveauté, des infirmières ont réalisé des bilans de santé et assurent désormais un suivi, parce que, comme l’indique Elyette Delabre, « les gens ne vont pas chez le médecin ».
----Permanences
Les bénévoles du Secours populaire de Brioude accueillent chacun et chacune en toute confidentialité, tous les premiers et troisièmes vendredis de chaque mois, de 14h à 16h30, à l’immeuble de l’Instruction (entrée à côté de l’escalier métallique, dans la petite rue de l’Instruction). Ils interviennent dans tous les domaines où les besoins se font sentir : alimentation, éducation, santé, loisirs, vacances, logement, culture…----- Santé, loisirs, sport, mais aussi logement, travail, éducation, culture… le Secours populaire intervient dans tous les domaines où les besoins se font sentir. Dès qu’il en a l’occasion, en tout cas. « Ce qui nous chagrine le plus, c’est de penser que les gens de la campagne qui sont en détresse n’osent pas venir », déplore Elyette. « Nous accueillons principalement des citadins, et à 80% ils nous sont adressés par les assistantes sociales. Ils ne viendraient pas d’eux-mêmes ». Par fierté, par pudeur, par gêne.
Pourtant, le Secours populaire met tout en œuvre pour que soit préservée la dignité de ceux et celles à qui il vient en aide. Les prix sont symboliques, certes, mais rien n’y est gratuit, ni les vêtements, ni la nourriture, ni les jouets ou les livres. Les membres de l’association veillent à ce que personne n’ait à mendier, à tendre la main et à baisser les yeux. Le Secours populaire n’assiste pas. Il accompagne. Depuis maintenant 70 ans.

I.A.

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