Le ras-le-bol des "pendus" de Haute-Loire

mar 25/11/2014 - 16:20 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:31

Devant les locaux de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Puy, ce lundi 24 novembre, ils étaient une quarantaine à s'être réunis. Sur la page Facebook des « Pendus », mouvement apolitique non-associatif réunis derrière « le ras le bol général des commerçants, artisans et indépendants », ils sont plus de 17 000. Regroupés pour se faire entendre, ces travailleurs indépendants de Haute-Loire s'inscrivent dans la lignée d'une initiative lancée à Carcassonne (Aude) il y a tout juste un mois mais qui commence à prendre de l'ampleur partout en France.

Victimes d'un « racket » ?
C'est un reportage diffusé le 17 novembre dernier au journal de TF1 qui a poussé ces Altiligériens à agir. « On paye beaucoup, mais on ne sait pas où ça part. » Ces commerçants, agriculteurs, artisans et entrepreneurs indépendants sont tous affiliés au Régime social des indépendants (RSI) et s'estiment victimes d'un « racket ». Les pendus de Haute-Loire ne mâchent pas leur mot : « Tout le monde est en train de mettre la clef sous la porte, certains l'ont déjà fait et d'autres ne sont plus là pour témoigner car ils se sont suicidés. La situation est plus grave qu'on ne le pense. » Principale cible de leurs revendications : des cotisations trop élevées de la part d'RSI. Raphaël, moniteur d'auto-école indépendant à Saint-Julien-Chapteuil nous explique son cas en guise d'exemple : « Sur 10 000 euros, ils m'en prennent 6000. Il faut que ça soit réévalué : on travaille et on cotise des années sans avoir droit au chômage. »

« Il n'y a personne pour nous remplacer »
Une autre « pendue », Madeleine, aujourd'hui à la retraite, explique qu'elle a été salariée pendant 43 ans, années durant lesquelles elle a naturellement cotisé. Depuis deux ans, elle est devenue gérante d'un restaurant au Puy avec son mari. Ils ne se dégagent aucun salaire mais emploient leur fils. Pourtant, tous deux cotisent à hauteur de 1600 euros par an pour une retraite… qu'ils touchent déjà, du fait d'une vie de cotisation passée. Comme les quarante autres « pendus » rassemblés devant la CPAM, Madeleine n'est pas à l'aise dans sa communication. Les indépendants ne sont pas habitués à manifester : « Le problème c'est que quand on veut se mobiliser, on doit fermer nos boutiques et restaurants. Il n'y a personne pour nous remplacer donc on ne le fait pas souvent. »

Depuis sa mise en place en 2006, le RSI connaîtrait de nombreux dysfonctionnements dont les premières victimes seraient les indépendants. Des rapports de la Cour des comptes mettent en avant ces problèmes. De son côté, RSI rappelle la baisse de 65% des réclamations en deux ans et ajoutent que les indépendants cotiseraient moins que les salariés : hors cotisation chômage, leur taux de cotisations à revenus égaux seraient de l’ordre de 33,1% contre 42,3% pour un salarié (source).

A.L.

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