Le Puy : la stratégie de l'éphémère pour faire vivre les œuvres d'art

mar 24/12/2019 - 17:49 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:01

Un choix, pas vraiment d'ailleurs. Un bon plan, celui de la débrouille, qui leur permet d'être vus, lus, entendus et de ce fait connus, sans avoir à s'endetter, sans être enchaînés à un lieu.
Dans son quotidien, RB revendique un besoin de liberté. Il traverse les pays, s'imprègne de toutes les cultures du monde, vit au rythme de ceux qu'il rencontre, goûte à tout ce qu'ils goûtent, écoute leur histoire, creuse un peu plus dans l'Histoire... Des sources d'inspiration inépuisables pour ce Ponot itinérant. Ponot oui, car après les départs viennent toujours les retours au pays, le Puy où ses racines sont ancrées.
Entre deux voyages donc, RB a posé ses valises dans un local de 60m². Sur les murs, il a accroché ses oeuvres, 80 en tout, très colorées. "Les couleurs font toujours du bien. J'aime penser qu'en regardant mes toiles, les personnes, tout en restant dans leur salon, peuvent voyager", commente l'artiste âgé de 31 ans. Et même lorsqu'il peint le Puy, l'idée du voyage est toujours présente à travers un hublot. 
De l'acrylique coule parfois la critique
Sur la toile, RB ne renie pas ses pensées engagées. Et quand le cadre de la toile ne suffit plus, il déborde sur le papier maniant le stylo comme un pinceau en mettant des mots sur ses dessins. "Ecrire a été une thérapie". Elle a commencé alors qu'il avait 23 ans. Parti découvrir la Nouvelle-Zélande, seul, sans un sous en poche, le jeune homme a connu la galère pendant un an. Un épisode de sa vie compliqué qui a fait naître en lui un sentiment de révolte. "Mais je ne savais pas pourquoi, j'étais juste révolté." Alors il a écrit. De ligne en ligne, de page en page, le Ponot est devenu auteur. Il signe également les illustrations de ses carnets de voyage et de révoltes nommés "Pensées Vagabondes" (aux éditions Amalthée). Tout un univers à découvrir donc au 60 rue Pannessac où le Ponot a installé sa Boutique Vagabonde jusqu'au 31 décembre. "C'était un sacré pari", avec un investissement de 510€ (location mensuelle) mais l'enfant du pays avait à coeur de présenter son travail aux Ponots. La Boutique Vagabonde est ouverte tous les jours jusqu'au 31 décembre.

(Oeuvre réalisée par François Le Borgne.)
"Ces échanges sont très intéressants, très enrichissants. C'est précieux"
Un pari que Jorge Costa Brava et François Le Borgne ont fait ensemble. Les deux hommes se sont rencontrés sur les bancs de l'école de leurs deux garçons. Au fil des discussions qui tournent autour de performances artistiques bien plus que footballistiques, émerge le projet d'une exposition commune. Un projet concrétisé avec la création d'une salle d'exposition dans un local de 25m² situé au numéro 8 de la rue Chèvrerie, au début du mois de novembre. "Nous avons fait ce choix parce que nous n'avions pas les finances pour assumer un bail longue durée", explique François Le Borgne. Ils se sont donc engagés sur une location de trois mois, de novembre à janvier, avec un loyer mensuel de 300€. Un investissement qui ne fait pas office de sacrifice pour les deux hommes, bien plus riches de rencontres et d'échanges depuis l'ouverture de leur Atelier 8. "J'ai eu de nombreux retours sur mon travail. Ces échanges sont très intéressants, très enrichissants. C'est précieux", explique Jorge Costa Brava. Ces nouveaux regards sur ses oeuvres, il y attache beaucoup d'importance, lui qui offre dans chacune de ses peintures réalisées non pas sur une toile mais sur une tablette numérique, sa vision des hommes et des femmes à travers des portraits, du monde à travers une réflexion engagée.
Faire vivre l'art
De ces échanges de mots et de regards naissent des projets de collaboration avec d'autres artistes locaux. Une motivation supplémentaire pour Jorge enthousiaste à "l'idée de faire vivre l'art". Une ambition partagée par François Le Borgne qui avait déjà créé une galerie d'art "Le Bocal" rue Grangevieille avant de se lancer dans ce projet en duo.
Un duo composé de deux artistes, deux univers très différents, sur des supports différents. Les toiles de François -- artiste touche-à-tout puisqu'il peint, sculpte, photographie, écrit --  très colorées vous guident dans un univers surréaliste et expressionniste, aux confins de l’art brut et de l’enfance, évoquant à leur façon les spectres de Joan Miro et Gaston Chaissac. Cette semaine de Noël, l’Atelier du 8 ouvre ses portes le vendredi de 14h30 à 17h. Renseignements au 06 79 05 46 85.
Stéphanie Marin

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