Le Puy : tension palpable entre la Mairie et les "parents en colère"

sam 21/06/2014 - 19:12 , Mise à jour le 21/06/2014 à 19:12

« Du chantage. » C'est ainsi que certains "parents en colère" ont perçu la proposition de Laurent Wauquiez, à savoir des les recevoir lundi en mairie s'ils ne défilaient pas dans les rues, ce samedi 21 juin au matin. C'est Olivier Belhomme, l'un de leurs représentants, qui l'affirme : « Nous sommes revenus nous exprimer un peu plus fermement pour dénoncer un petit peu la parole officielle, la parole municipale. Nous voudrions que le maire assume d'appliquer la réforme des rythmes scolaires a minima. » Ils étaient une cinquantaine à se faire entendre dans les rues ponotes, ce samedi matin, de la place du Martouret au marché du Breuil.

"Être dans le dialogue et dans le travail"
« Être reçus pour entendre la même chose, c'est tourner en rond. » Olivier Belhomme estime qu'il y a, sur Le Puy, « des problèmes de financement » au niveau de l'école publique. « Il faut que de véritables moyens y soient consacrés. » La Mairie, de son côté, n'est pas d'accord avec les propos tenus et n'accepte pas la notion de « chantage » avancée par les manifestants : « Quand on les avait vu il y a quinze jours, on s'était dit qu'on commençait par faire le travail école par école et si c'était nécessaire de se revoir pour remettre à nouveau les choses à plat. Donc c'était pas un chantage, c'était pour être dans le dialogue et dans le travail. » Une proposition rejetée, donc, par la cinquantaine de manifestants qui ont préféré se faire entendre à l'aide de trompettes et casseroles – fête de la musique oblige – ce samedi. L'un d'eux brandissait même un masque du maire du Puy coiffé d'un chapeau d'évêque. Ambiance.

Une "pseudo consultation municipale" pointée du doigt
Pour la Mairie, les manifestants ne sont pas représentatifs de l'ensemble des parents d'élèves ponots, estimant qu'ils ne sont qu'un « petit groupe de parents » sur un millier d'enfants concernés. La municipalité à rappeler que le projet avait été validé par « la majorité des Conseils d'école, des enseignants et par l'inspection d'académie » et que les parents ont été reçus « trois fois en mairie ». Pour les "parents en colère", cette « pseudo consultation municipale », comme ils la qualifient dans l'un de leurs tracts, « n'est qu’un moyen pour masquer une absence totale de concertation et de préparation, pour imposer un service minimum envisagé à l’économie ». La Mairie se dit prête à mettre de l'argent « pour ses enfants », mais veut faire en sorte que ça ne soit pas « la feuille d'impôt des Ponots qui paye l'addition à l'arrivée ».

Des animateurs du musée et de l'Atelier des arts interviendront
« Non monsieur le Maire, vous ne comptez pas mettre en place des activités de qualités. Aucun partenaire possible n’a été, à ce jour, contacté », s'offusquent Olivier Belhomme et les "parents en colère" dans l'un de leurs tracts distribués ce samedi. Dans ce même tract, ils dénoncent les « 6 à 8 heures d’activité maximum, par enfant et par an » annoncées « en conseil d'école ». La Mairie affirme l'inverse : « Ce sont des professionnels des centres de loisirs de la ville qui vont intervenir. Ce sont des professeurs des écoles qui vont s'occuper des activités de tutorat. Les autres villes ne font pas d'activité de tutorat, c'est un effort qui existe au Puy, qu'on maintient alors qu'on aurait pu le supprimer. » La municipalité précise que des animateurs du musée Crozatier et de l'Atelier des arts interviendront dans le cadre des activités périscolaires.

Six, huit, ou plus d'heures d'activités par an ?
Justement, à combien se chiffrent vraiment ces activités périscolaires, annoncées à « six à huit heures par an » par les manifestants ? « Nous l'avons déjà indiqué, notre objectif est d'essayer d'avoir une activité entre une semaine sur deux et deux semaines sur trois. C'est beaucoup plus que six heures », explique le Mairie. « Et tous les soirs ils auront des heures d'études surveillées. Tous nos efforts ne se résument pas aux activités périscolaires, il y a toutes les études surveillées qu'on fait et c'est de loin le plus important. »

Laurent Wauquiez directement ciblé
Par ailleurs, la Mairie condamne certaines « attaques » vis à vis de la famille de M. Wauquiez, dans les tracts distribués ce samedi : « Le maire c'est une chose, sa famille c'est autre chose. Que des parents, pour des motifs X ou Y, attaquent la famille d'un élu, ce n'est pas acceptable. » Interrogé à ce propos, Olivier Belhomme a affirmé avoir seulement joué avec les mots sans volonté aucune d'« attaquer la famille de Laurent Wauquiez ».

« On reste ouverts aux dialogues, on regrette cette attitude de conflit qui est choisie par une minorité de parents", ajoute la municipalité. « L'objectif quand il s'agit d'enfants, c'est de travailler ensemble et de ne pas être dans l'instrumentalisation de l'opposition. »

A.L.

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